‹ Boileau, Charles PerraultChapitre 20 sur 79 · Lettre du 15 janvier · texte numérisé non relu

Lettre du 15 janvier

vièye; les personnages présents sont : les maîtres du logis, Tévêque de Troie, l'évêque de Toulon , Bourdaloueet un autre Père jésuite, Despréaux et Corbinelli. « On parla des ouvrages des anciens et des modernes ; Despréaux soutint les anciens , à la réserve d'un seul moderne, qui surpassait, à son goût, et les vieux et les nouveaux. Le compagnon du Père Bourdaloue, qui faisait l'entendu et qui s'était attaché à Despréaux et à Corbinelli, lui demanda quel était donc ce livre si distingué dans son esprit? 11 ne voulut pas le nommer. Corbinelli lui dit : a Monsieur, je vous conjure de me le dire, afin que je le lise toute la nuit. » Despréaux lui répondit en riant : « Ah 1 monsieur, vous Favez lu plus d'une fois, j'en suis assuré. » Le jésuite reprend, et presse Despréaux de nommer « cet auteur si merveilleux » , avec un air dédaigneux , un cotai riso amaro (un ris si amer). Despréaux lui dit : « Mon Père, ne me pressez point. » Le Père continue. Enfin Despréaux le prend par le bras, et, le serrant bien fort, lui dit : «Mon Père, vous le voulez : eh bien I c'est Pascal, morbleu ! — Pascal? dit le Père tout rouge, tout étonné, Pascal est beau autant que le faux peut l'être. — Le faux, dit Despréaux, le faux! sachez qu'il est aussi vrai qu'il est inimitable. On vient de le traduire en trois langues*. » Le Père répond : « Il n'en est pas

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