‹ Boileau, Charles PerraultChapitre 29 sur 79 · Le Dieu da jour devient un fdcador · texte numérisé non relu

Le Dieu da jour devient un fdcador

5. Flèches enrubannées, que les chulos plantent dans les épaules du taureau. G*est par -dessus sa tète qu'ils doivent les lancer, non par derrière, ni de côté. Il y a ordinairement trois picadores à cheval, et huit on dix chulo$ à pied.

BOILEAU i4S

de la charmante assemblée des Étoiles qui, du haut des balcons de l'aurore , contemplent sa taille élégante, et après que, métamorphose merveilleuse, avec des ergots emplumés et une crête de feu, Tardent Phébus, devenu coq, a présidé la cour des constellations brillantes , poules des champs célestes, parmi les poulets de l'œuf de Léda »... etc. Ceux qui écrivaient ainsi , en Espagne , se nommaient cvltos. Lope de Vega protesta contre le cultisme , non sans en être lui-même atteint*, ci Nombre d'écrivains, dit-il, se sont laissé entraîner à ce genre d'esprit par la nouveauté , et par l'effet d'un calcul qui peut être habile: dans l'ancienne manière d'écrire ,^ ils n'auraient pu, de leur vie, devenir poètes; dans cette mode nouvelle , ils le sont du jour au lendemain. Composer un morceau entièrement de métaphores , n'est-ce pas aussi absurde que si une femme se mettait du rouge non seulement sur les joues, mais sur le nez ?. . . Les images , à ce qu'ils prétendent , émaillent le discours. Je le veux bien ; mais, si Témail recouvre entièrement et cache l'or du joyau, ne lui ôte-t-il pas sa beauté, au lieu de l'accroître? » L'amour des métaphores étranges et prolongées avait peut-être passé d'Orient et d'Afrique en Espagne avec les Arabes. On trouve non seulement chez leurs poètes, mais chez leurs historiens, des phrases comme celle-ci : « Le fil avec lequel l'Émir enfilait

1. Parlant d'un aveugle ivrogne : « Il n'y voit goutte, dit Lope, quoiqu'il la prenne à chaque instant. »

les perles variées du collier de sa puissance...» N'est-ce pas déjà le même maniérisme que dans cette phrase italienne : « Sur la place publique de votre attention » je ferai danser Tours de mon éloquence » ?

Les Provençaux reçurent dltalie et d'Espagne le Marinisme et le Gongorisme *. Les sonnets de Pétrarque en sont remplis (aussi bien que ceux de Shakspeare). Dante lui-même n'a-t-il pas quelquefois ses mignardises? Ne compare-t-il pas le Paradis à un cloître dont Jésus est l'abbé? Et TÂrétin : « Je vais pêcher dans Tétang de ma mémoire avec rbameçon de ma pensée. » — a Vous jetez les bûches de votre courtoisie dans le foyer brûlant de mon amitié, o

Le style des sonnets de Cotin ne diffère pas beaucoup de celui-là, lorsqu'il exhorte la princesse Uranie à chasser cette ingrate de Fièvre logée dans son beau corps :

Faites -la sortir, quoi qu^ondie.

De votre riche appartement...

C'est surtout à la suite de trois princesses qui avaient épousé trois de nos rois, Henri IV,

1. Gongora, qui vécut jusqu^en 1625, ne fit du Gongorisme qu'à une époque où Marini avait déjà fait du Marinisme : les Rime amorose de ce dernier sont de 1602. — Voir Marc-Monnier sur le cultisme et le six-centismey autre nom par lequel les Italiens désignent encore ce genre d'esprit : êecentismOf parce que la maladie, vers Tan seize cents (1600), avait envahi rEuro;.e entière.

Louis Xni et Louis XIV, que ce faux esprit avait débordé d'Italie et d'Espagne en France. Marie de , Médicis d'abord ayant amené avec elle ce poète alors fort célèbre, Giambattista Marini, que Ton nomma en France le cavalier Marin, l'hôtel de Rambouillet se laissa éblouir et par ses Rime^ amoureuses et par son Adonis, en quarante -cinq mille vers, d'une imagination folle, où les faux brillants et les jeux de mots remplacent la sensibilité. Ce ne sont que métaphores singulières et descriptions ampoulées. Lorsque ensuite avec l'une et avec l'autre Infante, leGongorisme castillan passa les Pyrénées comme le Marinisme italien avait passé les Alpes, ces deux corruptions du goût n'en firent qu'une.

En Angleterre, cela se nommait Teuphuïsme. Dès le règne d'Elisabeth, John Lilly avait été le parrain de cette mode, en 1580, par son livre intitulé Euphuèsy continué l'année suivante. Euphuès, nom grec du héros, veut dire élégant ^ de bon goût. Bon comme on l'entendait alors : afféterie, pédanterie énigmatique ; allusions mythologiques , scientifiques ; antithèses , métaphores inouïes . Cette languo bizarre était ou devint celle de la Cour et du monde élégant. « Notre nation, dit ironiquement Blount, doit à Lilly d'avoir appris à parler un anglais nouveau. Toutes nos dames furent ses élèves., Une belle ne sachant parler l'euphuïsme eût été aussi peu regardée à la Cour de ce temps-là, qu'une aujourd'hui ne sachant parler français. » La littérature

imita la Cour, qui avait imité Lilly. L'euphuïsme envahit la chaire et le théâtre : Shakspeare, dans ses pièces, fait parler Teuphuïsme à ses jeunes héros. Lui-même, en ses premières poésies, s'y escrime avec une virtuosité brillante. Dans un sonnet d*amour à une dame qui jouait du virginal, sorte d'épinette, en bois rougeâtre, il dit : « J'envie les touches qui, dans leurs bonds agiles, baisent tes doigts, tandis que mes pauvres lèvres qui devraient faire cette cueillette demeurent béantes et rougissent plus que ce bois, de sa hardiesse^. t> Les concelti de Roméo à Juliette sur les heureux gants qui touchent les mains de la bien -aimée, ou sur Toiseau au bout du fil, sont quelque chose d'analogue ; et j'ai toujours vu que les jeunes filles étaient ravies de ces passages-là. Ben Johnson, le Boileau anglais, proteste contre ce faux esprit. Shakspeare, dans un autre sonnet, à une coquette qu'il aime malgré lui et qui se plaît à le faire souffrir : « rusée chérie, tu m'aveugles de larmes, afin que je ne voie pas clair

1. Gela rappelle la pointe de Théophile dans Pyrame el Thisté :

Le voilà, ce pojgnard qui du sang de son maitie S'est souillé lâchement : il en rougir , le traître 1 ■

Voir aussi le Romantisme des ClassiqtAes, première série, page 140, 142 et $08, 209. — Le Camoens, en ses Lusiades, fait dire par Jupiter dans une prophétie : « La mer Rouge jaunira d^épouvante. » — Et Racine lui-même fait dire par I^rhus â Andromaque :

Brûlé de plus de feux que je n'en allumai*

à tes noirs défauts. » Et dans un autre : « Ma raison, médecin de ma passion, fâchée de ce que ses prescriptions ne sont pas suivies, m'abandonne à mon état désespéré. ^ Et dans un autre : « Mon œil s'est fait peintre et a reproduit sur la toile de mon cœur ta beauté resplendissante . Je suis le cadre de ce tableau, miracle de perspective : car c'est dans le peintre qu'il faut regarder pour voir ce vivant portrait, pendu dans l'atelier de mon âme, dont les fenêtres ont pour vitres tes yeux . »

En France, c'était la préciosité. Romains, Grecs, Turcs, Persans, ne parlaient d'autre langue chez mademoiselle de Scudéry. Inutile de rappeler la Carte de Tendre. Benserade charmait la Cour par ses rondeaux, madrigaux et ballets, tout brillants de pointes.

Je me meurs tons les jours en adorant Sylvie ; Mais, dans les maux dont je me sens périr.

Je suis si content de mourir Que ce plaisir me redonne la vie I

On croit ouïr Pétrarque définissant l'amour

Ou mort vivante, ou mal délicieux.

viva morte y o diletioso maie.

Dans la tragédie de Daire (Darius), par Jae.|iî •de la Taille, le roi vaincu s'écriait :

Ores je veux demeurer solitaire ;

Rien ne me peut, que le déplaisir, plaire ;

Le seul ennui mes ennuis désennuie.

Corneille en sa jeunesse, à une femme aimée qu'il avait quitté par dépit , et qu'ensuite il tentait de revoir , mais qui était absente un jour de pluie , écrit ces vers :

Ayant ose me séparer Du beau soleil qui luit seul à mon ftme, Pour le venger, Tautre cachant sa flamme

Refuse de plus m*éclairer.

L'air, qui ne voit plus ce flambeau, En témoignant ses regrets par ses larmes, M'apprend assez qu'éloigné de vos charmes

Mes yeux se doivent fondre en eau.

Saint-Amant disait à la Nuit :

Paisible et solitaire Nuit , J'aime une brune comme toi .

Et, dans des plaintes sur la mort d'une Sylvie :

Ruisseau ) qui cours après toi-même,

Et qui te fuis toi-même aussi,

Arrête un peu ton onde ici,

Pour écouter mon deuil extrême.

Puis, quand tu Tauras su, va-t-en dire à la Mer

Qu'elle n'a rien de plus amer...

Que si par mes regrets j'ai bien pu t'arrêter,

Voici des pleurs pour te hâter.

Mais c'est assez donné d'exemples de cette première maladie , que Boileau attaqua avec une sorte d'indignation , « la déclarant infâme » .

La seconde maladie qu'il signale est l'enflure ou emphase, telle qu'elle se montre dans Du Bartas, dans Chapelain, dans Brébeuf, et parfois dans Corneille , qui lui aussi traduit Lucain de temps en temps, ou imite Sénèque, espagnols l'un et l'autre, comme Guillem de Castro el Alarcon :

Mais n'allez point aussi , sur les pas de Brébeuf ,

Même en une Pharsale , entasser sur les rives

De morts et de mourants cent montagnes plaintives *

1. Brôbeuf, dans sa traduction de la Pharsale de Lucain, livre VU, avait dit :

De mourants et de morts cent montagnes plaintives , D'un sang impétueux cent vagues fugitives*..

Au troisième chant de PArt poétique, parlant de la tragédie, il fait allusion à la Troade de Sénèque. enflée et déclamatoire dès le début :

Qae devant Troie en flamme Uécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée , Ni sans raison décrire en quels affreux pays Par sept bouches VEuxin reçoit le Tandis *.

Tous ces pompeux amas d^expressions frivoles Sont d*un déclamateur amoureux des paroles...

Mais ce n'est pas seulement Sénèque qu'il vise; c'est, comme il l'avoue dans sa Préface du Sublime, Corneille lui-môme en sa première scène de la Mort de Pompée , où tout d'abord « Ptolémée remplit sa bouche de grands mots, pour exagérer les vaincs circonstances d une déroute qu'il n'a point vue * ».

1. Quicumque regno fidxt, et magna potens Dominatur aula, nec levés metuit Deos, Ànimumque relnis credulum lœtis dédit.

Me videat, et te, Trojal Non unquam tulit Documenta Fors majora ^ quam firagili îoco Starent superbi» Columen eversum occidit Pollentù Asiœ, Ccetitum egregius labor :

Ad CHjus arma venit et qui frigidum Septena Tanaim ora parîdentem bibit ,

Et qiUy renatum pronus eaxipiens diem, Tepidum rubend Tigrin immiscet freto , Et qucBy vagos tncina prospiciens Scythas Ripam catervis Ponticam viduis ferit; Excisa ferro est, Pergamum incubuit «ibi...

2. Il s'agit justement de cette même bataille de Pharsale. — Notons , en passant, que Molière jouait dans cette pièce le rôle de César. Et c'est, je crois, dans le costume de ce rôle que Mignard Ta représenté, couronné de laurier et en manteau écarlate.

D'autres fois, il ne se cache pas de critiquer le monologue d'Emilie, au commencement de Cinna, ni la tragédie d'Othan, où le poète met sur la scène trois ministres qui font avec emphase force raisonnements de politique rhétoricienne. On sait que l'habitude de Corneille est de chercher des situations morales extraordinaires, afin de déployer des sentiments et des pensées extraordinaires aussi. A peu près comme Michel -Ange, pour étaler sa science anatomique en développant des musculatures excessives, donne à ses statues des postures parfois impossibles (exemple , celles du Jour et de la Nuit, au tombeau des Médicis, à Florence) , ainsi Corneille se plaît à inventer des situations inouïes, où puissent se déployer avec emphase les triomphes de la volonté, parfois uniquement pour elle-même, et saillir les muscles énormes de ses vers grands et tourmentés.

Pascal, d'une manière générale, parle quelque part de a ces mouvements fiévreux, que la santé ne peut imiter i>.

Si quelques génies, d'un ordre à part , savent, môme au travers de l'emphase, qui n'est qu'un grossissement , atteindre au sublime , il faut reconnaître qu'ordinairement l'emphase n'est que l'effort de la médiocrité pour se guinder à la grandeur.

Ici également il serait facile de joindre les exemples de l'Italie, de l'Espagne et de l'Angleterre à ceux de la France : Shakspeare y fournirait sa bonne part; Guillem de Castro également. Il suffit d'indiquer ce

point. A ne parler que de la France , Du Bartas à la fin du siècle précédent avait mis à la mode le genre emphatique. Le poème de la Création , en sept journées, qui parut en 1579, eut plus de trente éditions en six ans, et excita un grand enthousiasme en France et à l'étranger. En Allemagne, de nos jours encore, la renommée de Du Bartas n'est pas éteinte. Goethe, dont le génie allemand ne discerne pas toujours très bien les nuances des talents français, chose fort difficile pour un étranger , l'admire toujours , et n'est pas le seul de ce côté-là du Rhin. « Plusieurs de nos critiques, dit-il, lui ont décerné le titre de « roi des poètes français ». Voilà qui paraît un peu fort à nous autres, gens des bords de la Seine; mais peut-être serions- nous dans le cas de commettre des erreurs pareilles en jugeant des poètes allemands. « Les Français, continue-t-il, sont injustes de méconnaître son mérite. » Et il fait observer que plusieurs des plus beaux vers de Milton sont imités du poème de Du Bartas .

Ceux qui voient gros manquent souvent de goût : le goût est afïaire de finesse. Ce Gascon mêle à son emphase des images bizarres , qui se rapporteraient à la maladie précédente, ou à la suivante. Parlant des montagnes de la Gascogne , il dit :

Ces monts enfarinés d'une neige étemelle»

Dans ses vers , les vents sont « les postillons

BOILEAU l^i

d'Éole *; » le Soleil « le duc des chandelles » ; Dieu « Farcher du tonnerre, grand maréchal de camp. » La parole divine a animé la matière , mis Tordre dans les éléments : le monde serait resté à l'état de chaos 9 si le Verbe ne lui eût insufflé la vie y et

N'eût comme siringué dedans ces membres morts

Je ne sais quel esprit qui meut tout ce grand corps *,

Lorsque Du Bartas mourut, à quarante-six ans» en 1S90, Thistorien De Thou porta ce jugement : a qu'il tenait la première place après Ronsard, mais que son style trop figuré était enflé et ampoulé à la gasconne ^ » .

Il avait été tellement admiré , que Brébeuf et Chapelain crurent bien faire de Fimiter. Le premier, luttant avec Joie contre l'emphase latine de l'Espagnol Lucain , redoubla encore cette emphase tant qu'il le put. Sa traduction plut par ce défaut même , et fut un événement littéraire. Le pubUc du

1 . D'Àubigné lui - même , dans ses Tragiques qui étincellent de beautés, appelle

Les vents, ces postillons de l'ire du grand Diea .

2. On voit là, en passant, ce qu'est devenu le nom de la jolie nymphe Sirinx ou Siringué , changée en roseau , pour quel destin ! pire encore que celui de la robe de noce dont parle Alfred de Musset :

De sa robe de noce on fie un parapluie i

3. Stylum ejus nimis crebro figuratum , tumidum et vasconice ampollatum. — Libro XIXÇ.

monde Taccueillit avec une extrême faveur ; les lettrés se partagèrent : Chapelain et Corneille furent pour; Boileau se déclara contre . Brébeuf, assurément , est plein d'enflure comme son modèle ; mais, comme lui aussi, vigoureux et brillant : par exemple, dans la description de Tancien bois sacré, la forêt de Marseille, dont il rend avec force la sainte horreur ; ou bien dans le parallèle de César et de Pompée, ou dans 'le portrait de Caton. Il se proposait de continuer Tœuvre inachevée de Lucain, et de la conduire jusqu'à la mort de César, « pour avoir le plaisir de voir périr l'usurpateur, auquel, disait- il, au lieu de vingt-deux coups de poignard, il en eût donné vingt-deux mille de grand cœur ». La mort l'empêcha d'exécuter ce dessein. Boileau, après avoir critiqué d'abord, non sans raison, l'enflure de cet écrivain, reconnut cependant en lui des qualités d'imagination et de style :

Malgré son fatras obscur, Souvent Brébeuf étincelle...

Ce n'est pas seulement dans F Art poétique que notre auteur signale la maladie de l'enflure ; il en parle encore dans sa traduction du Traité du Sublime. L'enflure est la contrefaçon du sublime. C'est seulement à ceux qui ne s'y connaissent point, qu'un discours ou un poème enflé et bouffi paraît grand et fort. Cicéron, Quintilien, Longin (ou plutôt l'auteur.

quel qu'U soit , de ce Traité) estiment d'un môme sentiment, queTenflure, dans les discours comme dans les corps, est un signe, non dé vigueur, mais de maladie.

L'emphase vient , la plupart du temps, non de ce que Técrivain est trop ému , mais de ce qu'il ne l'est pas assez. Il essaye, en suppléant h la sensibilité par l'imagination , de tromper le public et lui-même. U se bat les flancs, n emploie des figures qui dépassent les choses ; mais avec toutes ses hyperboles , il reste et nous laisse froids. Un ou deux mots de sentiment juste , comme cinq ou six notes de Haydn ou de Mozart , nous toucheraient plus que tout ce fracas. On lui dirait volontiers comme Agnès à Arnolphe qui se met en eau pour l'émouvoir :

Tenez , tous vos discours ne me touchent point Tàme ; Horace , avec deux mots , en ferait plus que vous.

Boileau, dans une lettre à Brossette, commente un passage de ce môme Traité du Svèlime où il est question d'un historien ancien, sujet à cette maladie : « Vous me demandez comment je crois qu'on doit traduire meteora orationis, A cela je vous répondrai que, pour vous bien satisfaire sur votre question, il faudrait avoir lu le hvre de M. Samue. (Werenfels *), afin de bien concevoir ce qu'il entend

i. Samuel Werenfels, né à Bâle en 1647, y mourut en 1740. On a de lui : De flnibus muncU Dialogus, 1682; Dissertatio de Logomachiis eruditorum ; accedit Diatribe deMeleoris oralioiiw, 1702 ; etc.

par là lui -môme, ce mot étant fort vague et ne voulant dire autre chose qu'un galimatias à perte de vue. Pour moi, quand j'ai traduit dans Longin ces mots : oûx d^Xk, alla [Aerécopa, qu'il dit, ce me semble, de l'historien Callisthène, Je me suis servi d'une circonlocution , et j'ai traduit que Callisthène ne s'élève pas proprement , mais se guindé si haut qu'on le perd de vue ^ ; la langue française, à mon avis, n'ayant point de mot qui réponde juste au pLerécopa des Grecs, qui est à la vérité une espèce d'enflure, mais une espèce d'enflure particulière que le mot enflure n'exprime pas assez , et qui regarde plus la pensée que les mots. Je me souviens d'avoir lu dans un poète italien ", à propos de deux guerriers qui joutaient l'un contre l'autre , que les éclats de leurs lances volèrent si haut, quils allèrent jusqu'à la région du feu , oii ils s'allumèrent et d'où ils retombèrent en cendre sur terre. Voilà un parfait modèle de style meteora •. »

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