‹ Boileau, Charles PerraultChapitre 34 sur 79 · Voici les vers de Saint-Amant · texte numérisé non relu

Voici les vers de Saint-Amant

Là l'enfant éveillé, courant, sous la licence Que permet à son âge une libre innocence.

Va, revient, tourne, saute; et, par maint cri joyeux. Témoignant le plaisir que reçoivent ses yeux. D'un étrange caillou qu'à ses pieds il rencontre Fait au preinier venu la précieuse montre ; Ramasse une coquille, et d'aise transporté La présente à sa mère, avec naïveté.

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Cette maladie a reparu, de notre temps, avec plus d'intensité que jamais; elle esta Tétat aigu, et sévit tellement sur presque tout le monde, que la plupart des auteiu*s et des lecteurs la considèrent comme un signe de force et de santé ; loin de chercher à s*en guérir, on la cultive. Nous voyons des romans entiers, et des poèmes en plusieurs volumes, ne se composer guère que de descriptions. La sobriété des maîtres anciens, qui faisaient de la description un léger fond de tableau en harmonie avec les sentiments des personnages , est considérée aujourd'hui, même par des juges excellents en tout le reste , comme une infériorité ; tant ce mal a gagné les meilleurs esprits !

Cependant décrire n'est pas peindre. Peindre est l'affaire des vrais maîtres ; décrire est le procédé des autres , des maîtres en second. Les premiers ne prennent la nature extérieure que comme cadre et comme scène : ils y plantent leurs personnages, et se contentent de marquer le paysage par quelques traits essentiels, analogues à la situation, a. Un paysage est un état d'âme ^i» Les talents ou génies moins purs, même très éclatants, décrivent pour décrire , pour faire admirer leur palette , songeant moins à leurs personnages qu'à eux-mêmes. Homère peint, Rousseau décrit. C'est un procédé, qui

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