‹ Boileau, Charles PerraultChapitre 46 sur 79 · Gustave. Merlet, Et ides littéraires , Paris, Hachette · texte numérisé non relu

Gustave. Merlet, Et ides littéraires , Paris, Hachette

Lutrin nous présente un burlesque retourné, un burlesque à l'envers. Eh bien ! celui-ci me choque plus que celui de Scarron... »

Bien mieux I Boileau, d'abord, dans ce poème, avait employé à la fois l'ancien burlesque et le nouveau : le Lutrin, sous sa première forme, dont on retrouve des traces et des bribes dans les Variantes et les Fragments, était beaucoup plus scarronesque; d'édition en édition, l'auteur fit disparaître les détails trop vulgaires ; dans le rôle de la perruquière il en reste encore quelques-uns, d'une gaieté assez gaillarde. Avant donc de s'être avisé de sa distinction entre le burlesque trivial et le burlesque noble, Boileau avait d'abord confondu et combiné l'un et l'autre. Tous les deux, au surplus, partent du même principe : soit qu'on traite en style trivial un sujet héroïque, ou en style héroïque un sujet vulgaire, dans l'un comme dans l'autre cas le burlesque résulte de la disproportion entre le style et le sujet. Boileau, s'étant décidé enfin à déclarer la guerre au burlesque trivial, essaya d'en effacer les traces dans son œuvre, l'appela héroï- comique, et préconisa ce burlesque noble, qu'il prétendit nouveau, du moins chez nous.

En quelle mesure était-il nouveau, soit chea nous, soit ailleurs? Je rappellerai seulement quelques œuvres de ce genre :

Dans Tantiquité, le poème intitulé la Batrachomyomachie ou Mijobatrachomachie , c'est - à - dire le Combat des Rats et des Grenouilles, attribué sottement à Homère parce qu'il est composé de centons tirés de Y Iliade, mais d'une époque bien postérieure à celle du grand poète dont il parodie les vers. Il y a aussi la Galéomyomachie , ou Combat des Belettes et des Hats, œuvre de Théodore Prodrome, auteur du roman grec des Amours de Rhodante et Dosiclès.

Dans la littérature moderne, plusieurs ouvrages imités de ceux-là. Mentionnons seulement le Combat des Mouches et des Fourmis^ par Merlin Coccaïe (Girolamo Folengo), te Combat des Aigles et des Corbeaux, par Posselius; enfin, un poème plus connu, la Secchia rapita, le Seau enlevé, d'Alessandro Tassoni. Boileau fait allusion à cet ouvrage, ainsi qu'à la Batrachomyomachie , dans le quatrième chant du Lutnn^. La Secchia rapita avait été traduite en français par Pierre Perrault, un autre des quatre frères dont nous aurons à parler * . Dans la préface de sa traduction, il vise Boileau, en prenant la défense de Desmarets. C'était lui qui, de ce fait, avait conmiencé les hostilités entre les Perrault et Despréaux. Celui-ci, n'étant pas nommé, ne répondit point à Pierre. Un des autres frères, Claude, se déclara aussi contre le satirique,

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