‹ Boileau, Charles PerraultChapitre 67 sur 79 · LBS CONTES DE FÉES · texte numérisé non relu

LBS CONTES DE FÉES

(Suite et fin.)

Parmi ces Contes , les uns , tels que le Petit Poucet, le Chat botté, la Belle au bois dormant, le Petit Chaperon rouge ^ les Fées, Cendrillon sont de petites épopées familières , ou de p<îtits tableaux à la fois poétiques et réalistes; les autres, tels que la Barbe -bleue, Peau -d^ Ane, Riquet à la houppe, sont de petits drames shakspeariens en raccourci, mêlant le grotesque au terrible. Presque tous d'ailleurs se prêtent si bien à la scène, qu'ils y ont été mis souvent.

Dans quelques-uns, l'élément dramatique par excellence , les femmes , tiennent une grande place : les Fées d'abord, cela va de soi; puis, les simples mortelles, fenmies et filles. Nous avons vu Perrault

riposter vivement à la satire de Boileau contre elles. Ce n'est pas qu'il ne leur décoche, lui aussi, quelques légers traits ; mais ces taquineries prouvent seulement qu'il les aime. II ne méconnaît, non plus que Molière ni que Shakspeare, leur fragilité naturelle; mais cela même rattache à elles, ou Ty ramène sans qu'il y songe, et fait qu'il ne peut s'empêcher de les observer, de les peindre, d'en représenter les figures diverses, les physionomies variées, avec une malice gracieuse, mêlée d'amour.

La brièveté étonnamment rapide de ces récit-s est déjà un plaisir, et convient bien aux enfants, dont l'esprit encore faible ne peut embrasser et retenir qu'un sujet de peu d'étendue. Le Petit Chaperon rouge n'a que deux pages et demie. Mais que d'événements en si peu d'espace ! « De cinq en cinq lignes, on assiste à une scène nouvelle; et pourtant on n'éprouve aucune fatigue, aucune confusion ^ . » Le conte intitulé les Fées n'est pas moins surprenant par la rapidité des péripéties et du dénouement. Voici deux jeunes filles, sœurs : Tune belle et bonne, douce, obligeante; l'autre désagréable , orgueilleuse et mauvaise. Un jour que la première était allée puiser de l'eau à la fontaine^ une pauvre vieille lui demande à boire. « Oui, ma bonne mère, » dit cette belle fille. Et,

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