Cenerentola
en féerie : les transformations pleines de fantaisie , le gros potiron jaune que d'un coup de baguette la Fée change en carrosse doré, les six souris en six chevaux gris-pommelé, et le rat énorme en cocher ventru, y prêtaient à ravir; Ovide, en ses Métamorphoses , a pu imaginer des choses plus poétiques, mais non des surprises plus gaies .
Les coups de baguette qui font des miracles* dans les Contes de Perrault, piquent Tattention comme au théâtre les changements à vue; mais les choses sont si bien préparées, que la plupart du temps le merveilleux lui-même semble pouvoir s'expliquer, peu s'en faut, par des raisons naturelles. « Parfois, a-t-on dit finement, la baguette de la Fée commence l'ouvrage et la raison l'achève, comme si l'une n'était faite que pour éveiller l'autre, et se hâter de devenir inutile *. »
Ainsi la fantaisie, même merveilleuse, a pour point de départ la nature; et, si elle la quitte, ce n'est que pour un instant ; vite elle y revient. Telle est la mesure du goût français. L'absurde même est ramené tout doucement à la raison.
Un fabliau d'Egypte, recueilli par les Grecs, est peut-être venu se mêler chez nous aux origines de ce conte. L'héroïne égyptienne s'appelle en grec non pas Cendrillon, mais Rose (ou littéralement Visage-