Tome IX, col
3. Il le possédait depuis 1639. N'est-ce point un de ses oncles que célébrait cet opuscule ? L'idée d'un parfait chanoine... en la personne de feu Af""* Jean Violart, prêtre, chanoine et vidame en l'église... de Notre-Dame de Reims, par P. Angier, prêtre, Reims, 1649, in-ia. Ce Jean Violart mourut le 31 août 1648, Claude étant archidiacre en la même église.
Tout rattachait Boileau à la Sainte-Chapelle : ses origines, les premières habitudes de la vie. Il a passé sa jeunesse dans la cour du Palais, étudiant successivement le droit et la théologie, à l'ombre de l'église où il avait été baptisé. Il est né dans une maison de la sixième chanoinie, située rue de Galilée, une rue de l'enclos. Cette chanoinie eut pour titulaire, entres autres, Jacques Tardieu, qui la résigna, et devint le lieutenant criminel avare bafoué dans la dixième satire ('). Il avait tenu sur les fonts Jacques Boileau, frère de Nicolas, futur docteur de Sorbonne, destiné à être le successeur médiat de son parrain dans la même chanoinie. Chanoine également Gilles Dongois, le neveu de Despréaux, né la même année que lui, son camarade au collège de Beauvais, son compagnon de toute la vie (*j. On voit quels liens nombreux unirent la famille et le chapitre.
Boileau était mieuxpréparé pour devenir l'historiographe du chantre que celui du roi, et conta plus allègrement l'assaut du lutrin que la campagne de Flandre. Il a écrit dans quelque avis au lecteur de son poème, afin de calmer les susceptibilités du voisinage : « Principalement les chanoines de la Sainte-Chapelle sont tous gens, non seulement d'une fort grande probité, mais de beaucoup d'esprit, et entre lesquels il y en a tels à qui je demanderais aussi volontiers leur sentiment sur mes ouvrages qu'à beaucoup de Messieurs de l'Académie.» Puis il assurait qu'il avait eu soin de faire ses personnages d'un caractère « directement opposé » au caractère de ceux qui desservaient cette église (3). La vérité, connue depuis longtemps, est qu'il eut moins de scrupules, et qu'il mit en scène au moins cinq chanoines, sans compter les chapelains et les personnages accessoires {*). Peu importe d'ailleurs ; le passage cité prouve surtout quq le monde de
1. Parent de M""* d'Épinay, qui était une Tardieu d'Esclavelles. Les Tardieu de Maleyssie, anciens propriétaires du château de Maugarny, à Margency, sont de la même famille.
2. Gilles Dongois, né le 9 mars 1656, fut élevé au collège avec son frère aîné, Nicolas, et ses trois oncles, Gilles, Jacques et Nicolas Boileau. Il était fils de Jean Dongois, greffier delà Grand-Chambre du parlement de Paris. Son frère Nicolas fut greffier en chef du même parlement, « l'illustre M. Dongois », comme dit Despréaux dans une note de la sixième Épître. Nous allons retrouver Gilles un peu plus loin, avec une autre prébende.