II- s'aiiaRDA longtemps a ce déjeuner rustique
et peu à peu il s'y assoupit. Quand il s'éveilla, les rayons du soleil pénétraient plus obliquement dans le fourré, dont ils rosaient les broussailles. Un rassérénement se produisait en son âme et l'image de Sylvie y régnait de nouveau er souveraine. Une douceur fondante coula dans ses veines, à la pensée du rendez-vous assigné pour ce même soir.
A neuf heures sonnantes, il rasait le
mur de la terrasse et entre-bâillait la grille. Au logis de madame des Rônis, les rideaux tirés laissaient à peine passer un lil de lumière. Mais quand il eut franchi le seuil du couloir, une réjouissante clarté et une exquise haleine de (leurs l'accueillirent hosj-ilalièrenient.
Deux h mpes aux globes dépolis éclai raient 'e salon tendu de reps, qui avait pris un air de fête ; leur discrète illumination enveloppait d'ime caresse les potiches et les vases remplis de roses. Madame des Rônis avait dû dépouiller tout ion jardin pour se procurer cette abondante floraison d'été.
Elle s'épanouissait partout, sur les guéridons, sur la table oblongue, aux angles de la cheminée : roses Niel et Gloires de Dijon, roses couleur de chair ou couleur d'abricot, roses panachées et comme éclaboussées de carmin, roses d'un rouge sombre ou d'un blanc d'ivoire. L'atmosphère était saturée de parfums assoupis et doux comme la musique d'un orchestre qui jouerait en sourdine.
Jacques leva vers Sylvie des Rônis un regard ébloui et chargé de tendresse. La blonde veuve souriait et les nuances des roses semblaient se refléter sur la blancheur de son visage.
— Pour quelle fête, demanda Jacques, avez-vous si glorieusement fleuri votre salon?
— Je l'ai fleuri en votre honneur, monsieur... J'ai voulu que l'été vous souhaite la bienvenue après une journée qui, probablement, n'a pas dû vous mettre beaucoup de soleil dans le cœur.
Il ne répondit pas à cette allusion.
Avec une exaltation enfantine, il allait et venait, penchait sa tête sur les i)oliches, aspirant avec délices l'haleine des lleurs, s' extasiant sur l'opulence de leur coloration, examinant tout avec des yeux émerveillés. Pour la première fois, dans le fond du salon, il remarqua une porte ouverte sur une pièce voisine, vaguement éclairée par une lampe -veilleuse qui, sous un ^':ilje bleuâtie, brillait comme un ver luisant.
— Tiens, fit-il intrigué, je ne m'étais pas douté qu'il y eût là une chambre contiguë.
— C'est la mienne, monsieur... Je l'ai laissée ouverte pour que vous ne soyez pas trop entêté par l'odeur des roses... Je vous autorise à la visiter, vous me direz si l'arrangement est à votre goût.
Elle lui avait pris la main et le guidait vers la chambre tendue de cretonne en camaïeu lilas, et garnie de meubles Louis XVI: lit de bois peint et laqué, fauteuils et chaises de tapisserie au ])etit point ; aux murs, deux pastels aux cadres ovales représ e n t a i e n t u n e dame poudrée et un gentilhomme cravaté de dentelle, vêtu d'ui, habit de velours gris à la française.
— Ce sont mes grands-parents, expliqua Sylvie.
Dans une encoignure, un étroit canapé de soie réséda, semé de minuscules i^ouquets, dressait sur des pieds droits cannelc s son siège sculpté, et évasait ses bras délicatement chantournés.
— Cft meuble, conlinua-ticlle, appartenait aux deux respectables personnages dont vous voyez les portraits. C'est une relique à laquelle je tiens beaucoup. Je
ne permets à personne de s'y asseoir, pas même à mon vieux cousin Sennebier...
Mais je ferai exception en votre faveur; ce soir, je n'ai rien à vous refuser...
Elle s'était assise et, en souriant, l'invitait à prendre place à côté d'elle.
— Pourquoi ce soir? demanda Jacques d'une voix que l'émotion commençait à étrangler.
vous ME Dinnz si l'aiihanclment est a votre goût.
— Parce que,répliqua-t-elle,moqueusej ce soir, vous avez droit à des égards... Avouez que ce mariage de votre Claudette \ous fait tout de même gros cœur, et que vous la regrettez !
— Je ne regrette rien ! protesta-t-il avec emportement, parce que je n'aime que vous, parce que mes pensées, mes joies et mes peines, tout se résume en vous î...
Il lui avait saisi les mains et les serrait violemment.
— Sylvie, acheva-t-il, il n'y a pour moi qu'un amour, c'est le vôtre : qu'une 'enime adorée et désirable, c'est vous I
Lentement madame des Rônis appro-
:linit sa tête blonde de la sienne, et, le
•egardant gravement, tendrement aussi,
(ans les yeux, comme pour lire Jusqu'au
lond de son âme, elle murmurait :
— Bien vrai, vous m'aimez?
— Passionnément.
De plus en plus le blanc visage se penchait vers celui de Jacques.
— Vous n'aimerez jamais, jamais que moi?
— Vous seule... que m'importe le reste du monde 1...
— Et, continua-t-elle très bas, notre amour restera ignoré de tous, comme un jardin fermé qui ne s'ouvrira que pour nous seuls?
— Oui, comme un paradis, à nous deux l
— E\, bien ! chuchota-t-elle, prenezmoi... Je suis à vous.
Elle l'entourait de ses bras, elle se blottissait contre sa poitrine et leurs lèvres j'étaient jointes dans un baiser qui ne /oulait plus finir.
Un voluptueux silence tomba sur la chambre tendue de camaïeu lilas ; un silence imprégné de la suave odeur des roses, et interrompu seulement par l'eau susurrante du canal des tanneries qui coulait au pied de la fenêtre, et dont les glouglous assourdis montaient par intervalles, comme d'amoureux sanglots...
Les jours heureux ne se racontent pas ou, du moins, se racontent mal, car quelque éloquence qu'on y apporte, le récit des joies toujours pareilles qui les remplissent tourne vite à la monotonie.
Jacques Chantai goûtait une félicité près de laquelle tous les plaisirs de sa vie antérieure paraissaient singulièrement insipides et puérils. Pour la première fois l'amoui lui donnait complètement les satisfactions que peut rêver un garçon ùont la jeunesse saine et verte ne s'est jusque-là dépensée qu'en platoniques affections ou en banales et courtes esca-
pades. Cette inespérée liaison avec madame des Rônis exaltait son cœur, son imagination, sa sensualité raffinée, en même temps qu'elle flattait sa juvénile vanité. Sylvie, jeune, élégante et belle, avec sa sensibilité contenue, sa délicate fierté, ses soudaines fougues de tendresse,^ lui faisait éprouver toutes les voluptés de la passion. Quand, un soir, il avait vu se dérouler librement pour lui l'abondante chevelure de sa blonde amie ; quand 11 l'avait tenue entre ses bras, confuse encore de s'être abandonnée et en même temps prodiguant sans compter ses plus grisantes caresses, il lui avait semblé plonger dans les eaux bienheureuses d'un lac enchanté. Ces délices et ces extases se reproduisaient chaque fois qu'il se retrouvait près d'elle. Il n'y avait pas jusqu'à cette pointe de dévotion perçant au milieu des plus adorables transports de la veuve, qui n'ajoutât un assaisonnement à leurs fêtes d'amour. i
Sylvie n'était ni romanesque, ni sentimentale. Après sept années de mariage, elle n'affectait pas d'ignorer à quoi elle s'exposait en se donnant, et elle se donnait sans remords, obéissant à un besoin inné de caresses et d'affection. Elle n'avait point de ces tardifs repentirs ni de ces hypocrites retours de vertu dont certaines femmes abusent et dont elles accablent maladroitement leurs amoureux. Pourtant, élevée pieusement par des religieuses, elle était restée dévote et conservait, même dans ses plus tendres démonstrations, dps scrupules dont Jacques s'étonnait. EUe ne tolérait pas qu'il la plaisantât sur i;es pratiques de piété ni qu'il essayât d'ébranler ses convictions. Avant comme après les plus ardentes effusions, elle demeurait chaste, presque prude, interdisant avec une subite réserve ces privautés hardies qu'un amant croit pouvoir se permettre à l'égard d'une amie qu'il considère comme lui appartenant tout entière. Mais, en revanche, dès que Jacques l'étreignait et la couvrait de baisers, elle aimait avec un emportement, un oubli d'elle-même, une recherche de volupté, un plaisir éperdu, cjui confondaient et ravissaient Chantai. Après l'enivrement, il se demandait si la créature ensorcelante qu'il venait de serrer contre sa poitrine, était bien la même personne cjui tout à l'heure le rappelait si sévèrement au respect des
Boisfleurj
biensi^ances. Parfois aussi, à force de méditer sur ces étranges contrastes, il sentait un vague soupv^J'i sourdre en son e'.prit. Pass'onnée et caressante comme i. la connaissait, Sylvie s'était-elle contentée de vivre fidèle à un mari quadragénaire, bourru et mal élevé? Xe s'étaitelle pas initiée à ces raffinements de l'amour dans les bras de quelque consolateur? Qu'y avait-il de vrai dans les accusations de coquetterie et de légèreté dont madame Chantai avait i)arlé à son fils ?
Importuné malgré lui par cette pensée jalouse, Jac(pies s'avisait alors de questionner madame des Rônis sur les années passées aux Senades. Elle lui répondait laconiquement qu'elle s'y était beaucoup ennuyée, que M. des Rônis était maussade, et que, du reste, son existence conjugale avait été aussi monotone que peu intéressante. Lorsqu'il essayait de pousser plus avant ses questions, elle les éludait en lui sautant au cou :
— A quoi bon, mur/nurait-elle, perdre notre temps à remuer des souvenirs désagréables? Qu'importe ce vilain passé, pourvu que nous jouissions du présent!... "Vite, monsieur le questionneur, embrassez-moi I
Elle lui tendait ses lèvres, et en les baisant, il avait honte de ses injurieux soupçons rétrospectifs.
« Elle a raison, se disait-il, et moi, j'ai l'air d'un sot avec mes interrogatoires de juge d'instruction. Pourquoi vais-je m'inquiéter d'un temps où nous ne nous conn lissions pas, et qui est absolument aboli? Nous nous aimons, n'est-ce pas l'essentiel? Sylvie ne m'a-t-elle pas donné sans réserve toute la tendresse de son cœur, tous les baisers de sa bouche, et ne devrais-je pas lui en être éternellement reconnaissant? »
En effet, il aurait eu mauvaise grâce à se plaindre. Pouvait-il s'attendre à trouver, en cette somnolente et béotienne petite ville, une liaison d'un prix aussi rare, plus parfaitement en harmonie avec son caractère, ses façons de sentir et de penser. Sylvie manquait de culture, mais elle rachetait ce défaut par un esprit vif et prime-sautier, un goût sûr et beaucoup de tact. Elle possédait à un haut degré la verdeur et la gaieté, une sensualité tendre, une morale aimable et indulgente ; toutes ces qualités enfin qui faisaient le charme de nos aïeulei. du siècle dernier. Par-
dessus tout, elle avait une grâce séduisante, une vénusté, une eurythmie de l'attitude et des mouvements qui enthousiasmaient Jaccjues. Lorsque, le soir, à la lueur de la lampe, sous les rideaux de camaïeu du lit Louis XVI, il contemplait cette tête noyée en des flots de cheveux blonds, ces paupières mollement baissées, le délicat modelé du nez aux ailes palpitantes, cette bouche aux lèvres entr'ouvcrtes sur des dents blanches mouillées, ces cbairs aux pâleurs ambrées, il songeait à V Anliope du Corrège, et son âme de païen exultait d'amoureuse admiration.
Leurs rendez-vous nocturnes, sagement espacés, se prolongeaient souvent jusqu'à minuit. Une fois même, en juillet, Jacques s'abandonna à la douceur de s'endormir à côté de Sylvie. Lorsqu'ils s'éveillèrent, les lueurs de l'aube i)énétraient déjà à travers les persiennes closes. Un sursaut d'inquiétude les secoua. Comment le jeune homme pourrait-il maintenant s'esquiver sans êt.e aperçu?
En cette chaude saison caniculaire les gens étaient plus matineux et on risquait fort de rencontrer quelqu'un dans la rue ou sur le pas d'une porte. Chantai désolé s'était vêtu en hâte. Tout frissonnant, il se glissa dans le jardin et, une fois sous les tilleuls, hasarda un regard efïaré au dehors. Les volets des maisons étaient encore fermés, mais un premier rayon rose illuminait le faîte des toits. Un ouvrier passa avec ses outils sous le bras, puis tourna l'angle des Quatre-vingts degrés. La rue redevint déserte. L'amoureux en profita pour ouvrir prestement la grille et se faufiler sous le porche du logis paternel. Quand il se trouva enfin à l'abri des curieux, au fond du couloir obscur, une sueur lui mouillait les tempes et son cœur battaità gros coups. La maison dormait et il put sans encombre gagner sa chambre, mais, tandis qu'il se jetait sur son lit, il s'adressait de véhéments reproches et se jurait de mieux veiller sur lui à l'avenir.
II se croyait cependant très circonspect et prenait pour se rendre chez madame des Rônis les plus méticuleuses précautions. Seulement il était prudent î la façon des autruches. Il agissait comme s'il eût été enveloppé d'un nuage et, fermant les yeux, il s'imaginait être invisible aux regards d'autrui. Si sa passion
l'cùl moins absorbé, il eût rôflôchi ([ue SCS alhiros mystérieuses n'échapperaient pas longtemps à 1? clairvoyance de son entourage et de ses amis. En dépit de sa circonspection, on llairait déjà autour de lui une odeur d'amour, l'.erlains coups d'œil ironiques du docteur, certaines allusions voilées de Maurice Courtois auraient dû lui donner l'éveil : nuiis il était aflligé de l'aveuglement des gens heureux qui ne savent rien voir ni rien comiirendre de ce qui pourrait Irouliler leur béatitude.
I) ailleurs, une circonstance (juasi providentielle vint momentanéinenl endormir
"' LA SE TROUVAIT L AUBEP.Gi.
les «soupçons, en éloignant .Jacques de Juvigny. Bien qu'il fût un employé médiocrement zélé et assidu, il n'en appartenait j)as moins à un corps de fonctionnaires, et l'administration le lui rappela, en le chargeant de remplacer par intérim un agent qui avait obtenu un congé de maladie. En septembre, il reçut l'ordre de se rendre pour trois mois dans un cheflieu de canton du Verdunois, et d'y prendre le service. Encore que cette injonction le surprît brutalement en j)lcine fête, il fallait obéir. .Jacques conta le soir même la fâcheuse nouvelle à sa voisine. Les yeux de Sylvie se mouillèrent à la perspective d'une séparation si peu pré- XMe, mais elle conseilla à son ami de se résigner au départ.
— Assurément. soupira-t-cUe, en cette vie où les minutes heureuses sont si rares et s'écoulent si vite, c'est beaucoup que trois mois volés à notre bonheur. .Fen soulïrirai plus .que toi, cher petit; mais je ne veux pas que ta famille puisse m'accuser d'avoir été une entrave ; elle aura déjà bien assez de griefs contre moi I... Pars, mon mien, et dis-toi que je vais fort m'ennuyer quand je ne te verrai plus... Enfin, nous nous écrirons et tes lettres m'aideront à ])atientcr...
Ils se quittèrent, le cœur gros, et Jacques v'en alla le lendemain vers son lieu d'exil. Damvillers, où on l'envoyait, est un gros bourg à physionomie très campagnarde, situé entre Verdun et Montmédy. Il a été jadis fortifié par les comtes de Chiny, puis démantelé par Louis XIV.
Ses anciens fossés, transformés en vergers, entourent encore d une demi-ceinture verte ce grand village épars au milieu d'une plaine aux ondulations monotones et grises, n'ayant d'autre horizon qu'une colline en dos de chameau et de lointaines lisières de bois. Des maisons basses lux toits plats, crépies à la chaux, bordent la route ou s'alignent en carré autour d'une place poudreuse.
Là se trouvait l'auberge où Jacques avait établi son gîte.
Ayant peu de relations avec les habitants, tous cultivateurs occupés à faire valoir leurs terres, il vivait seul, mangeait seul, partageait son temps entre de fastidieuses stations au bureau et de solitaires promenades à travers une campagne sans caractère. Ainsi se passèrent pour lui les plus belles journées de septembre et d'octobre ; puis vinrent les pluies de l'arrière-saison, les frimas de novembre, et il s'ennuya au coin de son feu comme il s'était ennuyé en arpentant les chemins de la plaine. Son unique consolation était d'écrire de longues épîtres à Sylvie et d'attendre les réponses qui arrivaient toujours trop tardivement à son gré, et contenaient trop peu de détails. Madame des Rônis n'était pas une épistolière. Ses lettres, très tendres, mais très courtes, se bornaient souvent à une page où la veuve exprimait en peu de
mots son afFcction toujours croissante et son vif désir de revoir bientôt son ami. Cette brièveté désolait Jacques, il s'en plaignait. Sylvie s'excusait de son mieux, mais sans être beaucoup plus prolixe.
Au mois de novembre, elle lui écrivit :
« Tu me reproches ^=>s marges de ma dernière lettre ; celleci n'en aura pas, en seras-tu plus conteni?
Je vais être obligée de beaucoup parler, et cela me réussit rarement. Sache donc d'abord la cause de mon laconisme, qui me vaut ces « vous •> cérémonieux, semés mé ch a m m eut dans ton épître grondeuse.
Je suis en plein déménagement. Ma mère, qui était allée pour quelques mois chez ma sœur aînée, m'a écrit à l'automne que, décidément, elle resterait tout l'hiver et probableuîent tout l'été prochain cnez son gendre. Le climat de la Touraine lui convient mieux que celu' de Juvigny et il m'a semblé lire entre les lignes qu'elle rêve de s'yinstaller toutàfait.
Dans ces conditions, l'appartement de la rue des Tanneurs devenait beaucoup trop spacieux pour moi et, comme je n'avais loué que pour un an, j'ai cherché un autre logement plus économique. J'ai déniché à la ville haute, dans la rue du Tribel, un petit rez-de-chaussée qui m'a plu. Il est situé entre une cour et un jardin qui descend jusqu'au chemin de Polval, avec une porte sur les vignes. Tu pourras entrer par là, quand tu me rendras visite, et tu courras moins de risques d'être aperçu, car, à partir de neuf heures du soir, la côte est absolument • déserte. Le nid est charmant et il ofîre
une sécurité que ne nous offrait pas la rue des Tanneurs, où tu es trop connu. Je suis enchantée d'avoir trouvé ce biais pour dépister la curiosité des gens de ton quartier, et pourtant, au moment de m'en iJler, je regrette la terrasse des tilleuls, la maison où je t'ai vu pour la première
j'ai déniché
UN PETIT REZ-DE-CHAUSSÉE. .j
fois et qui est pleine de ton souvenir. Enfin Dientôt, j'espère, ta présence donnera au logis de la ville haute le même attrait et il nous sera cher, comme l'ancien. Hâte-toi donc de revenir et écrismoi très exactement l'époque de ton retour. Je t'attends avec impatience^ ami à moi ; je t'aime et je serai bien heureuse
de te le dire ici, de tout près, en t'cmbrassanl ;i chaque mot. Ce sera le niotnent le plus ilclicioux i)our moi, et aussi le plus désiro. Aime-moi bien à ton tour et accour. vile auprès de ta Sylvie qui est toute à loi. »
Lorsqu'elle parlait de la sécurité de sa nouvelle demeure et de la nécessité de dépister la curiosité des voisins de la rue des Tanneurs, madame des Rônis ne se doutait jias que cette curiosité était (\éjà très surexcitée et que les visites de Jacques faisaient l'-^bjet de peu charitables commentaires. .Madame Chantai en avait