‹ BoisfleuryChapitre 17 sur 23 · BANC RUSTIQUE · texte numérisé non relu

BANC RUSTIQUE

peu enclin à s'attendrir sur cet amour dont il était jaloux.

— Eh bien ! dit ce dernier avec une intonation plus conciliante, j'attends toujours ta communication...

— C'est que. objecta Chantai, elle est de nature délicate et, dans les dispositions où je te vois, je crains de te choquer de nouveau et de me heurter à un refus.

— Si je puis t'obliger, tu ne doutes pas, je suppose, de mon dévouement...

C'est donc bien gros, ce que tu as à me demander? »

— Non. mais...

— Laisses-tu ici des dettes que tu ne veux pas avouer à ton père? as-tu besoin

d'argent?

— Merci, il ne s'agit pas de cela...

Ce que je désire de toi est un de ces légers services qu'on ;>e rend d'ordinaire entre anjis... Seulement, connaissant ton humeur ombrageuse, je suis embarrassé pour t'en parler.

— Va toujours.

— Voici... Je pars demain, et j'ai fait tantôt mes adieux à madame des Rônis ; ils ont été douloureux et j'en ai le cœitr meurtri...

~~ Dieu sait quand

nous nousQ reverrons I Elle m'a promis de m'écrirc et.

Je mon côté, je lui donnerai longuement de mes nouvelles... Mais là est la difficulté. Sa mère revient habiter avec elle en octobre, et sa présence, sa surveillance soupçonneuse m'ôteront la possibilité d'adresser mes lettres rue du Tribel. Il nous faudrait un ami sûr, qui recevrait ma correspondance et la remettrait de la main à la main. Alors...

Tandis que Jacques avançait péniblement dans sa confidence, le front de Courtois se rembrunissait. Redevenu nerveux, Maurice hachait à coups de canne les innocentes campanules qui dressaient à sa portée leurs clochettes , bleues.

— Alors, interrompit-il ironiquement, vous avez pensé à moi I... Grand merci !... N'y compte pas ; le métier de Mercure, messager des dieux et des déesses, ne me sourit aucunement... Me vo* • tu me faufilant entre chien cl (oup, rue du Tribel pour déposer tes billets doux aul' nains de madame Sylvie?... On m'espici.nerait à mon tour et je passerais pour ton successeur aux yeux des gens de Juvigny 1

— Il ne s'agit pas d'aller chez ellel

s'exclama Jacques, intimement froissé de la désagréable hypothèse imaginée par Courtois ; Sylvie t'indiquerait l'heure et l'endroit où tu pourrais la rencontrer sans inconvénient, dans quelque église, par exemple, ou bien à la bibliothèque où tu es de service tous les jeudis... Tu lui glisserais adroitement ma lettre, et tout serait dit.

— Je suis très maladroit. Le bibliothécaire en chef, qui est rusé comme un vieux singe, s'apercevrait vite du manège et crierait au scandale... Je suis impropre à cet emploi ; cherche un autre commissionnaire.

— Maurice, je t'en supplie 1

— Non, déclara froidement Courtois, c'est impraticable, n'en parlons plus.

— En ce cas, répliqua impétueusement Chantai, je sais ce qui me reste à faire I

Il s'était levé et marchait à l'aventure, avec une exaltation qui effraya Maurice.

— Hein I quoi?... Que feras-tu? s'écria-t-il en courant après lui.

— Je ne partirai pas, j'enverrai ma démission et je ne quitterai pas Sylvie.

— Jacques, tu es fou I

— Fou tant que tu voudras, mais je ne m'exilerai pas dans un pays perdu, emportant pour toute consolation la crainte de voir celle que j'aime m'oublier peu à peu, parce qu'elle ne saura plus ce que je deviens. Tu comprends, n'est-ce pas?

que, ne recevant jamais de réponse à ses lettres, Sylvie se lassera de m'écrire... C'est fatal, ça, et ce sera la fin de notre amour... Non, mieux vaut demeurer à Juvigny.

— Et achevler de compromettre madame des Rônis, tout en gâchant ton avenir... Ça n'est pas sérieux.

— C'est très sérieux et tu le saurai dès demain.!

— J'avertirai ton père ; nous t'empêcherons de commettre une absurde sottise.

— Tu n'as qu'un moyen de m'en empêcher, c'est de consentir à ce que je te demande... Je t'en prie, Maurice, poursuivit Jacques en lui serrant les mains, au nom de cette amitié dont tu te montrais tout à l'heure si jaloux, ne m'abandonne pas ; sois indulgent pour un vieux camarade qui a pu te blesser incon-

• sciemment, mais qui t'aime de tout son cœur... Laisse-toi attendrir. Cela te coû-

tera si peu 1... Une lettre à remettre chaque mois à une femme qui t'en saura un gré infini, la peine ne sera pas grande et tu ne te reprocheras pas de m' avoir poussé à quelque acte désespéré.

— Il est clair, murmura Courtois ébranlé, que si tu me mets au pied du mur, je préférerai sjervir ta maudite passion que de t'exposcr à un coup de tête, dont tu serais le premier à te repentir.

— Alors, tu consens?

— Soit, mais c'est la carte forcée.

— Merci, mon brave Maurice, s'écria Jacques en lui sautant au cou, merci pour moi et pour madame des Rônis I

— Madame des Rônis m'est indiffénlc, rc'iar t dédaigne semcnl Maurice ; ce qui me décide, c'est qu'en t'aidant à entretenir cette passion rendue platonique par l'éloignement, je t'empêcherai peut-être de tomber do Charybde en Scylla, car tu es le plus incorrigible amoureux que je connaisse et, sans ce préservatif à distance, tu ne manquerais pas, dès ton arrivée à la Guerche, de te forger une nouvelle chaîne... Maintenant, Jacques, il est temps de retourner à Juvigny, si nous voulons y êtte pour l'heure du dîner.

— Non, je reste. Préviens seulement chez moi qu'on ne m'attende pas. Tu me retrouveras ici, quand tu remonteras avec nos amis. Ne pouvant passer ma dernière soirée avec Sylvie, je veux au moins la consacrer tout entière à mes adieux à Boisficury.

— Es-tu assez romanesque ! dit Courtois avec une ironique compassion ; amuse-toi bien, et à ce soir I...

Jacques était sincère en parlant de son désir de solitude. Il lui répugnait de redescendre à Juvigny, de se savoir à quelques pas de la maison de madame des Rônis et de subir la cruelle torture de n'y pas entrer. Au moins, dans ce taillis qui lui parlait d'elle, il pouvait s'isoler sans être obligé de se dépenser en conversations pénibles et de distraire son esprit de l'unique pensée dominante. Resté seul dans ce bois que l'obscurité envahissait peu à peu et d'où s'exhalait déjà une mourante odeur d'arrière-saison, il cédait à l'enfantine tentation de refaire un pieux pèlerinage à toutes les places où Sylvie et lui s'étaient promenés oendant une après-midi de mai.

Près de la porte d'entrée, les arbres éclairais laissaient voir les vignes mûrissante, et. au-dessus des collines pâlies, un large pan de ciel où le premier cpiartier de la lune brillait, pareil à un mince anneau d'or brisé, Jacques remonta l'allée en

fy

xz iir.icr. quartier de lune filtrait a veine sous bois

s'arrétant devant une vieille souche de rosiers où Sylvie avait arrache une rose précoce pour en fleurir son corsage. Il chercha le sapin où elle avait accroché sa voilette, le coin de potager où elle s'était cueilli un bouquet, le sentier étroit et tournant où ils marchaient serrés l'un contre l'autre.

La nuit était tout à, fait venue ; ic mince quartier de lune filtrait à peine, sous bois, quelques gouttes de clarté bleuâtre. Par instants, une feuille dont les fraîcheurs des nuits d'automne avaient desséché le pétiole, se détachait de la ^ branche et tournoyait

' " • dans le fourré avec

un mystérieux frôlement. Et ce frisson léger, ces rais de lune épars étaient comme des évocateurs de rêves. Pour Jacques, les moindres incidents de ces deux dernières années ressuscitaient et il passait en revue leurs fantômes flottants dans Tombre :

la première apparition de Sylvie sous les tilleuls ; les stations sous les orgues de Saint- Antoine pendant que les Utanies s'égrenaient et que les cantiques à la Vierge résonnaient sous la nef ; oh ! ces cantiques du mois de Marie, il ne pourrait plus désormais les entendre sans une déchirure au cœur !

Il se revoyait entrant dans le petit salon où les m /g-narc/ises répandaient leur parfum poivré. Il se rappelait les heureuses soirées vécues dans le mo desterez-de-chaussée, voilé d'aristoloches :

depuis la pluvieuse nuit de mai où il avait posé ses lèvres sur les palpitants yeux noirs, jusqu'à la veillée de juin où, dans la chambre tendue de vieille cretonne et embaumée de l'odeur de.« roses, Sylvie s'était donnée à lui...

Toutes ces félicités étaient tombées dans le passé comme au fond d'un lac insondable ; maintenant elles n'avaient pas plus de consistance qu'un rêve ; elles

Boisfl eury

étaient impalpables, inetrouvables. Ce soir, il gardait encore sur ses lèvres rinij>ression des baisers de la jeune fenmi'v;. et demain, cette impression ellemême serait évanouie, changée -^n un songe insaisissable ; .

demain, il s'en irait vers l'inconnu, dans cette bourgade où ne l'attendaient que les anxiétés de l'exil et l'aridité des besognes administratives; il serait séparé delà bien-aiméepar des lieues et des lieues. Z! aurait beau tendre les bras vers Ile, il n'étreindrait plus que le vide. Il serait sevré du charme de sa voix de la caresse de ses yeux, du miel de ces baisers qu'elle lu» prodiguait encore tantô^t. Elle languirait à Juvigny, au milieu de gens hostiles, et lui languirait au loin dans un continuel désir, dans une torturante angoisse...

Tandis qu'il roulait ces tristes pensées en son cerveau endolori, là-bas, du côté de Combles, l'aigre et sautillante musique des guinguettes retentissait de nouveau, appelant les danseurs au bal. Le contraste de cette joie lointaine avec l'état misérable de son cœur abattit Jacques au pied d'im sapin, des sanglots se nouèrent

dans sa gorge et il pleura comme un enfant...

Tout à ooup des clameurs montèrent à l'etrtrée du domaine, des lueurs multi- «colores trouèrent la feuiUée. C'étaient les

amis du cénacle qui arrivaient pour Je souper des adieux, et qui se répandaient dans les allées, en agitant de^ lanternes vénitiennes et en chantant la chanson de Boisfleury.

LA GCERCUE...

Jacques Chantai était arrivé à la Guerche à un moment où les pluies d'équinoxe arrosaient abondamment ce

coin du « Jardin de la France « et ne le laissaient voir qu'à travers un voile épais d'averses ruisselantes. Le bourg, peupkde cinq cents âmes, s'allongeait, resserré entre une colline boisée et la Creuse, roulant à ])lcins bords son eau jaune et torrentielle. Il se composait d'une rue unique, parallèle au cours de la rivière et dont les logis bas. écrasés sous des toits de tuiles brunes, s'alignaient de chaque côté de la route du Blanc. A l'entrée du village. en aval, un château du xv^ siècle, bâti par Charles VII pour Agnès Sorel, élevait à pic sur la Creuse ses six rangs de voûtes superposées et sa grise façade sculptée, cù le chiflre de la maîtresse favorite ornait les hautes fenêtres à meneaux. Une auberge modeste balançait son bouchon de genêts à quelques pas du château, sur le chemin dévalant vers le bac qui met en communication les deux rives. C'était là que .Jacques prenait pension et logeait dans une annexe contenant le bureau et une chami)re à coucher. Pendant les dix premiers jours de son installation, il n'en sortit guère, claquemuré par le mauvais temps et aussi par sa besogne administrative. La pluie battante fouettait les vitres de sa chambre, et noj^ait en de mouvantes buées les coteaux voisins, les toits fumeux, le paysage de la rive opposée. Il n'avait pour distraction que la vue des paysans enveloppés dans leur limousine et s'acheminant vers le bac, ou le passage des longues voitures de routiers suivant à la file la route boueuse. Il n'entendait que le bouillonnement sourd de la Creuse et re clapotement des ondées qui tombaient avec une continuité désespérante.

'"ette solitude, ce ciel couleur de suie, ce paysage inondé étaient du reste en harmonie avec son état d'esprit. Il éprouvait une morne satisfaction à constater la conformité de cette nature maussade avec le deuil de ses pensées. Il savait gré à la pluie d'étendre un rideau entre lui et le monde extérieur, de l'obliger ainsi à rentrer au fond de lui-même et à penser uniquement à l'amie dont il était séparé par cent vingt lieues. Jour par jour, il écrivait pour madame des Rônis de longues pages serrées, pleines de tendresses et de mélancoliques retours vers le passé. Quand les feuillets commencèrent à former presque un cahier, il les expédia à Sylvie de façon qu'ils pussent lui être

remis par la poste avant le 1" octobre, date fixée pour l'arrivée de tva mère ; puis il attendit anxieusement une réponse.

Il comptait les jours, calculait ie temps pendant lequel sa lettre voyagerait jusqu'à la rue du Tribel et faisait libéralement à Sylvie crédit d'une seanaine. Ce délai lui semblait moralement suffisant pour qu'elle répondît à son aise. Huit jours s'écoulèrent ; point de nouvelles. Alors il perdit patience, l'inquiétude le rongea. Etait-elle malade ou derechef tourmentée par la malveillance des gens de Juvigny? En tout cas, comment ne trouvait-elle pas une minute pour l'instruire en deux lignes des motifs de ce long silence? L'absence tissait-elle donc déjà entre eux sa toile d'oubli? Énervé, à bout de patience, agité par les doutes et les découragements que crée si rapidement la solitude, il écri\it, cette fois par l'intermédiaire de Maurice, une seconde lettre plus pressante, où les reproches alternaient avec les supplications. Puis il se remit à attendre, à supputer désespérément les jours et les heures. Enfin, le courrier lui apporta une oblongue enveloppe bleutée, dont la suscription lui dilata le cœur, et qu'il décacheta d'un doigt tremblant.

« J'en conviens, mon aimé, écrivait Sylvie, je suis dans mon tort : j'avoue également que je méritais une punition, mais tu as trouvé l'endroit sensible, car tu m'as fait pleurer. La tristesse, le découragement, et, plus que tout cela, le doute dont ta lettre était imprégnée, m'ont causé un mal affreux... Mon mien, rétracte vite ces vilaines pensées. Tu ne peux pas croire que je t'aie oublié ; dis-moi que tu ne le crois pas, que tu ne l'as jamais cru ; tu me dois cette réparation après la peine que j'ai ressentie en lisant tes reproches... »

Elle expliquait son retaro par les occupations que lui avaient données l'arrivée et l'installation de sa mère ; puis elle suppliait Jacques de lui écrirejîromptement, en indiquant le jour où elle irait attendre à l'église Saint-Étienne que Maurice lui remît une lettre impatiemment désirée.

« Donne-moi, continuait-elle, les moindres détails sur ta façon de vivre ; n'oublie rien ; les choses les plus futiles auront pour moi un vif intérêt. Ah ! si j'étais libre et maîtresse de mes actions, sais-tu ce que je ferais? j'irais moi-même te

porter ma r<^ponse, et je te prouverais si bien que tu ne me connais pas encore, que tu .-ne demanderais pardon de ta méchante épître. Et comme je serais heureuse de te pardonner I car dans ces moments-là on s'embrasse très fort, et je meurs d'envie de t'cmbrasser, ainsi que je le faisais dans ma petite chaml)rc de la rue des Tanneurs. Ici, les souvenirs que je garde de toi sont si tristes que je ne puis m'y plaire. La maison ne me parle que de nos adieux. Toute ma vie, je repenserai aux heures qui ont précédé et suivi notre séparation. Je ne sais comment on ne meurt pas de chagrin, car je croyais bien en mourir ce jour-là. Au revoir, mon aimé, je t'envoie tous les baisers que je ne puis te donner à pleines lèvres... »

Cette lettre repentante et si tendre coula un peu de joie au cœur de Jacques et le rasséréna pendant quelque temps.

Comme un bonheur n'arrive jamais seul, le ciel à son tour sembla essayer de lui rendre son exil plus tolérable. La pluie avait cessé, une jolie brise séchait les chemins, balayait les nuées et montrait enfin au nouveau venu le pays tourangeau sous son aspect aimablement hospitalier.

Les derniers jours d'automne sont charmants en Touraine. Le ciel est doux, l'air tiède ; le soleil met en valeur les teintes rougissantes des bois et des vignobles, la verdure des prés semés de colchiques lilas, et fait courir des reflets d'argent sur l'eau transparente des rivières. Une molle odeur de vendange et de regain circule à travers la campagne, et les habitants, amoureux de plaisir et de bonne chère, profitent des derniers beaux jours pour se ruer en noces et festins. Jacques ressentait îui-mème rinlluence de ce milieu sociable et accueillant. La détente opérée par les nouvelles reçues de madame des Rônis le disposait davantage à sortir de sa réclusion. Il ne pouvait se dispenser plus longtemps d'entrer en relations avec les notables de l'endroit, puisqu'il était condamné à vivre parmi eux, au moins une couple d'années. Il fit les visites obligatoires, fut reçu partout avec cette fine bonhomie et cette joviale humeur qui caractérisent les Tourangeaux. On s'ingénia à le distraire, à lui démontrer les agréments de la société locale, et on le convia aux parties de pêche, aux piqueniques, qui sont les distractions préférées de la fin de l'automne. Il se défen-

dait de son mieux, mais ne pouvait toujours refuser. Un matin, le régisseur du château vint lui annoncer le mariage de sa fille, qui épousait un notaire du voisinage, et l'invita au dîner de noces. Chantai cherchait à décliner l'invitation, sous un honnête prétexte ; mais il lut sur les traits du brave homme une telle déconvenue qu'il n'osa se dérober. Le père de la mariée lui fit entendre qu'il serait le seul

LE RÉGISSniR VINT ANNONCER LE MARIAGE DE SA FILLE.

fonctionnaire absent à la cérémonie, et parut même très froissé de son hésitation. Chantai craignit de désobliger un des gros personnages du bourg et accepta.

Au sortir de la messe de mariage, le repas de noce eut lieu au château, dans une spacieuse salle voûtée qui avait jadis servi de réfectoire aux gens de la suite d'Agnès Sorel. Au long de la table enfer à cheval, décorée de fleurs d'automne et couverte de victuailles, les nombreux

lOO

invites prenaient place selon leur importance et leur âge : les nouveaux époux et les notables au centre, les jeunes gens et les enfants aux deux bouts. Les costumes des convives olTraient des échantillons de toutes les époques et de toutes les modes : fracs élégants du marié (?t de ses amis, rustiques redingotes des parents de campagne ; robe de satin blanc de la nuiriée, jupes et corsages clairs des demoiselles d'honneur, toilettes voyanles

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