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L. Costa : Entretien divin. Saint-Pctrone

La manière de J. Av'anzi, brutale et crue, se retrouve dans une ancône de la Pinacothèque représentant le Cnicijifiiicnt. et qui a une grande analogie avec la fresque de Mezzarata figurant le Clirist giiérissa)it les

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infirmes. Une autre ancôiH\ à quatre compartiments, également à la Pinacothèque, avec, pour sujets, la 3lort de la ^'ierge, des épisodes de la vie du Christ et plusieurs saints, provient, sans aucun doute, du même artiste. Fort supérieur à cette composition est le Couronnement de la Vierge, œuvre aimable, d'une harmonieuse teinte ambrée et toute débordante de délicate mélancolie.

L'art de J. Avanzi provient directement des peintres primitifs de la Romagne : Vitale (1300...). de la noble famille Cavalli, dérive au contraire des miniaturistes dont nous parlions plus haut. Cet artiste est l'aimable et suave représentant du trcccnto Bolonais. Son culte pour la beauté féminine se traduit dans maintes peintures où il représente, de préférence, les traits de la Madone, ce qui lui mérita le surnom de Vitale délie 3ladone. La l'ierge trôuiJiit entre deux anges, signée de lui, qu'on voit à la Pinacothèque, est d'une grâce achevée.

Les mêmes qualités de distinction se manifestent dans la Madone d'une fresque de l'église Saint-31artin ; dans la Madone attribuée à tort, à Lippo Dalmasio, de S. Giovanni in J\Lonte; et dans la Vierge entre deux anges, réplique simplifiée de la fresque de Saint-Martin, au petit Musée de Saint-Étienne. D'ailleurs, en dehors de la fresque mentionnée. Vitale ne peignit que des tableaux.

Trois peintres subirent son influence.

Le premier, par ancienneté d'âge, est Simone, surnommé des Crucifix pour son habileté dans l'art de les représenter, comme en témoigne la grande croix, en bois peint, placée dans la chapelle Cari (église Saint- Jacque.s-le-JMajeurl , portant la date de 1370, et le crucifix colossal de l'église Saint-Pierre et .Saint-Paul, actuellement au Musée de Saint-Étienne. On peut voir de Simone, à la Pinacothèque, outre un portrait d'Urbain V, d'une assez bonne touche, plusieurs Couronnements de la Vierge, sujet qu'il aifectionnait entre tous. Dans toutes ces œuvres, qui portent sa signature et qui ne manquent pas d'agrément, Simone se montre avec évidence le disciple de Vitale, tout en exagérant les procédés de son maître. Le second continuateur de Vitale, est un peintre du nom de Christophoro, représenté dans la Pinacothèque de Ferrare, par deux tableaux, un Crucifiement, et Saint-François et Saint-Antoine, œuvres d'une délicatesse de touche comparable à celle d'un miniaturiste.

Fnfin, le troisième disciple, est l'auteur d'un Couronnement signé : Johannès de Cianel... f., au Musée de Saint-Ktienne, à Bologne.

Un artiste du xiV siècle, répondant au nom de Jacopo di Paolo, dans ses fresques de Mezzarata, subit visiblement l'influence de J. Avanzi.

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Comme son modèle il recherche exclusivement l'effet et il donne aux gestes de ses personnages une outrance qu'on retrouve dans sa manière même d'ombrer les visages.

L. Cosla : Peinture votive des Bentivogli. Saint-Jacques-le-Majeur.

Mais Jacopo di Paolo suit, au contraire, la technique de A'itale, quand il peint des tableaux. Notons, entre autres, à la Pinacothèque, un Coiironnciiicnt de la ^'/crge et un Crucifiement on l'artiste, malgré tous ses efforts, est bien loin d'atteindre à l'harmonie et au sentiment des personnages de Cavalli.

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Arrivons à Lippo Dalmasio i 135 2-1 4101, un des plus remarquables maîtres Bolonais du xiV siècle.

Il eut, comme Simone, une grande habileté dans la représentation des sujets pieux. La Pinacothèque conserve de lui un Coiiroiuicnient de la Vierge, portant la date de 1394.

Son œuvre la plus remarquable est le triptyque du Collège de Sainte-Croix, dans lequel il se révèle comme un des meilleurs maîtres de son temps. Le visage de la Madone, d'un ovale plein, rappelle la charmante Vierge dcl Velltito, dans la première chapelle, à droite, de l'église Saint-Dominique. On trouve, au Collège d'Espagne, un tableau de Lippo. Le JMusée de Saint-Petrone possède une jSIadouc à Venfant , signée et datée de 1407. Le père de Lippo était le petit-fils de Jacques Scanabecchi, appartenant à une bonne famille Bolonaise.

Ainsi, à l'origine du treceiito, l'impulsion donnée à la miniature vient en grande partie d'Oderisi. natif de l'Ombrie. La semence jetée par lui, trouvant à Bologne un terrain des plus favorables, devint, peu à peu, une plante féconde qui produisit des fruits d'une saveur exclusivement locale. Et c'est pourquoi l'influence des grandes écoles italiennes de l'époque laissa Bologne complètement indifférente. Les maîtres de la Romagne qui travaillèrent dans cette ville ne furent guère imités en peinture que par Jacopo Avanzi. Les autres peintres locaux suivirent Vitale, tout imprégné des traditions des miniaturistes.

Ouiii^ièine siècle. — Xous voici à la période pendant laquelle un nouvel esprit se répand sur la peinture d'Occident. Mais à ce mouvement artistique, Bologne demeure étrangère.

Jusqu'au m(3ment où la munificence de Bentivoglio attire auprès de lui les peintres de Ferrure qui dérivaient de Pisanello et de Piero délia Erancesca, c'est-à-dire au milieu du XV siècle, les artistes Bolonais, demeurés exclusivement religieux pour exercer sur la piété de leurs contemporains une influence immédiate, donnent à leurs compositions le calme et la douceur de la vie idéale, traduisent, par l'expression et le geste des saints personnages rejirésentés, l'abandon, le désir de l'audelà, l'humilité, la douleur.

Ces procédés de composition se retrouvent chez une artiste dont la naïveté charmante, bien plus que le talent, mérite la sympathie : il s'agit d'une élève de Lippo di Dalmasio, sainte Catherine de'Vigri, qui vivait vers 1460.

En 1456, à la mi-juillet, la construction du monastère de Sainte-

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Claire, dénommé Corpus Domiiiï, était achevée. Pour le peupler on fit venir de Ferrare plusieurs religieuses de Tordre de Saint-François. Elles

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