CHAPITRE IV
PEINTURE
Peinture by^ûiif/ne. — Très peu d'églises offrent, à Bologne, des mosaïques présentant des peintures chrétiennes byzantines.
Les seuls vestiges qui restent : La Vierge de la Confession, et les fragments de fresques, du 31usée de Saint-Étienne, ont dû, vraisemblablement, être exécutés par quelque artiste ayant travaillé à Ravenne ou aj'ant puisé son inspiration dans cette ville. La Vierge de la Confession ne doit pas remonter plus avant que la fin du moj-en âge.
Dans le tableau qui nous occupe ici, le caractère, malgré le mauvais état de la toile, est facilement reconnaissable à la couleur vernie qui est particulière à ce genre de peinture, aux ombres vertes des chairs, à ces hachures rehaussées d'or dont on devine encore les appositions, à l'en-
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semble reflétant cette impersonnalité qui uniformise, trop souvent, les types ou les représentations artistiques de cette époque, précédant la
Marco Zoppo : Peinture d'autel. Saint-Clément.
transtbrmulion de la basse antiquité en cet art indigène doù, principalement en matière architecturale, devait sortir, dans l'Italie du Nord, le style nouveau qu'on devait qualifier de roman.
Doit;icinc siècle. — Au xil" siècle, la peinture est représentée
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Bologne par un étranger : Cnovanni da .Modena, auquel on peut à coup sûr attribuer la fresque adaptée sur toile, qu'on peut voir au .Musée de Saint-litienne, et figurant certains épisodes de la vie des inartyrs Ktienne et Pétrone.
Selon Baldinucri, comme peinture du Xll" siècle, il fallait mentionner les œuvres d un certain Guido, qui aurait vécu vers 1173. et qu'on croit être le même peintre (îuido qui figure comme témoin à un contrat de mariage datant de 1143. -^lalheureusement les C(mipositions de cet artiste sont perdues, ce qui est fort dommage, car on aurait pu constater jusqu'à quel point il aurait subi l'empreinte de l'école précédant immédiatement la venue de Giotto : celle de Cimabue, Gaddi. Duccio, dont l'influence ramenait peu à peu l'art à la liberté, à la vie.
Treizième sicclc. — Nous arrivons ainsi au Xlll" siècle. 31ais l'époque où fleurit Giotto qui éleva si haut la peinture et qui peupla de chefs-d'œuvre la Toscane et une partie de l'Ombrie, ne donne à Bologne que des peintres très médiocres. Cette ville resta complètement en dehors du mouvement esthétique c^ui devait imprimer à l'art une orientation nouvelle. C'est à ce moment que remontent les œu\res de A'entura que nous avons cité au chapitre de la sculpture et qui, d a])rès .^lalvasia. serait l'auteur de nombreuses fresques disparues, hélas 1 aussi.
On chercherait en vain dans la Vierge peinte par Urso, en 1226, pour une petite chapelle dépendante de la Compagnie de la Charité, ou dans la peintitrc placée dans l'église du Saint-Sauveur, un effort d'art nouveau. Les corps sont raides ; l'expression des visages a peu de dignité.
Un peintre, du nom de JMarco de Lucques, travailla, l'an 1255. dans l'église du palais du Podestat. jMalheureusement il ne reste plus trace des œuvres de cet artiste, non plus que de celles d'Antonio Cicogna et de Paul deir Avvocato, mentionnés, en 12S6, dans un décret municipal. D'autres peintres répondant aux noms de Zanella, Jacopo et Gerardino, ne sont représentés par aucune œuvre permettant d'analyser leur manière et de les rattaclier au grand mouvement artistique dont la Péninsule était le théâtre, au XIII' siècle.
Çhiator^i'euic siècle. — X\i siècle suivant, 1 influence des grandes écoles qui florissaient, çà et là, en Italie, ne réussit pas à faire brèche dans les murs de Bologne. Pourtant les travaux de miniature y furent remarquables à cause de la célèbre Université qui fournissait aux artistes une inépuisable source de production. Tandis que partout ailleurs cet
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art était exercé par les moines, il constitua, au contraire, à Bologne, une forme d'œuvres due à des mains exclusivement laïques. Textes de jurisprudence, statuts, matricules des arts et des compagnies locales, missels et livres de chœur s'offraient à l'activité des peintres. Les ouvrages de jurisprudence, ainsi décorés, devinrent une industrie spéciale des plus lucratives. Partout recherchées, partout désirées, ces œuvres répan-
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F. Cossa : Madone avec deux saints. Pinacothèque.
dirent au loin le glorieux renom des miniaturistes de Bohjgne, à tel point qu'il n'est pas une Bibliothèque d'Euroj^e dans laquelle on ne trouve quelques exemplaires de ce genre.
L'art de la miniature avait déjà atteint, à Bologne, son éclat le plus pur,, le plus haut degré de sa splendeur, quand on commença, au XIV"' siècle, à peindre dans cette ville des fresques ou des tableaux. 11 est donc fort présumable que la glorieuse tradition et les expériences accumulées par les miniaturistes ont dû exercer une véritable influence sur les peintres Bolonais de cette époque. Kt la caractéristique de l'école de ■peinture, à Bologne, est de ne se rattacher précisément, en aucune
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manière, à lécole de Giotto ou à l'école siennoise qui formaient alors les deux grands courants artistiques inondant l'Italie de leurs splendides productions.
Et c'est pourquoi, avant d'analyser l'œuvre des peintres du XlV siècle, il faut dire quelques mots des miniaturistes. Dans le courant du siècle précédent, un artiste, célèbre pour son habileté et la fantaisie de son pinceau, était cet Oderisi da (Tubbio, qualifié par Dante d honneur de son pays. On sait, par des documents certains, que ce peintre, qui mourut en 1299. avait passé la plus grande partie de sa vie à Bologne. Nous ne pouvons ici nous étendre sur les œuvres d'Oderisi. Il suffira de dire « qu'en partant des formes antiques et en conservant les enseignements de la technique byzantine de la bonne époque », Oderisi réussit à produire une œuvre, ayant une vie et une physionomie à part, et représentée par plusieurs exemplaires dans la Bibliothèque vaticane, comme dans celles de Turin, de Paris, et du collège d'Espagne à Bologne. Quelques graduels de la Bibliothèque de .Modène ont été attribués à un Bolonais du nom de Franco, cité dans le Purgatoire (XI, vers 94-96). Est-ce à cet artiste qu'il faut attribuer les plus belles, les plus parfaites compositions de la miniature Bolonaise : les fameuses Dècrêtalcs de Grégoire IX (Vatican , celles de la Bibliothèque du Chapitre de la cathédrale de Plaisance, et plus particulièrement les Décrétales de Paris? La question est difficile à résoudre, car les documents font tout à fait défaut en ce qui concerne ce Franco dont on ignorerait le nom s'il n'avait été cité par Dante et dont Vasari, sans preuve aucune, voulait faire l'élève d'Oderisi. Mais ce maître n'en est pas moins un miniaturiste génial.
La dernière étape de la miniature Bolonaise est parcourue enfin, au XIV'' siècle, par un artiste du nom de Xicolo di Giacomo. Avec lui cet art commence à dégénérer. Et cela est tout naturel quand on pense que la miniature était devenue un simple métier.
L'exécution des teintes harmonieuses, la composition consciencieuse font place à un travail superficiel et réaliste contrastant, du tout au tout, avec les œuvres antérieures. Et néanmoins, ce qu'il faut retenir, c'est qu'en dépit de son réalisme, et peut-être à cause de ce réalisme, 1 art de Nicolo di Giacomo accuse cet individualisme puissant qui est la caractéristique même de l'esprit Bolonais. Et ce dernier artiste va fonder une école de peinture qui vivra, tant que de nouveaux courants, de nouvelles tendances esthétiques n'auront pas engagé l'art de la ville dans des voies entièrement différentes.
La peinture Bolonaise, au XW siècle, est inaugurée par Jacopo
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Avanzi, auteur d'une suite de fresques dans la petite église de Sainte- Apollonie, à ^lezzarata.
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