L. Costa : Couronnement de Marie. S. Giovanni in Monte
furent reçues avec les plus grands honneurs par la haute noblesse de la ville. Neuf de ces religieuses appartenaient à des familles Bolonaises et, parmi elles se trouvait Catherine de' Vigri, qui fut nommée abbesse ■d.u couvent et mourut en odeur de sainteté, le 9 mars 1463, à Tàge de
112 1501. OGXF.
quarante-neuf ans. On peut voir, dans une chapelle de l'église du Corpus Doniini, les restes de Catherine conservée en chair et en os et trônant ])armi les anges.
Ses œuvres : la Mcr^c à la Poiiiiiu-, placée dans cet oratoire, ainsi que la Vierge et le Christ bénissant, gardés dans l'intérieur du couvent sont d'une main bien naïve et attestent une singulière gaucherie d'exécution. Cependant, la Sainte-Ursule qui abrite sous son manteau des religieuses, et figurant à la Pinacothèque de Bologne, et un autre tableau semblable de l'Académie de Venise, dénotent plus de sûreté de m£iin.
liien supérieur à celui de Catherine est le talent de -^larco Zoppo qui séjourna quelque temps à Bologne, après avoir travaillé à Padoue sous la direction de Squarcione, et a\'ant de s'établir à Venise pour y fonder un atelier.
Entre toutes ses compositions, le tableau d'autel à grands et à petits compartiments dorés, dans la sacristie de Saint-Clément, l'église du Collège d'Espagne, mérite des éloges au point de vue du dessin et du coloris vraiment lumineux.
Au bas de cette œuvre intéressante sont inscrits les mots : Marco Zoppo da Bologiia fecit.
Seizième siècle. — Xous parvenons à un tournant de l'histoire artistique de Bologne. Xous sommes au moment où la Renaissance pénètre enfin cette cité, .^lais avant de nous occuper des artistes qui y apportèrent les premiers germes de l'esthétique nouvelle, voyons brièvement les causes qui a\'aient ju'-(iu'alors retardé, le magnifique épanouissement de l'art.
Pendant la première moitié du XV'' siècle, nous avons jui constater que les peintres étaient fort rares à Bologne. Les registres des compagnies en mentionnent à peine une trentaine, pour la plupart totalement inconnus.
La plus grande inirtie de ces peintres, y compris les scul]iteurs, les architectes, comme tous les autres corps de métiers Bolonais qui avaient aussi leurs corporations, étaient inscrits aux Sociétés des Arts, usage commun à toutes les villes de la Péninsule. Or, malgré les incontestables avantages matériels cjue de pareilles immatriculations procuraient aux adeptes, les règles rigoureuses de ces .Sociétés, leurs coutumes séculaires, les entraves que, surtout à Bologne, elles mettaient à la vie artistic[ue des affiliés, nuisirent plus qu'elles ne servirent au développement
PEINTURE 113
esthétique de la Renaissance, qui réclamait surtout 1 indépendance et la liberté d'action.
D'autres raisons contribuèrent aussi au retard du Riiiascimcnto à Bologne. Son caractère de ville éminemment médiévale ; les vieux édifices chargés de tours et de créneaux, bien faits pour décourager les nou-