BOI.OGXK
L'art gothique était traité ici avec une certaine désinvolture, puisqu'on dotait le.s portails latéraux seulement de pignons à ogives et qu'on surmontait les murs de jnliers, voire même de tourelles ogivales, sans grand scrupule de la vérité. Bien peu gothiques également les jambages des portails avec leurs larges surfaces destinées aux reliefs. Les avis touchant le dispositif de la façade donnèrent lieu à d'ardentes autant qu'interminables contestations, La construction des deux dernières chapelles latérales s'achevait, en 1479. et deux années i)lus tard, on commençait à élever le campanile.
3lais de nouvelles expertises étaient réclamées au sujet de la façade et d'illustres architectes chargés de nouveaux projets.
Bologne se partageait en deux cami^s : l'un penchait pour la conservation du caractère gothique ; l'autre, pour le seul ]irincipe de l'harmonie telle que la concevait la Renaissance.
Une pièce, située à l'extrémité latérale gauche de .Saint-Petrone, contient une trentaine des projets de la façade. Leur examen permettra de voir comment de grands architectes, comme Ariguzzi, Peruzzi, G. Romano, Vignola, comprirent la réalisation de la basilique en style gothiqtie. 3I.ais le choix se portera, selon nous, de préférence sur les façades Renaissance, parmi lesquelles le modèle de Palladio est de beaucoup le plus harmonieux.
L'art gothique, depuis longtemps tombé en désuétude dans l'Europe septentrionale, comptait au contraire encore, à Bologne, un parti puissant. C'est pourquoi Francesco Terribilia, nommé architecte de Saint- Petrone, à la place de son oncle Antonio, dut se ranger (1568- 1594) à l'avis des fidèles de l'ogive. 3lais le projet de façade présenté par Francesco Terribilia, pas plus que celui demandé à Domenico Tibaldi, alors occupé à la construction de grands palais, à Bologne, ne furent de nature à satisfaire les avis partagés.
Peu à peu, cependant, la question de la façade passa au second plan, tlans la hàle qu'avaient les Bolonais de voir s'achever au ]ilus lot l'intérieur du vaisseau el les voûtes de la nef centrale.
On ne pouvait plus, d'ailleurs, penser à l'exécution du jirojt-l ]>rimiiit de maître Antonio di \'incenzo, depuis qu'en 1563 le pape Pie 1\', ayant voulu réunir en un vaste et unique édifice les diverses écoles de l'Université contiguë au flanc oriental de Saint-Petrone, commanda à l'architecte Antonio Terribilia d'édifier l'Archigiiinasio. c'est-à-dire la nouvelle Université. Cet ordre du Pape empêchait, du coup, l'exécution du transept gauche de Téglise.
ARCHITECTURE
I.a \-oùte de la première arche, à l'extrémité de lu nef. fut exécutée, lan 1589, d après les plans de Francesco Terribilia. Bientôt des contestations s'élevèrent sur la solidité de l'édifice, mais surtout à propos du type de la voûte qu'on jugeait trop bas, eri désaccord avec le reste de l'édifice et qui fut l'objet d'attaques nombreuses. Carlo Carrazzi, dit le Cremona, se montra surtout acharné contre ce projet.
L'année 1626, on fit venir de Rome Girolamo Rinaldi, ([ui réédifia la voûte d'après le modèle de Terribilia, mais en renforçant les côtés.
Les travaux traînèrent jusqu'en 1659. Dix ans plus tard, l'église s'achevait par la construction de la niche du chœur. On eut soin de dissimuler, au mo\en d'une estrade avancée supportant le maitre-autel, cette niche qui coupait malencontreusement la perspective et la clôture obtuse des nefs transversales. Tel quel, néanmoins, l'intérieur de la basilique est superbe, en dépit des morcellements ou des réductions qu'en subit le plan primitif.
Si toutes les chapelles, décorées comme le projet primitif le voulait, eussent reçu des verrières, pareilles à celle de la quatrième chapelle, œuvre du maître allemand Jacques d'Ulm (1466", leurs
découpures ajourées, leurs pignons à ogives, la basilique de Saint-Petrone, unique dans .son genre, eût été digne de la plus haute admiration. Sa construction avait duré deux cent trente ans
kLkLIG"
Saint-Petrone.
Parmi les églises gothiques élevées par des ordres monastiques à Bologne, 5. Ma/'in dci .Se/"'/ est la plus intéressante. Commencée, en 138.^, sur les dessins de hVa Andréa .Nlanfredi, général de l'ordre des Servîtes, elle est loin de la majesté et de l'élégance de Saint-Petrone. Si caractéristique est la longue colonnade à laquelle se rattache un hard préau adossé à la taçade, à la manière des ])()rliques des anciennes
basiliques chrétiennes et qui se prolonge encore sur Tun des cotés de l'église.
Dans le domaine civil, on trouve peu de vestiges deTart gothique. Xous avons parlé plus haut du Palais Pcpoli. Les trois ogives à dessins et ses frises en terre cuite perpétuent encore l'ancien style.
S. -Maria d^i Servi. — Prcju.
Le Palais Communal ou Hôtel de Ville contient des vestiges d'architecture de diiférentes époques. Sa façade devait être reconstruite en grande partie, entre 1425 et 1435, après un incendie, par le célèbre Fiora vante Fiera vanti- dont nous parlerons plus loin. Le côté gauche du portail est le plus ancien de l'édifice. Le portique ogival à deux étages, enchâssé dans le mur, fut dégagé en 1888. Ses petites fenêtres et ses créneaux sont intéressants. Le côté droit du portail comprend la construction de Fioravante Fioravanti 11 a huit fenêtres colossales, très rap-
ARCHITECTURE
prochées les unes des autres et se détachant fortement du mur au mo}'en d'un encadrement en terre cuite. Cette spacieuse construction, portant
sur un r(^z-de-chaussée sans fenêtres et en forme de talus, donne à rih'iU'l de \'illc son cararlère \-érita1)l('. l'iie pente à ranijie intérieure, rommuni(piant avec l'autre jiarlie de l'édifice, permcltail au peui)le,
38 BOLOCiNE
et même à la cavalerie d'accéder de la première cour à la grande salle du conseil, dans Tétage supérieur.
Une massive tour à horloge, à plate-forme avançant sur cintres enclavés, s'élève au côté sud du Palais communal. Cette tour dont l'érection remonte seulement à 1444, fut exhaussée d'une élégante construction circulaire que surmonte une lanterne.
C'est au cours du xiV siècle qu'appartient un très riche édifice qui mérite toute notre attention : il s'agit de la Alercaniia ou Loge des Marchands. Elle est située sur la petite place Saint-Barthélémy, dans le voisinage de laquelle se dressent les tours penchées, et qui, avec la place Majeure, présente le plus grand intérêt architectural, à Bologne.
La Loggia dei Mercanti est un admirable exemplaire d'une construction gothique en briques (1382-1384). Le rez-de-chaussée forme une sorte de portique à deux ogives largement ouvertes. Les piliers à faisceaux correspondent exactement au corps de chaque arche. L'architecte Bolonais, Lorenzo di Domenico, surnommé Bagnamarino. sans doute auteur du projet d'après lequel A. de \'incenzo éleva l'édifice, a fort habilement effacé la fâcheuse perspective de deux arceaux coordinés par la disposition donnée à l'étage supérieur. Il a eu soin d'en déterminer l'axe au moven dune élégante chaire à baldaquin en marbre blanc c[ui forme, avec les deux fenêtres de marbre blanc à jour entourées d'un cadre de terre cuite finement décoré, une masse sj^métrique empêchant de remarquer que l'axe des fenêtres ne répond pas aux axes des arcades.
Des rosaces à figure sculptée, placées entre les arcades, ajoutent à l'effet. La large corniche, la bande de rosettes en briques renfermant les armoiries des familles nobles Bolonaises surmontant la frise à pleins cintres, les créneaux supérieurs, remontent à la fin du XV siècle, époque où la façade fut restaurée. I-e baldaquin reçut, dit-on. à ce moment, sa forme actuelle.
La Mercanzia forme un curieux assemblage de st\le toscan et de style de la Haute-Italie.
Xe quittons pas le xiV" siècle sans avoir ])arlé du collège d'Espagne, dont l'architecture caractéristique forme un retour à l'art lombard, auquel les architectes de cette période de transition du style ogival à celui de la Renaissance, qui offrit alors à Bologne une si grande vitalité, firent plusieurs emprunts : par exemple, l'arc surbaissé et le pilier à section octogonale.
Conçu par la volonté testamentaire du cardinal (iil Alvarez Carillo
ARCHITECTURE
d'Albornoz, archevêque de Tolède, pour servir de demeure aux jeunes Espagnols que la renommée de l'Université attiraient à Bologne, ce palais, projeté par un architecte inconnu, fut commencé en 1361 et terminé deux ans plus tard. C'est une sorte de cloître dont la spacieuse cour, avec préau à arcades, est entourée de deux étages d'arches en ■ segments posant sur des piliers octogones.
Collège d'Esp.igne. — Cour avec prénu.
Oiiin^iciuc sièiir. — I,es formes décoratives de la première é]jo([uo de la Renaissance ne furent adoptées à Bologne c^u'à une époque relativement tardive. Cela s'explique par la fabrication des ornements en argile qui donnent à la ville une physionomie si particulière. Les terres cuites rougeoient au soleil, autour des absides, des portes, des fenêtres, le long des parois, sous les voûtes di's maisons; elles environnent les camiianiles, les chapiteaux et les corniches.
Une autre cause du retard de la Kcnaissance à P.ologne proxient aussi de l'attachement des Bolonais à la tradition, de leur prédilection marquée pour le style gothir[ue, dans la construction des basiliques dont Saint-Petrone resta toujours le modèle.
Toutefois, on chercherait vainement, au xv' siècle, quelque important édifice religieux nouveau. T. es nrrhitertes ne font guère que modifier les églises déjà existantes.
bjiiii-J.icqucs-lc-Majcur. — Traiisforni;uion Je la nef par Pietro Ja Brersa.
La transformation de Sniiit-Jacqilcs-It-i^lnJciir est accomplie, en 1493, sous la direction de V. da Brensa.
La vieille église de S. Giovanni in Monlc. dont Toriginc remonte au XI' siècle, et qui s'élève sur rem])lacenu'nt d un lem])le païen, après avoir été réédifiée en 1221, et surmontée, en 12S7. de son ('am]ianil('. fut ensuite, dans les années 1407 et 1440 1442. reconstruite et agrandie. I-ln
ARCHITECTURE 41
1476, Domenico Berardi élève la façade, et Arduino Ariguzzi la coupole dans les premières années du xvr siècle. Puis cest la reconstruc-
*mr^
Chapelle des Pèies du Saint-Esprit.
tioii, l'an 1479, par Zilio di Rattista, de la Aladonua ili GitUicra^ qu'avait rommenrée Donato di Cernobbio et qui tombait en ruines ; la réédification. l'année 1481, de ré<)'lise, fondée, vinyt-cinq ans au])arav;int, ])ar
sainte Catherine de'Vigri, confiée aux architectes ^larcliionc da Faenza et Bartolomeo di Dozza : le Corpus Doinini.
Parmi les constructions religieuses, citons : l'église de 5. Michèle in Bosco, commencée en 1430 par les Frères Olivétains dont le couvent s'édifia, vingt ans plus tard, aux frais publics, et auxquels devaient être ajoutés, de 1514 à 1523, le campanile et le réfectoire, puis, vers la fin du XVI" siècle et au commencement du xvir, le cloître du milieu et (luelqu;'S annexes.
Un autre édifice religieux, l'église Spirito Santo. est construit, de 1481 à 1497, par les Pères du Saint-Esprit, dans le style de la .Madonna di (Taillera, avec des corniches de consoles couronnant le faîte et un entresol, orné de petits piliers encadrant des médaillons à la lombarde.
1, 'extrême limite de la tradition gothique, à Bologne, est rei'résentée juir l'église de V AiDiii ii^ialû, hors de la porte d'Azeglio. dans la cour de l'arsenal militaire. I-'dle fut édifiée 1475 jiar les Frères .Mineurs de l'Observance, cpii élevèrent aussi le beau préau, à arcades à plein cintre avec colonnes ornées de chapiteaux du plus pur st3de Renaissance, sur le modèle des chapiteaux du préau de Saint-Jacques-le-3lajeur (1478-1481).
Il faut mentionner maintenant la famille des Fioravanli I.'un d'eux. Aristote, C(ui devait édifier, en 1475, l'église du Kremlin, fut ingénieur des fortifications et dirigea les tra\aux de reconstruction du Palais du Podestat '1456 et 1468'. A son père Aristote est du une partie du Palais Communal. La façaih; de cet édifice, à laqutdle nous avons déjà fait allusion, attire l'attention ]>ar sa grandiose harmonie. La grande cour intérieure renferme un jiréau, intact encore sur trois côtés, aux arches à cintre surbaissé, et rjuelques fenêtres dont on combla l'angle aigu frontal ([uand on les remplaça jnir li's ouvertures rectangulaii^es actuelles.
Cet édifice est un des jiremiers dans lequel la tradition gothicpie. ayant présidé à la forme des fenêtres et aux motifs ornementaux, s'unit à un prélude de l'art nouveau revenant aux arches rondes. Kt c'est là l'intérêt de premier ordre de la partie du Palais Communal édifiée par Fioravante Fioravanti.
Après sa mort, l'arclutecture civile reste quclrjue temjis fiilèle aux motifs traditionnels du st\le arclii-aigu. Nous en trouvons des exemples earactéristiciues dans le /'niais Palloli (1465; avec son double préau orné d'élégantes terres cuites; le Pcilais Poeti (vers 1475 , intéressant par son man(|ue de s\-mélrie voulu; le Ptrlais Je Siinoiiis.
ARCHITECTURE 43
Ouelques considérations s'imposent ici sur lestendances architecturales du moment.
Les façades des maisons se développent le plus souvent en largeur. Le voisinage des demeures empêche la création du corps de logis avec portail central. Les entrées s'ouvrent sur les parties latérales, pour des
Palais des Drapiers, maintenant Malaguti.
raisons de commodité. L'étage supérieur, avec ses appartements de luxe et ses vastes salles, est éclairé par une rangée de fenêtres reposant sur une étroite corniche en ruban correspondant aux arcades du rez-de-chaussée et, pour cette raison, fort éloignées les unes des autres. Au-dessus, se trouve, habituellement, un demi-étage très bas, à fenêtres debout ou couchées, ou à lucarnes rondes. Une corniche, élégamment dentelée et à consoles rap]:ir()chées, couronne l'édifice. La construction type de l'époque est celle tlu Palais Fa va.
.^UMUil)nn()ns le /'ûIû/'s t/rs Di-i/p/i'/s. place Kavcgnana. rapjielant.
prétend-on, larchitecture du palais Bentivoglio, détruit, en 1506, par le peuple et qui avait été construit, l'année 1460, par Tarchitecte Pagno di I.apo Portigiani de Fiesole '1406-1470).
Le Palais Isola ni représente le dernier exemple important de la tradition du stj-le aigu dans l'architecture civile. Il fut commencé, vers le milieu du XV'' siècle, par ce même Portigiani, dont nous venons de parler.
L'ornementation des chapiteaux corinthiens du préau fut exécutée par Antonio di Simone ;i453)-
Cet attachement persistant au vieux svstème architectural, à P>ologne, provenait de plusieurs causes.
Tout d'abord, l'orgueil dos antiques et glorieuses traditions communales et le désir de perpétuer, même dans l'ambiance matérielle, les vieilles idées qui avaient contribué à conserver à la ville les libertés statutaires.
Une autre raison de cet attachement aux anciennes formes architecturales provenait de la prolongation indéfinie des travaux de Saint-Petrone, suivant les formules gothiques auxquelles tenaient les Bolonais, alors que ce stjTe n'avait plus de vogue nulle part ailleurs. Enfin Bologne n'employa guère, au XV- siècle, cjue des ingénieurs, constructeurs, maîtres-maçons lombards, et n'eut pas.
Saiiit-J;icqiics-le-M,ijeur. — Préau à arcades.
ARCHITECTURE 45
comme d'autres villes, la chance d'hospitaliser un de ces grands partisans du nouveau système constructif , aussi correct qu'élégant, dont Brunellesco, tout d'abord, Alberti et Rossellino ensuite, s'étaient faits les divulgateurs en Italie.
Néanmoins le style toscan apparaît dans quelques chapelles Bolonaises; par exemple dans la chapelle des Bentivogli, à Saint-Jacques-le-
Place du Théàlre. — Sainte-Cécile el préau de Saint-Jacques-le-Majeur.
31ajeur. Elle fut commencée en 1445 et terminée en i486, quand Giovanni II obtint l'autorisation de l'allonger en rognant les dimensions de la petite église voisine de Sainte-Cécile. Mentionnons encore : la chapelle Marescotti, à Saint-Martin ; la chapelle des Anges, à S. Vitale; celle de l'église de la ^Miséricorde ; certaines chapelles de S. Giovanni in Monte.
Désormais l'architecture liolonaise accepte résolument le style Renaissance. Il triomphe dans le préau qui court le long du ilanc de V église Sahit- Jacqiics (it qui fut construit, en partie, à frais publics (1477-1487), avec ses 34 arches voûtées sur colonnfjs cannelées. La chronique laisse à Frate
Giovanni Paci di Ripatransone l'honneur du projet dontlexécution fut confiée à Crasparo Xadi (1418-1504 , qui travaillait souv'ent pour tiiovanni II. L'idée de ce préau provient, sans nul doute, de Bentivoglio qui, probablement, supporta la majeure juirtic des dé])(>nses Saint-Jacques était
Palais Bevihicqiia. — Façade.
aussi l'église de la Cour duSi£'no/-t\ dont le palais, tout proche, se trouvait .sur l'emplacement où fut édifié, au XYllT siècle, le théâtre municipal. A (iiovanni II Bentivoglio est dû le charmant portique de la Madoinm dcl Biirracaiio.
C'est à cette époque qu'il faut jjlacer les œuvres des architectes lombards Pietro da IVcnsa et de son fils (iiovanni.
ARCHITECTURE
Parmi les tra^'aux de ce dernier, citons, avant tout, le couvent des Pères Carmélitains, à Sn/iif-Mûrhii-Majeur. L'antique église de ce monastère fut, en grande partie, reconstruite, de 1491 à 1500, sous la direction de cet architecte. Toutefois, l'intérieur, avec ses trois nefs, conserve à tel point la forme du style archi-aigu, florissant à Bologne au XlV siècle, qu'il est hors de doute que les travaux de cette période se bornèrent à de simples restaurations et à la seule reprise de quelques dessous de voûtes. Giovanni da Brensa construisit aussi.
dans les bâtiments conligus au mona.ïtère, sur un étage édifié (1454-1461 , par un Tomaso da Imola, lieux autres prèau.x du cloître, qu'on peut voir encore via 31arsala.
: Le père de Giovanni.
Pietro da Brensa, travailla, on s'en souvient, à l'église des Ermites (Saint- Jacques-le-.^Iajeur:, dont il refit la voûte et la coupole, endommagées par un tremblement de terre. 11 exécuta ensuite, dans les premières années du x\'i"-' siècle, au couvent voisin.
Palais Bcvilacqiia. — Fenêtre.
une série de travaux sur lesquels il serait trop long de s'étendre, et la façade du Palais du Podestat.
C'est à un autre artiste lombard, Donato di Gaio da Cernobbio, qu'est due la façade si richement décorée, de la Madonna di (jiiliicra, mentionnée plus haut.
Les l')enli\'ogli, surtcjul ( liovanni II, (•ontribuèrciit ]>()ur une large part aux nombreuses constructions dont Bologne s'enrichit, pendant le cours du XV" siècle.
Indépendamment de sa belle demeure, aujourd'hui détruite, Giovanni II acquérait, en 1484, un bâtiment construit par la famille Sanuti (actuellement Palais licvilacqita). Francesco di Simone Ferrucci da Fiesole, auteur du monument Tartagni, à Saint-Dominique, fut l'architecte de cet édifice magnifi(iue.
(riovanni II reconstruisit, en grande partie, l'intérieur, et orna la cour d'un préau à deux étages, à colonnes corinthiennes cannelées surmontées d'une tablette, ([u'entoure une frise, avec des personnages à micorps, se terminant en volutes entrelacées et soutenant une coquille ouverte d'où s'érige, de profil, une tète classique laurée, exécutée à l'em porte-pièce.
Nous avons déjà mentionné plusieurs palais datant de la belle période de la Renaissance. F'architeclure civile présente à cette époque un attrait tout spécial, tant par le nombre que par la richesse de ses monuments. L'obligation de s'abriter des neiges ou des fortes chaleurs, habituelles à Bologne, firent adopter les préaux en quantité, créant ainsi une architecture exclusivement horizontale, dans laquelle le rapport entre la hauteur et la largeur n'est pas observé. Les portiques devinrent rapidement l'ornement de la ville. Pour donner plus de noblesse aux palais, les architectes Bolonais de la Renaissance ornèrent de terres cuites, comme au siècle précédent, les corniches, le pourtour des arches, les montants des fenêtres ordinairement rondes, souvent à deux ouvertures et pourvues des classic^ues palmettes en briques. Dans les cours intérieures, l'art resplendit dans les terres cuites ornementales du rez-de-chaussée, et souvent autour des arches des galeries supérieures, au jioint (pion a pu dire, avec raison, cpi'il n est pas de cours de palais, en Italie, où res[)rit de la Renaissance s'empare du voyageur, comme à Bologne.
Un des t3'pes les plus caractéristiques à cet égard est, sans contredit, le Palais Fava :
Cette habitation fut construite, en 1483, pour la famille Ghiselardi ou Ghislardi, par (iiulio .Montanari, probablement un Bok)nais. Le grandiose portitiue du palais s'appuie sur des cha])iteaux romp<3sites. Au premier étage s'ouvrent les fenêtres à double ou\erture, richement ornées ; au second étage, une file de fenêtres à arc surbaissé et à jambages ornementés. L'édifice se termine par une grande corniche à consoles, parées de coquillages, de feuillages, d'ovules et de dentelles, et, couronnant le tout, quelques groupes de créneaux qui représentent un des derniers exemples de ce motif adopté comme décoration.
ARCHITECTURE 49
La cour du Palais Fava n"est pas moins riche. Elle est pourvue de
deux préaux, des deux côtés parallèles à la rue. Dans la partie supérieure, opposée à l'entrée, se voit une galerie très élégante, à petites
arcades supportées par de hautes colonneltes. Au côté étroit, à gauche de l'entrée, l'étage supérieur en saillie repose sur quatre grandes consoles richement ornementées de feuillages.
Les formes des colonnes du Palais Fava. surtout celles des galeries
supérieures, par leur élancement svelte et le couronnement des chapiteaux à quatre feuilles, aux angles de la plinthe, se repliant brusquement en dessous ])our entourer l'extrémité du fut, se retrouvent dans beaucoup d'autres cours de l'époque, par exemple dans le cortile tlu Palais Gli isi I icri.
actuellement Hôtel Ijrun , construit en 1491. La Maison ch's Carra clic, élevée par le jurisconsulte Agostino Bero (1474-1554), célèbre légiste et très influent personnage ])olitique de l'époque, offre encore un exem- ]3le, non sans analogie, avec le j^alais Fava.
XoiniiKins enfin, avant de ])asser au siècle suivant, le /\7lais Felic!ni-Paîlav/ci7îi {i^gj-i^zS]^ comme l'un de ceux où les caractères de l'architecture locale de l'âge d'or du Rinasciincnto sont les plus heureusement développés. La décoration, sobre et calme, l'élégance des proportions font de cet édifice l'un des plus remarquables deBologne.
Prcau.
Sc/^ièiiii sii-ili-. ■ — Au commencement du xvi" siècle il y eut un
ARCHITECTURE 51
ralentissement dans l'activité constructive des sim]des particuliers Bolonais. Mais cet arrêt augmenta du coup la fièvre île hàtir chez les ordres religieux. La cause provient en grande partie de la chute des Bentivogli (1506) et du rétablissement, qui ne devait pas durer moins de deux cent quatre-vingts années, du gouvernement de TEglise. Aux petits oratoires se substituent bientôt les grandes basiliques; aux cloîtres restreints.
décorés déterres cuites d'un goût archaiV[ue et des traditionnelles petites galeries, succèdent les grandes C(jurs à plusieurs étages, à fenêtres rectangulaires, et dans lesquelles les ordres classiques architectonic[ues se superposent plus savamment que jadis.
l'aniii les ri)nstructi()ns religieuses du X\'l" siècle, il faut citer le CLinqjanille et le réfectoire du couvent déjà mentionnés de 5. MÏl'IicIc' in Jiosro, sur une colline, dans un agréable site, en dehofsde la porte d'Azeglio. La grande partie de cette construction fut entr(>pKise après le retour, en 15 14, des moines Olivélains (|ui a\aient fui ce lieu au moment où César lioreia investissait lioloone.
C'est au premier quart du xvi' siècle quR semble devoir être attribué le vaste cloître de la Chartreuse, dit de la Chapelle. Ce'cloitre, un des plus intéressants qu'on puisse voir, doit sa distinction à la pureté des
l' i-.iciu; l'.iJavKJiii
lignes et ne peut être comparé à aucune des autres constructions Bolonaises de ce genre.
Un monument datant de cette époque (15 16), mais d'un genre diamétralement opposé, est le prèaii de l'église Saiiit-Barthélciuv, où le luxe de la décoration l'emporte de beaucoup sur l'architecture. L'église fut réédifiée, l'an 1655, mais le portique est resté le même, et sa construction (15 16-1530) a pour auteur un célèbre ïirchitecte : Andréa da Formigine.
A ce maître et à sa famille se doivent la plus grande partie des
ARCHITECTURE
décorations en bois qui enrichissent les portes, les églises, les ancônes, les autels de Bologne, ainsi que maints chapiteaux à moulures de briques délicatement ornés : tous travaux témoignant d'une véritable puissance créatrice, non dépourvue de goût. Nous renvoyons au chapitre suivant l'examen des œuvres sculpturales de Formigine et de sa famille. Nous n'avons à nous occuper ici que de Tarchitecte.
Chartreuse. — Cloître de la chapelle.
Dans ses constructions civiles, Andréa montre des qualités éminemment éclectiques. Nous en avons la preuve en examinant le Palij/s Faiitii^;i '1517-1521), dérivé éloigné du t^qjc de construction, dit /'//.y/Z^/zc, qui avait trouvé sa plus fameuse illustration dans le Palais Pitti, à Florence.
C'est au même Andréa qu'on attribue le Palais J^lalveiii-Campeggi (1548). La cour est occupée par un préau. Les arcades inférieures voûtées reposent sur des chapiteaux doriques ; les galeries supérieures, voûtées également, sont soutenues par des chapiteaux ioniques, selon toutes les règles de l'architecture classique. La façade dorique est due au fils d'Andréa, (iiacomo Formigine.
BOLOGNK
Arrêtons-nous devant le Palais Salina-Amorini-Bologniiii. 11 fut commencé en 1525 et n'aurait été achevé qu'en 1551, par un certain
'Tiovanni da Francesco.
11 faut mentionner aussi le Palais Albcr- ,i;ati. dont la construction remonte à 15 19. Pierre (le Côme, entrepreneur, y travailla dès l'origine. Puis on y apporta des modifications dans le style de la seconde Renaissance.
Les fenêtres du premier étage furent mises en place en 1540, sans qu'aucun document permette de les attribuer à Baldassare Peruzzi, comme on la cru longtemps. I.a magnifique corniche de Lazzaro Casario date de 1584.
A cette époque. G.
Parozzi, surnommé le Vinnola, d'après sa ville natale, élevait à Bologne deux constructions c^ui lui tirent grand honneur. La première, le Palais Bocihi (aujourd'hui Piclla], date de 1545. La seconde (Tuvre de Barozzi est la Palais Malvezzi-Campc;j,i. réédification du Portique
dci Banchi, sur la place Majeure, juste en face du Palais Communal 'i56o\
Passons maintenant à deux des meilleurs architectes qu'ait eus Bologne, à la fin de la Renaissance : les Morandi, surnommés Terribilia, Antonio et son neveu Francesco.
Parmi les travaux d'Antonio Terribilia. ([ui mourut en 1508, il laut
citer ses constructions du monastère de S. Giovanni in Monte (1543) et du couvent des Dominicains (1542-1552).
,Mais l'édifice qui fait leidus d'Imnneur à cet architecte est, sans contredit, le palais des Ecoles ou Ai'c'/i/ggin(7\/o, dont la ronstruction remonte
Cour du Palais Malvezzi-Campeggi.
à 1562. Cet édifice, d'un ensemble grandiose, bien ([u'un peu lourtl, consiste en un portique de 13g mètres de longueur, à 29 arches, à colonnes de pierres, et en une ligne de fenêtres ornées de deux piliers soutenant un pesant fronton avec les armes de Pie IV, du cardinal Borromée, du vice légat Cesi, du Sénat et du Peuple Bolonais. Une corniche en bois sculpté complète l'édiiice. Une grande porte, enrichie de sculptures en pierre avec emblèmes des Sciences et des Arts libéraux, donne accès dans
la cour. On y trouve deux étages de galeries à piliers couverts d'écussons à reliefs et peints. En face de l'entrée est la chapelle, construite sur remplacement de l'ancienne église et du cimetière de S. Maria
ciel Biilgari. dont elle a conservé le nom . J. "étage supérieur sert aujourd'hui à la Bibliothèque communale. L'Université a été transférée, en 1803. au palais Poggi.
Francesco Tcrribilia, qui vécut jusqu'en 1603, fut attaché, après la mort de son oncle, à la construction de Saint-Petronedont il éleva la grande voûte, modifiée par G. Rinaldi. Il fut surtout employé dans la restauration d'édifices publics. Son style personnel se rapproche beaucoup du baroque, comme on peut en juger par la citerne du Palais Public qui coûta plus de mille écus et qui est actuellement dans la cour de l'Académie des P>eaux-Arts.
Modifications de l'arcliitcctiire à la fin du seizième siècle. — A la fin de la Renaissance, l'architecture a perdu son élégance et sa pureté. Aveugle esclave des lois de Vitruve, interprétées avec rigorisme par les constructeurs à la mode du jour, elle devient de plus en plus scientifique, et, partant, toujours plus creuse. L'imitation est sa règle. Elle brouille tous les styles sans arriver, désormais, à provoquer les contrastes toujours inédits qui avaient fait le mérite des artistes de la génération de Bramante. Elle place des étages saillants sur des étages
Pal.iis Bolognini. ~ Partie de la façade.
ARCHITECTURE
unis, élève des attiques, des pronaos, érige des cariatides énormes et contournées pour soutenir des poids minimes ; elle fait un emploi irraisonné de frontons posés de guingois, de travées, de saillies de toutes sortes. A cette dernière période, qui n'est guère qu'un écho de la Renaissence et qui a donné peu d'édifices intéressants à Bologne, appartiennent, sans compter Terribilia jeune, quelques architectes locaux ou étrangers.
Ardiigginasio [pavillon). — Partie de la façade
Nommons tout d'abord le Bolonais Pellegrino Tibaldi (1527-1597), que nous retrouverons au chapitre de la peinture. Comme architecte on lui doit, à Bologne, la façade (1560) du beau Palais Poggi, siège actuel de l'Université; la chapelle du Baptême de Notre-Seigneur qu'il aurait décorée et ornée de stucs, à Saint-Jacques-le-Majeur, vers 1562; enfin le Palais Marcscalchi. et la villa Guastavillani a Barbiano, tout près de
Le frère de Pellegrino, Domcnico Tibaldi. entre autres travaux, est l'auteur ilu préau et du Palais Mat Ici, l'Hôtel d'Italie actuel, édifice
B0L0GX1-:
d'architecture correcte, à piliers superposés, avec une belle cour et de vastes salles. Il éleva la façade du Palais Magnani-Giiidotti actuellement Malve:i:ii-Campcggi .
Une des œuvres les plus importantes de D. Tibaldi se voit à la cathédrale de Saint-Pierre.
Ta re-^tauralion de retu> és^lisp fut inaugurée (1575 . par le portail,
œuvre de Domenico. La grande nef fut édifiée par lui, en 1605, ]ieut-ètre sur le plan dun Bolonais, Ambrogio .^lagenta, Barnabite. Une voûte à tonnelle, fortement surhaussée, repose sur les poutres des arcades ornées d'une large frise à arabesques et dune corniche très avancée.
I.a riche architecture intérieure rappelle fort le Gesii de Rome.
I.a grande nef fut seulement ornée de sa façade baroque de 1746 à 1748.
Le Palais archiépiscopal^ avec son petit préau bien proportionné, fut construit par Domenico Tibaldi au moment de la restauration de la cathédrale.
Citerne dans la cour de r.Acadcmie, de Francesco Terribilia.
Un artiste qui sut, pour une
fois encore, s'inspirer, dans ses
compositions, de la simplicité
et de la grandeur antiques, est
Bartolomeo Triachini. On lui doit le Palais Raiiii;;i-Lai)ihcrtiiii .
Commencé vers 1541, il ne fut achevé qu'en 1630.
Triachini se montre ici un architecte composite, quoic^ue influencé par le style baroque. L'édifice est pourvu d'un riche portique à architrave. Mais l'intérêt de ce palais consiste en ce que, dans la façade, paraissent, pour la première fois, les fenêtres à pignons rompus et à voûtes horizontales. Les arcades sont remplacées par des voussoirs. Puis, demeurant fidèle au classique, Triachini fait porter le mur supérieur sur une rangée de colonnes à frise de trighphes, un peu minces par rapporta la construction.
ARCHITECTURE
On attribue à cet architecte la riche et élégante cour de l'Université (Palais Poggi).
C'est également à Triachini qu'est dû le PûIû/'s Mûlvc^j/'-MccIic/. construction sévère et rectiligne dans les gradations des trois ordres appliqués aux colonnes : au rez-de-chaussée, le chapiteau dorique; au premier, le chapiteau ionique; à l'étage supérieur, le chapiteau corinthien.
Enfin le plus sincère des maîtres de cette génération, Andréa Palladio
Palais Magnani.
(150S-1580), composa le dessin de la construction médiane du grandiose palais Ruini, servant actuellement de tribunal {1572).
Dix-septième siècle. — A partir de cette époque l'architecture accentue encore son changement de direction. Néanmoins, Bologne, en matière d'architecture et spécialement dans la partie décorative de celle-ci, s'est tenue, au XVII" siècle, assez à l'écart du st3'le baroque qui faisait ailleurs de grands progrès, avec ses formes guindéees et curvilignes, ses colonnes doubles et ses piliers couplés, ses tours de force reposant sur des illusions de perspective.
Les quelques architectes à citer sont : Floriano Ambrosino (|ui construisit, dans l'église Saint-Dominique, la chapelle dll saint, toute revêtue de mar1:)re et dans laquelle la richesse des couleurs et des décorations réduisent les lignes architecturales à un simple accessoire.
Le peintre Gérôme de Trevise. auteur du dessin de la façade du Palais yiarchrsiiii.
Dans les vingt premières années du XVll- siècle, nous trouvons.
Xiclie du cliœurdu Dôme ^Sjiiit-PjcrrcM. par D. Tibaldi.
comme architectes emploj-és aux travaux de Saint-Petrone : G. B. Ballerini, Scipione Dattari, Francesco Guerra, les deux peintres Prospero Fontana et Bartolomeo Cesi, Carlo Carazzi, surnommé le Cremona, Lorenzo Pisanelli, Dionisio Boldi.
Pietro F"iorini construisit, en 1602, à S. Michèle in Bosco, pour les moines Olivétains, sur le modèle du Belvédère du Vatican, le
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cloître, dit des Carrache, parce que Louis Carrache et ses élèves peignirent, sur les parois, en 37 compartiments, les histoires des saints Benoît, Cécile et Valérien (1604). Ce qu'il en subsiste ne peut malheureusement plus donner une idée suffisante de ces grandioses compositions par lesquelles l'école de peinture Bolonaise avait jeté un de ses derniers et plus brillants éclats
Palais Ranuzzi-Lambertini.
Un autre architecte. T .Martelli, est l'auteur du canipaiulc de la Chartreuse, d'une Ijelle hauteur, élancé, et d'un style classique si élégant qu'on le dirait des premières années du XVI" siècle. Sa construction consiste en piliers ioniques superposés. Dans l'étage du haut, entre les piliers accouplés, une grande fenêtre géminée éclaire la chambre des cloches. Au-dessus s'élève, du milieu de quatre clochetons pointus, la in'ramide tic couronnement.
C'est encore à .Martelli (ludn doit la construction de ïrelisc Sai)it-
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Siiuvciir. L'intérieur rappelle les édifices de la Rome impériale, quelque therme du temps de Dioclétien et de Caracalla.
Disons, en terminant, quelques mots sur l'architecture civile. Plusieurs palais du XVII'^ et même du XVIU" siècle, se distinguent par leurs dispositions spacieuses et leurs larges escaliers. Un moyen très en vogue consiste à éclairer ces escaliers par une ouverture placée à la voûte et permettant ifinsérer, à l'étage supérieur, une fresque dont les sujets à
P.il.iis iMalvtv./.i-.\!eJici.
persj)ective cmt jjour but de faire supjwjser des dimensions beaucoup plus apparentes que réelles. A ce type appartiennent les escaliers somptueux des Palais AUhwrandi, par Torregiano, et Fantii\{i-Cloetta (1648), de Paolo Canali.
Concluons en affirmant, une fois de plus, que peu de villes peuvent s'enorgueillir, ((iniiiic l'.cilogne, d'aussi beaux édifices, dans lesquels les tendances individuelles originales et les transformations stylistiques ultérieures se soient mieux amalgamées. Ces longues rues pourvues de ])ortiques, de nombreux et spacieux Palais, témoins des siècles de gloire, conservent à la ville un indélébile caractère de grandeur et de puissance.
s. Maria dclhi Mta. — Pleureuses du Christ, de X. deU'Arca.