DÉPÈCHE DE M. MENDEZ NUNEZ AU GOUVERNEMENT ESPAGNOL
Le Commandant général de Vescadre de Sa Majesté dans lé Pacifique^ à M, le Ministre des affaires étrangères de S. M, C.
Rade de Yalparaiso, à bord de la NumancioL^ le 27 mars 1866.
Mon très-cher nu»nsieiîiv,
Aiasi qu8 j'ai eu Thonneur de Técrire à Votre Excellence, dans ma dépêche n^ 28, sous la date du 24 de ce mois, j*ai reçu, à sept heures, ce matin, à hord de cette frégate de Sa Majesté, M. le ministre des États-Unis, accompagné du Commodore américain, qui venaient me faire part, comme on me Tavait offert spontanément, du résultat de leurs démarches à Santiago.
Le général Kilpatrick m*a informé que les membres du
gouvernement, avec lesquels il a eu une entrevue, aussitôt
après son arrivée dans la capitale, avaient déclaré, après
^ l'avoir entendu, que Je moment n'était pas opportun pour
ècoiiti.T ilcïi projjusitions, ajoi'tiiat que le tmiips excessivement court qui leur étai! InÎBsé, pour prendre uno décision, ne leur doimait même pns la possibilité matéiiellc de so réunir fit de consulter daiis co bref délai les représentants des républiques alliées, Hccrédités au Chili.
En présence de cette réponse, je me suis empressé de dire à M. le ministre que, selon co que j'avais annoncé, j'allais lui reintltro une heure plus fard, minme au digne doyeu du corps diplouiatiqui-, la communication et le manifeste où se trouvaient exposés les puissants motifs qui m'obligeaient à airoetuor \o bomhardemeni, apW's le délai falnl de quatre jours.
M. le conmiodons prit alors la parole pour me faire remarquer la convenance de me contenter de cnnonner un petit fort (le peu d'importance, conslruit aur une colliûe du port, et sur lequel flottait le drapeau chilien, déclarant que, dans son opinion, une semblable démnnsiration d'hostilité serait suffisante, comme réponse à l'insulte que nous déclarons iivoir reçue du gouvernemenl de la République.
Comme je lui répondis que je no pouvais, en aucune façon, lu feu une fois ouverl contre la ville, m'engager à jouer ainsi une sorte de comédie, et que j'étais résolu à causer autant de dommages que possible aux intérêts du gouvernement, le général Ktipalrick me demanda quelle signification je donnais à ces paroles f les intérêls du gonvernement. »
J'expliquai alors que j'entendais dire par Ik tous les édifices publics existant a Volparaiso, et connus comme déprMidanccs do l'administration publique, les distinguant des maisons particulières, que jo m'efforcerais de respecter autant que possible, sans toutefois accepter aucune rcsponsnbilté relativement aux événements possibles.
Ea terminant la conversation qud 'je \\6x\ft ^ft Viwfc «»t®a
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k Voire Excellence, j'ai eu la salisfacliori d'entendre M. le Commodore déclarer spontanément; et avec une vivacité d'autant plus flatteuse qu'elle dénotait la noble sincérité de ses paroles, qu'il ne pouvait moins faire que de me témoigner Tad-^ miratiou avec laquelle il avait constaté et reconnu la constante modération, le tact et la loyauté dont j'avais fait preuve dans mes conférences avec le ministre améric«iin et avec lui-même. .Le général Kilpatrick a joint ses propres témoignages d'amitié à ceux du commodore, et tous deux m'ont quitté dans les meilleurs termes. Conformément h ce que j'avais annoncé, je me suis empres:>é, à huit heures, d'adresser à M. le ministre des États-Unis le manifeste que Voti'e Excellence connaît. Je réitère à Votre Excellence, etc.
Signé : Casto Mendez Nunez.