‹ Bombardement de Valparaiso (documents officiels) suivi du Combat du CallaoChapitre 29 sur 32 · REPONSE DE L'INTENDANT DE VAL PARA ISO AUX · texte numérisé non relu

REPONSE DE L'INTENDANT DE VAL PARA ISO AUX

RÉSIDANTS ÉTItANGERS

Valparaiso, 7 avril I86G.

L'intendance de la province de Valparaiso a reçu, avec! plus vive satisfaction, l'honorable témoignage de reconnaissance que, par votre organe, les étrangers résidant à Valparaiso, ont bien voulu offrir à ses autorités civiles et militaires.

La plus belle récompense à laquelle puisse aspirer un fonctionnaire public est celle de mériter la confiance des personnes sur lesquelles s'étend son action ; mais les dignes étrangers résidant parmi nous, ont, à cet égard, largemcrit satisfait les plus hautes aspirations desauforilés de Valparaiso, en leur olFrant un brillant témoignage, non-seulement de confiaace, mais encore de gratilude, pour les mesures qu'elles ont cru devoir adopter, en prévision du scandaleux et l4che attentat commis par l'escadre espagnole sur cette ville commerciale, le 31 mars dernier.

Cependant, quelque flutleuée el quelque honorable que soit la

manifestation spontaùée dont je suis l'objet, je ne puis

racccpter que pour la part qui me revient en qualité de

simple citoyen; je décline donc l'inappréciable honneur qu'elle

comporte, pour l'attribuer tout entier à ce peuple de Val-

paraiso, qui a fait briller une fois de plus les vertus qui

le caractérisent, en supportant avec une admirable sérénité

le brutal attentat de ses ennemis.

Mais en déclinant l'honneur qu'il ne m'appartient d'accepter que pour le peuple, duquel font partie les dignes

étrangers qui ont partagé avec nous les émotions de ce

jour mémorable, j'éprouve pour vous, Messieurs, et pour

les autres personnes qui m'ont honoré des témoignages de

leur satisfaction, une profonde et inaltérable reconnaissance,

dont je vous prie de transmettre l'expression, à vos dignes

compatriotes et autres respectables étrangers.

J. Ramon Lira.

A MM. David Thpmas, Carlos Fini et Oscar A- Berkemeyer.

PETITION DES RÉSIDANTS ÉTRANGERS AU CORPS DIPLOMATIQUE, APRÈS LE BOMBARDEMENT.

te doyen du Corps diplomatique, général Kilpatrick^ Ministre plénipotentiaire des Etals-Unis à Santiago.

Monsieur le Ministre,

Malgré les déclarations si soleonelles du gouverneincnl d'Espagne cl de ses roiirése niants, dans lo Pacifique, de rcspccler les intérêts des noulrcs, dans sa querelle avec le Cilhi, déclarations sur lesquelles ^e sont reposées toutes les puissances neutres et tout le commerce étranger de Valparaiso, l'attentat le plus inouï vient d'èlro commis par le chef de l'escadre cspiignolo contre la ville de Valparaiso et mémo les entrepôts de la Douane qui, dans la matinée du 31 mars ont supporté pcudant Iroisheures consécutives le feu uon interrompu de bombes incendiaires et do mitraille.

Le résultat de cette fatale journée a été l'incendie da (v^Ak.t.%

corps des bâtiments de la Douane, comprenant plus de deux cents magasins et d'un des plus riches quartiers de la ville de Valparaiso.

Gomme vous le savez. Monsieur le Ministre, les avertissements et les protestations n'ont pas manqué au gouveraemenl espagnol et à ses représentants dans le Pacifique ; mais ce sont les étrangers et uniquement les étrangers contre lesquels le chef de Tescadre espagnole M. Casto Mendez Nunez a exercé sa terrible vengeance.

Les pertes qu'éprouvent les résidants étrangers dépassent plusieurs millions de piastres, et c'est dans le but d'obtenir par votre entremise l'estimation exacte de tous les préjudices occasionnés, que les soussignés commerçants neutres de Valparaiso adressent la présente requête au corps diplomatique de Santiago par l'intermédiaire de son honorable doyen.

Les soussignés, sujets neutres de toutes nationalités, croient que la manière la plus rationnelle et la plus expéditive d'arriver à connaître les chiffres exacts des dommages, serait. Monsieur le Ministre, d'opérer comme suit :

1*^ Le corps diplomatique de Santiago sous la présidence de son honorable doyen, désignera une commission de 5, 7, ou 9 personnes, avec autant de suppléants, pour les cas d'empêchements forcés.

2® Cette commission se fera présenter tous les titres, livres de douane, livres de commerce, actes de propriété, et, en général, tQUs les autres documents authentiques nécessaires pour établir avec la plus grande exactitude possible le chiffre des dommages occasionnés ; travail qui sera subdivisé par ordre de nationalité.

> Ce travail terminé, la commission l'accompagnera d'un

rapport et adressera le tout au corps diplomatique de Santiago*

afin que chaque membre de cel boivoTûbV^i cot^^ ^\l cotmais*

saocc du montant des pertes et afin aussi qu'une copie 3 rapport de la commission et des étals soit adressée à chacun des consuls de Valpnraiso à l'cifct de mettre chaque plaignant en possession d'un document dûment certifié constatant ies pertes éprouvées.

Les soussignés ont l'honueur, Monsieur lo Ministre, d'ûlrc I avecrespect vos Irès-hurables et obéissants serviteurs,

W. Gibbs et C". — Craham Rowe et C', — AIsop et C«. — Rose Innés et C'. — Dickson Harkcr et C". — Sawers Duncan et C°. — Vorwerk et C". — Miller Cox et C'. — Cross et G". — Germain hormanos, — Henry Fauché Goyeneche ot C=. — Williamson Balfour et C". — Templeman et C". — Wcbcr et C. — Zahn et C". — Fehrman Fischer et C". — Juchtcr Wilhelmy ot C'. — John Thomson Walson et O. — A. Couve et C°. — Calvary ot C°. — D, Schulto Droste et C*. 7- E. Momus. — Mack et C^. — Luis Osthaus. — l'oisson et Ce. — Petersnn et Ëdington. — Marks et Co, — Rondanclli hermanos. — Romondous, — PiSvés frères. — F. Hutii Gruning et Go. — J. Grisai' Schuchurd et C^. — Nicolas C. Schuth. — Ilagnauer Gubler et C^, — A. Hemonway et C*.

Hainsworth et C^^. — Gunston Ledward it G*. — Loring ot C«. — Tomas La Ghambro et C^. — Woldc Bchrens et G'. — E. Boue et Frcmicr. — Antony et Meric. — Lo QiioUec et Bordes. — V. Bonncmain Bomiaud et C«, — J. Meriet. i. Dubreuil. — Ferreira et Aguiar. — J. Ellies.

— Ii4 —

:manifeste du corps consulaire

IPRÉS LE BOMBARDEMENT

Valparaiso, 14 avril.

Le 14 du mois d'avril i866, — les soussignés, consuls à Valparaiso, réunis dans la chancellerie de leur doyen, M. le consul général de S. M. le roi du Portugal , ont décidé de recueillir et de faire constater, dans un acte, les faits relatifs au bombardement de cette ville, effectué le 31 mars dernier parles forces navales de S. M. C, et, à cet effet, en ont forroulé le sommaire, afin que chacun des consuls en pUisso transmettre une copie à son gouvernement*

{0 Les soussignés, consuls, rappelant les protestations qu'ils ont adressées à H., le commandant des forces navales de S* M. C.5 ont déclaré, en accomplissement de leur devoir, quc^ dès le début de la présente guerre, ils se sont efiTorcés de démontrer aux chefs de Tescadre de S. M. G. que,, par le fa/t de pouvoir considérer le port de \a\^^imo c»oisime une

- Hb factorerie européenne, toute hostilitiï contre celle ville i tomberait, presque lolalement, sur des sujets de puissances amies de l'Espagae.

2° Que, à diverses reprises, ils ont appelé l'attenlion dcsdils chefs sur le fait que les luagasiûs de la Douane de ce port coutiennent des dépôts d'nne très-grande valeur appartenant à des neutres.

3° Quo, s'il est vrai que l'amiral Pareja, dans une communication adressée, au mois d'ocfohi'c de l'année dernière, au charge d'affaires de S. M.E-, indiqua la possibilité d'un hcnibardement de cette ville, il est également vrai qu'il décinru en même temps qu'il accorderait toujours le délai qui serait nécessaire pour que les neutres missenb leurs intérêts en sûreté ■

4" Que, à la date du 27 mars dernier, le chef de l'escadn' de S. M. C. notifia au corps consulaire son intention de bombarder celte ville, basant sa détorminalionsurlcsmotifs exprimés dans un manifeste adressé au corps diplomatique rébidant à Santiago, dont copie fut remise au corps consulaire on m6me temps que la notification.

o" Que dans la susdite note il promit qu'il ferait loyalement son possible, afin que tout le mal retombât sur les intérêts et sur les propriétés du gouvernement du Chili, sans pouvoir garantir, cependant, ceux des particuliers.

6" Que dans lu notification susdite, reçue par le doyen, entre dix et onze heures du malin, le 27 mars, et communiquée par lui h ses collègues dans le courant du même jour, il était accordé un terme de quatre jours pour mettre en sûrelé des intérêts d'une valeur aussi considérable , le bombardement devant avoir lieu après l'expiration dudit lenne.

7" Que le clief de l'escadre de &, M. C, a déclaré dans plusieurs entrevues qui ont eu lica colst Vviv tV îia-s. ■îSiKîïïw«i>.

du corps consulaire^ que, en réalité, il bombarderait seulement les monuments publics, et qu'il désirait ne pas léser les intérêts des neutres.

S"" Que dans une dépêche adressée au commandant général militaire de cette place, il lui a recommandé d'ordonner que les hôpitaux et autres établissements de charité eussent quelque drapeau ou signal qui permît de les distinguer afin de leur éviter les rigueurs de la guerre.

En vertu de quoi les soussignés prennent la liberté de faire observer qu'ils ont fait tous leurs efforts pour obtenir que le commandant des forces navales de S. M. C. renonçât à son projet, lui représentant qu'il s'agissait d'une ville complètement sans défense ; que le bombardement entraînerait la ruine de plusieurs familles neutres, entièrement étrangîîres h la question pendante entre l'Espagne et le Chili, et que le gouvernement du Chili éprouverait des dommages comparativement insignifiants ; que le délai de moins do quatre jours, et en outre des jours de la semaine sainte, était trop court pour le but indiqué et plus encore si l'on considérait que Valparaiso est une ville de plus de soixante-dix mille âmes et qu'elle renfermait d'énormes dépôts de marchandises; que le bombardement de Valparaiso était un acte contraire aux principes humanitaires qui règlent la conduite des nations civilisées entre elles ; que, comptant sur les sentiments humains du chef de l'escadre de S. M. C, le corps consulaire s'était flatté qu'il ne ferait usage que de projectiles incapables de causer un incendie dans la partie de la ville sur laquelle il allait diriger les feux de son artillerie; qu'ils reconnaissent à leur grand regret que cet espoir a été mal fondé dèo l'instant que les navires de ladite escadre ont lancé es projeclUes de toute sorte sur cette ville.

Page 1