‹ Bombardement de Valparaiso (documents officiels) suivi du Combat du CallaoChapitre 30 sur 32 · HT · texte numérisé non relu

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Les soussignés désirent faire constalcr d'une manière î Ihentique :

1" Que le 31 mars, à neuf heures du matin, l'escadre i! S. M. Calholiqne ouvrait Je feu sur cette malheureuse ville, avec des houlets, des bomhes et des grenades, pendant trois heures consécutives;

2" Que les premiers boulets tombèrent sur les magasins de la douane, corps de bâtiments sites sur le bord de la mer I dans un lieu isolé et à l'extrémité occidentale do la ville;

3" Que non-seulement les édifices publics, mais encore les édifices particuliers ont été bombardés, de telle sorte que les bombes ont fait des ravages dans presque toutes les parties de la ville, le fait, que presque tous les établissements de bienfaisance montrent les traces des boulets, bombes et grenades qu'ils ont reçus malgré leurs drapeaux blancs, méritfi ici une mention particulière;

40 Que, à environ dix heures et demie du matin, une bombe ou grenade a mis le feu à un édifice de propriété privée, dans la rue de la Plancbada, lequel édifice se trouve éloigné de 150 mètres des monumentspublics et que l'incendie a pris immédiatement do grandes proportions;

îi" Que malgré l'incendie, les navires de l'escadre de S. M. (^itboliquc ont continué leur feu dans la même direction;

G« Que, à onze heures quinze minutes, l'un des bâtiments de la douane était incendié, k en juger par la fumée qui s'échappait de la toiture, et que cependant les navires espagnols continuèrent h y lancer leurs projectiles;

7" Que, à onze heures quarante-cinq minutes, les llaiomes consumaient ces vastes bAlimonts, avec leurs riches depuis de marciiandises;

» Que le bombardement se Vbïtoàxv;!. ^ \ù\îi\,V«^^^^M

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partie încciidiéG des magasins de ia douane et île la rue de ta Planchada n'élaient plus qu'une immense fournaise qui menaçiiit de dévorer tout le quartier du port;

9° Que de terre, l'on n'a miïme pas répondu par an seul coup de canon aux fi-us des navires de S, M. Catholique, et que tandis qiio le commandant de l'escadre de S, M. Catholique faisait détruire les propriétés des neutres el les foyers d'innocentes familles, tes autorités locales prenaient les mesures les plus efficaces, pour maintenir l'ordre, sauver les biens des étrangers et proléger ces malheureux 'qui perdaient en un instant le fruit de longues années de travail;

IC" Qu'il est de toule notoriété qu'une frégate placée eu face la rue de la Planchada, habitée en partie par des négociants français, a fait feu directement sur cotte partie de la population, éloignée de 150 mètres du palais de l'intendance, sur lequel un autre navire dirigeait en même temps ses Lombes. Il est également notoire qu'une autre frégate, qui avait la mission de tirer sur l'embarcadère du chemin de fer, situé à l'extrémité est de Valparaiso, a envoyé des bordées entières, à deux reprises différentes, sur le centre du quartier de l'Almendral, éloigné d'un demi-kilomètre environ des bâtiments du chemin (le fer, quartier qui ne renferme pas une seule propriété du gouvernement, mais seulement des hôpitaux et des établissements de bienfaisance, lesquels se trouvaient sons la sauvegarde de la parole du chef de l'escadre de S. M. Catholique.

H n'est pas permis de présumer que le chef précité ait voulu manquer à sa parole ; maîscomme du rivage il n'a pas été répondu au feu des navires de S, M. C. et comme les commandants do cbacon de ces derniers pouvaient choisir librement la position qui leur convenait, sans crainte et sans danger, il n'y m a pas non plus lieu de supposer que lap faits me ntionnés aiej

été occasionnés par une fausse manœuvre, d'un si funeste eiret. A l'appui de cet exposé, il est du devoir des soussignés, dti déclarer que plusieurs des projectiles sont tombés dans riiûpital civil, entre autres une grenade qui, heureusement, n'a pas éclaté, dans la salle où se trouvaient réunies les sœurs decbarité avec les jeunes filles de l'asile du Saint-Sauveur; que le drapeau arboré au Consulat général argentin, situé dans la même direction, a été percé par un boulet ; que plusieurs projectiles ont été dirigés sur les bâtiment* des révérends Pères français, que la cattiédrale, transformée ledit jour en hôpital militaire, a éprouvé des dommages considérables causés par divers prpjectiles, et que tous les édifices mentionnés se trouvent à une grande distance de toute propriété de l'Etat.

Les soussignés doivent faire observer, en outre, que les pertes éprouvées par le gouvernement chilien ne dépasseront pas six cent mille piastres, tandis que celles des étrangers, non compris les marchandises détruites ut brûlées dans les magasins de la Douane, sont estimées, approximativement, à près de deux millions de piastres.

Les soussignés, enfin, doivent faire constater que, par suite du bombardement de cette ville, beaucoup do familles d'étrangers neutres ont été victimes d'une mesure aussi rigoureuse, et ont été plongées dans la plus grande misère.

En foi de quoi, nous avons signé la présente, à Valparaiso, les jour, mois et an que dessus. — Suivent les signatures du consul général de Portugal, — consul de France, — consul d'Angleterre, — consul général de Hambourg et do Mecklembourg-Schwerin, — consuls de Prusse, de Danemark, de Belgique, des Pays-Bas, des États-Unis, — consuls généraux des llei Sandwich, de Brème, d'Oldenbourg, — consul de Hanovre, vice-consul du Brésil, — consul de Sa^sa^—

généçal Argentin, — agent consulaire d'Italie, — consul général de Suède et de Norwége, — consul général d'Autriche, — consuls du Salvador, de Suisse, de Guatemala, de Lubeck et de Colombie*

RÉPONSE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE Dl! lIAVRff ADX NÉGOCIANTS DE PARIS ET CU HAVHE.

Havre, 3) mai 18C0.

Messieurs,

Ainsi que vous, la Chambre du commerce a appris la plus grande (imotiou le homhardemcnt de Valparaiso par] la flotte espagnole, ainsi que vous, elle a compris toutes leïl conséquences désastreuses qui no pouvaient manquer d'e résulter pour le commerce de nos nationaux, et en particulier pour les nombreuses maisons de la place qui sont en relaij tion d'afl'aircs avec le Chili.

Après avoir pris connaissance, dans sa séance du 24 < rant de votre lettre et de celle de M. Petit-Didier, la Chambnj a spontanément décidé qu'il serait écrit à MM. les ministrel des alTaires étrangères, du commerce et des travaux publics, pour solliciter leur bienveillante et active intervention dans

Lconseilsdugouvernenicnl, aVm ^u'\\Neii\\\G'\%\wvç^\K^«^^^

la puissante autorité dont il dispose, à l'effet d'obtenir du cabinet de Madrid une équitable indemnité des pertes considérables subies par les négociants français, pertes d'autant plus défavorables qu'elles sont le résultat du mépris des principes qui, entre nations civilisées, ont toujours consacré le respect qu'impose le droit inviolable des neutres.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération 4a plus distinguée.

Le président de la Chambre de commerce du Havre,

Th. Ferrère.

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