‹ BonaldChapitre 78 sur 108 · L EXPERIENCE LA RECOMMANDE · texte numérisé non relu

L EXPERIENCE LA RECOMMANDE

Nous connaissons les volontés de l'auteur de la nature sur les sociétés humaines, ou les lois générales de leur conservation et de leur stabilité ; et nous n'avons, pour les connaître, qu'à prêter une oreille attentive à la voix éloquente d'une expérience qui

(i) Principe constihiiif, chap. vu.

(2) Méditations politiques tirées de V Evangile. — Renan faisait, comme Bonald, l'apologie de l'unité du pouvoir, lorsqu'il disait : « Le roi de France, qui est... le type idéal d'une cristallisation séculaire ; le roi de France, qui a fait la plus parfaite unité nationale qu'il y ait... » {^Discours et conférences, « Qu'estce qu'une nation ? » p. 285.)

DONALD 2li)

remonte à l'origine même des sociétés, et à jug-er entre elles et les doctrines opposées par leurs effets, comme on. juge /^arâre par ses /rui'/s. Elle nous dit que si le dogme fondamental de toute religion est : 1771 seul Dieu iu adoreras, le dogme fondamental de toute société politique indépendante, et qui a en elle-même le principe de sa force et de son pouvoir, est : A un seul roi lu obéiras ( i ) .

l'unité du pouvoir a pour ennemie l'ambition

vSi révélant à la pensée le mystère de ce nœud invisible et puissant qui, dans la société politique, soumet toutes les voloniés à une volonté, tous les ainoîLrs à un amour ; toutes \e^ forces à une force ; qui de tous les hommes ne fait qu'un homme, la nature lui présente cette idée de Vunité, si grande parce qu'elle est si simple ; si elle lui montre dans l'homme moral unité de volonté, dans l'homme physique unité d'action, dans l'univers unité de plan ; si elle lui fait voir dans Vunité le principe de l'ordre, dans V unité \e secret du beaiù : l'ambition, déçue de ses espérances, s'indigne contre la barrière que la nature veut opposer à ses desseins, et l'homme, entraîné par l'ambition, rejette les inspirations de la nature ; et, s'éloignant de l'idée simple et vraie de Vunité et de V indivisibilité du pouvoir, se perd dans les combinaisons laborieuses de la division et de l'équilibre des pouvoirs (2).

(i) Sur la Turquie^

(2) Théorie du pouvoir, préface.

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