MALGRÉ LES API^ARENCES, DANS LES ÉTATS OU RÈGNE LE NOMBRE
J.-J. Rousseau a dit : Pour qu'une volonté soit générale dans ujie république, il est nécessaire que toutes 1-3S voix soient comptées ; toute exclusion fonnelle rompt la généralité. Et plus loin : La démocratie peut embrasser tout un peuple ou se resserrer jusqu'à la moitié. Ce qui est une contradiction formelle avec ce qui précède ; là il ne veut pas une seule exclusion ; ici il exclut la moitié du peuple.
Mais la nature ne perd pas ses droits, et jusque dans la démocratie la plus étendue, et par conséquent la plus désordonnée, on retrouve, au fond de toutes les combinaisons, quelque image de l'unité du pouvoir ou de la monarchie ; caria politique a, comme l'astronomie, ses mouvements réels et ses mouvements apparents.
Ainsi les affaires se décident à la moitié plus îcne des voix, et cette voix seule quoique inconnue, qui tranche la question d'une manière absolue, est le pouvoir dujour ou plutôt du moment.
Ainsi, lorsqu'en cas d'égalité des voix, on donne au président la voix prépondérante ou deux voix, que fait-on autre chose que supposer la présence di^mi votant qui n'existe pas, et qui n'en est pas moins, quoiqu'il ne soit qu'une fiction, le pouvoir de la circonstance?
BUNALD JJI
Ainsi, dans toute assemblée, commission, comité, //«ouvre l'avis, qui finit par l'emporter ; car, si deux seulement parlaient à la fois, ils ne seraient pas entendus.
Ainsi, dans plusieurs Etats populaires, on nomme un premier mag"istrat, qui n'est pas un pouvoir permanent, mais qui présente une image et comme une fiction de l'unité du pouvoir, tant cette unité est dans la nature de l'homme et les besoins de la société (i).