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QUE LE POUVOIR DOIT ÊTRE ABSOLU

Tout pouvoir bien constitué, je veux dire, fondé sur ses lois naturelles, lois raisonnables, légitimes (car toutes ces expressions, et même celle Açl divines que j'aurais pu ajouter, ne font que présenter la même idée sous des rapports différents), doit être et est par le fait indépendant des hommes, et par conséquent absolu. Car si /e bon sens, selon Bossuet, es/ le inaîire des affaires, la raison doit être la reine du monde ; non cette lueur incertaine qui égare si souvent Thomme aveuglé par ses passions, mais cette lumière vive et forte, émanée de la source même de toutes les clartés, et qui n'est que la connaissance des vrais rapports de toutes choses.

Ainsi l'on peut dire que la raison du pouvoir est le pouvoir de la raison, et ce pouvoir ne doit éprouver aucune opposition : car où serait, même à parler

(i) Principe constitutif de la société y chap. xii.

philosophiquement, la raison de s'opposer à la raison ? La nécessité d'un pouvoir absolu ou définitif a été si bien sentie, que Ton en a attribué le privilège même à une autorité qu'on supposait pouvoir ne pas être conforme à la raison ; puisque l'apôtre de la souveraineté populaire, Jurieu, a osé dire : « Le peuple est la seule autorité qui n'ait pas besoin d'avoir raison pour valider ses actes. » Au fond, un pouvoir qui n'est pas définitif n'est pas un pouvoir. Il y a contradiction dans les termes, et par conséquent, fausseté dans l'idée et désordre dans les

effets ( I ) .

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