ON NE REMÉDIE PAS AUX INCONVÉNIENTS DU DIVORCE EN EN LIMITANT LES CAS
Toutes ces limitations à la faculté du divorce, tous les obstacles qu'on y oppose, peuvent rendre le divorce difficile, mais Tindissolubilité seule rend le mariage honorable. Et qu'importe que les divorces soient rares, si les époux ne peuvent jamais être indissolublement unis ? Ce ne sont pas des difficultés cju'il faut présenter aux désirs de l'homme, car elles ne font que les enflammer ; c'est l'impossibilité de se satisfaire. L'homme, dans ses passions, ne s'arrête que devant le Tout-Puissant lui-même, devant Timpossible.
Tout ce qui n'est que fâcheux dans le mariage indissoluble, devient insupportable dans le mariage qui peut être dissous. Des époux alors sont comme de malheureux captifs, qui ont entr' ouvert la porte de leur prison, et qui sont occupés sans relâche à l'élargir, pour s'y pratiquer une issue. Dans le mariage indissoluble, la femme est de l'homme ; dans le mariage dissoluble^ la femme est à l'homme ; et, l'homme, fort quand elle est faible, jeune quand elle ne l'est plus, a, pour la renvoyer autant de moyens que de désirs. Ce sont là des lois pour des esclaves, et non des lois pour les enfants ; des lois de crainte, et non des lois d'amour ; et il vaut mieux tolérer l'adultère et même l'homicide, que de détruire la société pour les punir (i).
(i) Résuiné sur la question du divorce.
LE DIVORCE JUGÉ PAR l'eXPÉRIENCE
La tolérance du divorce a produit les plus affreux désordres partout où elle a été introduite. Stork, Muncer, Carlostadt, des premiers et des plus célèbres sectateurs de Luther, lui reprochèrent hautement que sa réforme n'avait abouti qu'à introduire une dissolution semblable à celle du inaJioméHsine . Dans la France république, le divorce est devenu une véritable polygamie ; et le désordre a été poussé au point que, dans l'assemblage d'hommes le plus immoral qui ait existé sur la terre, la Conveniio7i, il a été proposé d'en défendre ou d'en restreindre l'usage. Et si elle ne l'a pas fait, cesi sans doute çic'illuia été donné de détruire, et non de rebâtir ( i ) .