II PREFACE
cause, renverseraient facilement Torgueilleuse domination des Anglais.
Puis, n'était-ce donc pas. une noble pensée que celle de rouvrir la route de Tancien monde, dédommager la France de la perte de ses colonies occidentales par de nouveaux et nombreux établissements sur les côtes d'Afrique, rendre au berceau des Sciences et des Arts sa première splendeur, explorer un pays si riche de grands souvenirs, aller marquer sa place entre les plus illustres conquérants et arborer le drapeau tricolore sur les ruines de Thèbes !
Il ne s'en est pas fallu de beaucoup que cette pensée se réalisât complètement ; car en seize mois et vingt jours, avec moins de trente mille hommes, Bonaparte avait pris Malte, conquis la basse et la haute Egypte, détruit deux armées turques, envahi la Palestine, la Galilée, et jeté les fondements de la plus magYiifique colonie ; il est notoire, qu'en quittant l'Egypte au mois d'août 1799, , il croyait ce pays pour toujours à la France : il en . fut autrement ; il semblait avoir emporté avec lui le secret de la victoire; mais les revers de la dernière campagne de l'armée d'Orient ne sauraient flétrir sa gloire et sa renommée. Disséminée sur un trop grand espace, par les mauvaises dispositions de l'incapable Menou, qui avait succédé à Kleber, combien n'a-t-ellc pas imposé à des ennemis supérieurs sur tous les points, et quel