PREFACE V
équivalent de Tlnde, et en tout cas elle en était la route... »
La conquête de TEgypte était donc pour la France, pour l'indépendance des mers, pour la civilisation générale un service immense; et c'est pourquoi Bonaparte y songeait si souvent. Cette conquête était son œuvre; il fut toujours plein de cette pensée. Il'ne croyait pas qu'elle dût jamais cesser d'être française. 11 se représentait l'Egypte dans cinquante ans, fécondée et rendue à la vie par nos mains. Son esprit se complaisait dans cette idée.
Cette expédition qui semble être le roman de notre histoire militaire, a une couleur particulière et forme à elle seule un épisode complet, où la guerre et son théâtre, les arts et la politique, les sciences, l'administration, les découvertes du génie et l'ignorance profonde des barbares, l'opposition des religions et les mœurs, les avantages et les revers, le départ et l'élévation subite du premier général, l'héroïsme inutile et la mort cruelle du second, les possibilités des plus grands résultats et la funeste issue de l'entreprise présentent positivement tout l'intérêt d'un ouvrage d'imagination, dans un récit qui cependant n'a rien de fictif. Et, hâtons-nous d'ajouter que la grandeur de celte expédition arracha à la sincérité d'un homme qui cependant n'aimait pas Bonaparte cet aveu sur les résultats définitifs :