‹ Bonaparte en Égypte: souvenirsChapitre 18 sur 37 · LE GHEIK DE FOUAH · texte numérisé non relu

LE GHEIK DE FOUAH

la vertu des saints hommes et qui tâchent de les imiter. Les infidèles regardent comme insensés ceux que le souverain de toutes choses anime de son amour qui est Fesprit ou le souffle du Tout-Puissant qui donne la vie à tout. Leurs âmes ravies par de sacrées extases sont transportées dans le monde de la lumière sur les ailes d'un vent qui vient du Paradis. Elles contemplent des choses admirables et les merveilles du firmament ; elles vont d'un astre à l'autre, et ravies de voir tant d'éclat et de splendeur, elles expirent pour ainsi dire dans les transports d'un divin plaisir, lorsqu'elles considèrent la belle économie de l'Univers.

tt O ! Ariel ! chef des intelligences célestes qui composent les aires des sphères et qui est le maître de la musique éternelle; qui apprends au sultan David à jouer de la harpe et lui enseignes les chants du Paradis; envoie ici bas quelque messager azuré, quelque courrier pourpré d'Eden, pour m'inspirer une divine harmonie pendant que je célèbre les louanges de Dieu, le premier et le dernier, dont la gloire se répand jusque dans les abîmes et éclairç

ift 90NJLPARTE EX EGYPTE.

les espaces în6ais. Sa majesté remplit tout rUnîvers, mais le lieu de sa retraite est audessus du Ciel des Cieux. C'est là qu'il tient sa cour ayant pour sa garde septante sept fois sept millions dWnges qui sontcontiuuellement en sentinelle pour prévenir l'invasion d'Orosmade, le prince des ténèbres, la source et la racine de tout mal.

* nieu descendit du Ciel autour de Moïse avec une armée qui ne pouvait se compter.

Michel portait son étendard et avait un char fait d'une escarboucle du Paradis.

Celle armée marcha par la voie lactée et descendit sur les roches du désert de Sinaï.

Son arlillerie fut du tonnerre et des éclairs. On fut environné d'épais nuages et de fumée. Le monde fut effravé d'un si horrible bruit, et Orosmade n'osa paraître pour donner bataille, mais s'enfuit avec ses léffions dans les cavernes de la terre où il doit être renfermé jusqu'au jour du Jugement. 11 fait souvent des efforts pour en sortir, et c'est de là que viennent les terribles tremblements de terre. Mais il y est enchaîné avec une chaîne qui est attachée au trône de Dieu. 11 a les clefs de ces pri-

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sons infernales, et ferme toutes les avenues de l'Enfer où les ténèbres, Thorreur et la souffrance feront leur séjour pendant toute l'Eternité. Un abîme fournit à un autre des déluges éternels de confusion et de misères.

« Mais ce même Dieu a resserré sur la surface de la terre la lumière, la liberté, la joie et la paix, pour ceux qui l'aiment et qui ne s'écartent point de son obéissance.

(c Dieu vint d'Arval, et on vit le Saint fuir les halliers de Schair et passer en Orient. Il marcha du côté de la mer Rouge et planta ses tentes au midi de la Mecque. Le Kebla se tourna ce jour là du côté du midi, et lorsque les fidèles priaient, ils regardaient la maison d'Abraham. Ce temple carré est le lieu que la destinée avait désigné pour être le tombeau du prophète. Ce fut alors que Médine devint brillante et illustre. La gloire de Jérusalem se ternit et s'éclipse aussitôt qu'on commence à voir l'éclat de ce nouveau sanctuaire ; ville recommandable à cause des députés du Ciel qui l'honoraient de leur présence, et même à cause de Gabriel et d'Osraphiel qui étaient des-

cendus pour visiter le lieu désigné au repos du Prophète.

<c Ils apportèrent avec eux les règles et les modèles de la divine architecture pour rendre le dortoir de l'envoyé de Dieu superbe et majestueux. Us communiquèrent les ordres qu'ils avaient à Zaphid et à Al-Kepher, deux habiles artistes de la ville auxquels ils montrèrent le céleste modèle du Tombeau. Ces .deux hommes gardèrent le secret jusqu'à ce que le temps qui leur avait été marqué par les anges fût expiré.

Alors ils se déclarèrent et entreprirent l'édifice qui a rendu Médine fameuse par tout l'Univers.

(( Que ton nom Médine est de bonne odeur parmi les Musulmans ! Les chemins de l'Asie et de l'Afrique sont couverts des caravanes de ceux qui t'apportent des présents, et de dévots pèlerins qui viennent de loin pour baiser le pavé de ton temple, où sont en dépôt les os de notre divin législateur.

c( J'ai vu les éléphants et les dromadaires d'Orient s'incliner avec joie et se baisser jusqu'à terre lorsqu'on mettait sur leur

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