DANS LE DESERT
i6 messidor (4 juillet], — Nous marchons toute la nuit et nous arrivons à la pointe du jour, à Béda, à quatre lieues d'Alexandrie. Impatience d'arriver à Béda. L'on mourait de soif. Il y a à Béda deux citernes, une très grande, une petite. Les Arabes les avaient remplies de pierres et de terre. Consternation à la vue de ces citernes comblées. Le courage s'abat. Plaintes et jurements des soldats. L'on emploie des sapeurs à nettoyer ces citernes. L'on y parvient. Il y avait encore un peu d'eau dans la grande. L'on a beaucoup de peine à empêcher les soldats d'en boire ; l'on en présente à un cheval qui la rebute ; on s'écrie : elle est empoisonnée !
Après une heure de travail des sapeurs, l'eau venait déjà un peu dedans les deux citernes. Elle était jaunâtre et noire comme de l'eau de bourbier, l'on se bat pour en avoir. On est obligé d'y placer
des gardes et d'en faire la distribution. L'on fait une soupe avec des herbes en place de bois^ L'on se bourre, l'on se presse pour boire un verre d'eau exécrable.
Knoreng nous casse une bouteille de vin au moment où l'on mourait de soif. L'on paie le verre d'eau une piastre. Le jour s'avance, le soleil se lève et se fait sentir. L'on a chaud et l'on ne tarde pas à avoir soif. Il n'y avait pour ainsi dire poiht d'eau; la cavalerie n'avait point bu.
Les blessés causent un embarras extrême pour leur transport; il se fit à dos de paysans (Jue l'on était obligé de garder.
17 messidor [^juillet) au soir, — Toute la division est rassemblée à El-Kafer; elle y est jointe par l'artillerie escortée par le général Leclerc ayant un corps de cavalerie. L'on fait halte pour laisser rafraîchir les chevaux de l'artillerie qui venaient d'Alexandrie le même jour. L'on part le même soir* En arrivant à El-Burck, la nuit, citernes. L'on s'y presse. L'on dit l'eau empoisonnée. L'on fuit. L'on fait des efforts pour vomir. Il n'en était rien; l'eau était bonne. L'on se place si mal que les troupes se faisaient face. La nuit, fausse alerte. Fusillade. Un grenadier de la 61* est tué. Tous les chevaux s'enfuient, ceux de l'artillerie, de la cavalerie et de l'état-major. On tire dessus. Ils s'enfuient plus fort. On passe la nuit à se plaindre et à s'inquiéter comment on fera le lendemain. L'on reprend quelques chevaux. Le lendemain, au jour, l'artillerie
en avait perdu soixante, les dragons, une trentaine.
Nous avons su, depuis, que quelques-uns de ces chevaux avaient été à Alexandrie d'une seule traite, huit lieues, d'autres à Rosette, six lieues, où ils furent arrêtés. Nous en avons retrouvé plusieurs.
i8 messidor [Ç^ juillet). — Nous restons la journée du i8 à El-Burck pour remédier à cette perte. On prend des bœufs au village et on y achète quelques chevaux.
Abondance de volailles et d'oeufs.
Pendant les vingt-quatre heures que nous avons passées à El-Burck, les paysans des villages nous ont vendu quantité de choses et ils préféraient en payement les boutons des soldats à toutes les monnaies d'or qu'on leur offrait.
La division Reynier arrive, nous sommes obligés de partir. Nous nous mettons en marche vers deux ou trois heures du soir. L'artillerie ayant dédoublé, mal attelée, nous traversons le désert.
Nous arrivons la nuit à Damanhour, quatre lieues aux confins du désert sur le canal. Citernes. Bonne eau en abondance. Fin des maux. L'on trouve à acheter beaucoup de choses à manger.
19 messidor (7 juillet), — Le général en chef
arrive dans la matinée Son cuisinier vint chez
nous demander un interprète pour aller avec lui
chercher une broche à la municipalité! Nous
rions à nous tenir les côtes.
20 messidor [^juillet], — Séjour, après une petite
reconnaissance et escarmouche avec les Mamelucks.
21 messidor [(^juillet). — En marche sur Rahmaniéh en suivant le canal. Le général en chef part le premier avec les guides à cheval. A la sortie de la
ville, nous sommes attaqués par les Mamelucks
Les deux pièces des guides les canonnent d'importance. Ils fuyent moins vite que les Autrichiens et tardent à s'y décider.
Nous avons eu beaucoup d'inquiétude sur le
général en chef, que nous avions vu en avant avec . à peu près quarante hommes à cheval. Il avait heureusement rejoint la division Reynier qui marchait à notre gauche.
Canonnade en avant de nous. C'était la division Reynier qui arrivait à Rahmaniéh et qui en chassait les Mamelucks.
Nous arrivons à Rahmaniéh, sur un bras du Nil. Il y avait peu d'eau. Les soldats s'y précipitent pour boire comme les animaux. Dans un instant, toute la division est dans le fleuve. Un champ de melons d'eau sur le bord du fleuve est dépouillé à l'instant.
aS messidor (ii juillet), — Séjour à Rahmaniéh pour attendre la flottille qui venait de Rosette. Elle était commandée par le chef de division Pérée.
Nous couchons sur des tas d'orge, de blé et de fèves ; mais pas de pain I
Le général en chef pérore quelques demi-brigades sur des propos qu'elles avaient tenus.
îi8 messidor (i6 juillet], — Avant le jour, nous mîmes en marche, parlant de Terraneh. Chaleur excessive. Passage dans les sables au bord du désert. Haltes fréquentes pour faire boire les troupes.
L'artillerie fit des eÊTorts épouvantables pour
passer les sables et arriver en même temps que nous.
29 messidor [i^j juillet). — Vers les huit heures du matin, le général en chef arrive avec son quartier général. 11 entre dans une colère affreuse contre le pillage, ordonne de partir à l'instant et ordonne, en outre, de retirer aux soldats de la division tous les moutons qu'ils avaient sur leurs sacs, pour les donner à la division Bon.
Chef d'escadrons Savary. [Archives de la Guerre.)
Les Arabes étaient sans cesse sur les flancs, sur les derrières et à la vue de l'armée. Ils se cachaient avec la plus grande habileté derrière les moindres plis du terrain, d'où ils s'élançaient, comme l'éclair, sur tous les soldats qui s'écartaient des rangs. La cavalerie de l'armée était peu nombreuse, les chevaux harassés de fatigue et d'une qualité fort inférieure au cheval arabe. Les colonnes françaises, enveloppées par les Bédouins, semblaient des escadres suivies par des requins, ou, comme disait le soldat, « c'était la maréchaussée qui faisait la police ». Cette police était sévère, mais elle concourut à l'ordre. Le soldat s'y accoutuma. Il perdit
l'habitude de traîner, de quitter ses rangs. Il n'avança plus sans être éclairé sur les flancs. Les bagages marchaient en ordre au milieu des colonnes. Les camps furent pris avec le plus grand soin, et sans oublier aucune règle de la castramétation. Napoléon marcha toute la nuit. Il traversa- les bivouacs de plusieurs divisions. A trois heures après minuit, la lune était couchée, il faisait extrêmement obscur, le feu des grand'gardes de la division Bon était éteint : les chasseurs d'escorte donnèrent dans ces bivouacs; la sentinelle tira Un
seul cri : Aux armes ! mit toute la division sur pied. Le feu des deux rangs commença et dura assez longtemps; enfin on se reconnut. L'armée était saisie d'une espèce de terreur, les imaginations étaient fort échauffées, tout était nouveau et tout lui déplaisait.
{^Mémoires dictés par Napoléon.)
17 messidor [^juillet], — Fausse alerte pendant la nuit Presque tous les chevaux courent
les champs. Nous voilà en l'air criant après les soldats pour leur faire cesser le feu qui, malheureusement, a tué trois ou quatre hommes.
Je ne sais à quoi attribuer ces terreurs paniques. Il semble qu'il y ait quelqu'un intéressé à les susciter et à les propager. Et la troupe est tellemen affectée que si, la nuit, il venait vingt-cinq ou trente cavaliers, je crois qu'ils mettraient la division en déroute, tant on paraît les craindre Nous avons
bien besoin de nous battre pour remettre un peu l'esprit de la troupe.
aa messidor (lo juillet), — Après avoir laissé
Damanhour, arrivé au village de , le général
Desaix fit faire halte à la division pour se reposer et prendre des vivres. Car nous sommes comme des capucins, quêtant partout où nous passons et ramassant de quoi nourrir la troupe. Nous n'étions pas plutôt établis, qu'un corps de Mamelucks, formant de douze à quinze cents hommes, parut dans le lointain.
L'ennemi s'avança. Il se présente et voltige autour de nous en escarmouchant et tirant quelques coups de fusil pendant qu'on faisait la distribution de la viande à la troupe. Nous voyant rester longtemps dans la même position, il crut que c'était lui qui ralentissait notre marche; alors il nous serra de plus près et nous obligea à riposter. Lorsque la distribution fut finie, le général Desaix ordonna de marcher en avant.
Nous avons eu deux blessés. Cette petite
affaire, qui n'est qu'une plaisanterie, a été très utile pour remettre l'esprit du soldat. Il a appris que l'ennemi auquel il avait affaire n'avait aucune tactique et qu'il ne pouvait être à craindre que pour des hommes qui n'ont jamais fait la guerre. En effet, je n'ai jamais vu de troupes aussi mal organisées. Ils courent les uns après les autres, sans ordre, et, je crois, sans trop écouter le commandement de leurs chefs. Ils ont des chevaux
extraordinairement vifs qu'ils lancent avec la rapidité de Téclair. On dirait qu'ils vont vous assaillir. Point, du tout. A deux pas, ils arrêtent leurs chevaux, tirent un coup de carabine et font demi-tour à droite pour s'éloigner. Du moins c'est ainsi qu*agit le corps que nous avons eu aujourd'hui à combattre et qu'on dit être l'avant-garde. Nous verrons l'armée.
23 messidor [ii juillet), — Dans la nuit, on tire quelques coups de fusil. Cela n'occasionne pas d'alertes. Nos soldats sont revenus de leurs frayeurs.
26 messidor [it^ juillet], — La journée est très forte et fatigante parce que le pays est coupé de canaux. Plusieurs soldats sont tombés malades. L'ennemi ne se présente plus.
L'armée est, en général, mécontente, et les officiers, insouciants, laissent courir leurs soldats, qui se répandent dans les villages près desquels on passe et enlèvent tout ce qu'ils peuvent.
3o messidor [iS juillet), — La troupe est en général mécontente et il est des brigades entières qui l'ont témoigné hautement. Le général en chef, en ayant été instruit, harangua avec force et personne ne dit mot.
En passant auprès d'une d'elles, des soldats lui demandèrent :
— Eh bien, général, nous mènerez-vous aux Indes ?
Il leur répondit :
— Ce n'est pas avec de pareils soldats que j'entreprendrai le voyage.
Quand on sort des délices de Gapoue, on aj)eîne à supporter des privations, encore moins à les soutenir; c'est ce qui arrive à l'armée qui vient d'Italie Je conviens que la troupe fatigue beaucoup, qu'elle endure quelquefois la soif et est privée de pain. Mais combien de fois a-t-on été plus mal sans se plaindre ! Je crois qu'il en serait de même si les officiers, moins insouciants, tenaient mieux leur troupe et s'ils encourageaient le soldat au lieu
de le dégoûter par leur exemple Il semble qu'il
y ait quelqu'un qui agisse sourdement I
Général Belliard. [Archiçea de la Guerre.)
Première nuit au bord du Nil, — Nous bivouaquons cette nuit-là sur les bords du Nil, dans une plaine de melons. Nous baptisons le camp, le camp des Melons. C'était la seule substance qui alimentait notre corps. La même nuit nous eûmes une grande alerte par quelques Mamelouks fanatiques, jaloux de la victoire que nous avions remportée sur leurs frères d'armes et voulant venger leur sang. Ils furent culbutés et subirent le même sort que ceux dont ils venaient pour venger le trépas.
Au milieu de la nuit, quand cette rumeur inattendue survint, ne m'y attendant pas, je m'étais déshabillé, comptant de mieux reposer, mais ce fut bien le contraire. Je ne fus plus curieux de le faire en campagne, fussé-je le quatriple fatigué. Cette
nuit m'apprit à vivre pour lé reste des campagnes auxquelles j'étais destiné , principalement au bivouac. Lorsque je fus remis un peu de la stupéfac-? tion que m'avait occasionnée cette alerte et que mon sang commença à sortir de sa stagnation, je ris de mon procédé et me rhabillai en me promettant de ne plus passer une nuit pareille, dussé-je être mangé des insectes.
Au point du jour, nous nous mîmes en marche pour Damanhour. On ne coucha pas dans la ville. Les divisions bivouaquèrent dans un bois de palmiers. Nous n'avions plus de biscuit ; celui qu'on nous avait donné à Rosette était consommé. Le général en chef fit faire une réquisition de pain et le gouvernement le fit apporter au camp, où il fut distribué par égale portion, étant tous dans le même dénuement. Les rations furent très mesquines. Chaque soldat eut trois petits pains de la grosseur d'un écu de six francs.
François Durand, musicien dans la 75* demi-brigade de ligne, division Kléber, Mémoire manuscrit appartenant à M. G. Berlin.
FATIGUES DE l'aRMÉE
aS messidor (i 3 Juillet) . — Rien n'est plus pénible que la marche des Français sur le Caire. Le ciel est brûlant, la terre, échaufifée par le soleil, plus brûlante encore. On arrive tard, on part avant le jour.
Les bivouacs sont souvent dans des sables mobiles
et les nuits sont très humides. On distribue quelquefois du buffle, presque jamais de pain. Il n'y a ni vin, ni eau-de-vie, ni vinaigre. Les soldats se procurent par le pillage beaucoup de volailles, de pigeons, de pastèques, un peu de riz, des lentilles, des fèves, quelques pains du pays, c'est-à-dire des morceaux de pâte peu cuits et larges comme un écu de six francs. Ajoutez à cela la multiplicité des gardes et la surveillance exacte qu'exige la colonne dans un pays où tout est suspect, où tout est ennemi.
Les officiers sont plus à plaindre que les soldats, parce qu'ils n'ont pas, comme ceux-ci, la ressource de la maraude, parce qu'ils sont forcés de s'occuper d'une foule de détails qui les distraient du soin d'eux-mêmes. Depuis huit jours, je me couche sur le sable, enveloppé dans mon manteau. Je me lève à deux heures du matin. Je me traîne à pied par la grande chaleur, manquant souvent de pain et réduit alors à manger de la viande seule ou quelques fades pastèques. Les domestiques, harassés euxmêmes, ne peuvent être d'aucun soulagement à leurs maîtres et attendent au contraire de ceux-ci leur nourriture
L'armée avait à sa suite un si grand nombre
d'ânes que la sérénade d'un millier au moins de leurs voix, se prolongeant dans la nuit, n'était pas bien agréable lorsqu'on était assez heureux de pouvoir obtenir du repos sous une pareille harmonie qui, tout incommode qu'elle fût, offrait cependant
quelque chose de comique dans ce genre de concert mélodieux auquel prenaient souvent part toutes les autres espèces [d'animaux, tant oiseaux que quadrupèdes
Assurément jamais des troupes ne montrèrent
plus de résolution, plus de patience et plus de courage. Les devoirs des officiers et des soldats avaient été très pénibles, et, cependant, ils supportaient toutes les fatigues.
Sans murmurer quoiqu'on leur dût huit mois de paie arriérée, ils ne se rendirent jamais coupables du moindre excès. La peste, la dysenterie, les maux d'yeux et la cécité avaient fait de grands ravages parmi eux et ils n'étaient pas à Tabri du soleil brûlant. Toujours ils étaient réduits à ne boire que de l'eau, et nu-pieds ils marchaient sur un sol enflammé et sur des bruyères piquantes qui en couvraient la surface. Ceci est une vérité qu'un historien militaire ne doit pas négliger de faire connaître
Lieutenant-colonel du génie Théviotte, Notes. {Archives de la Guerre^
Théviotte, né & Jouarre, en 1769. — Était en Egypte lieutenant adjoint au corps du génie sous les ordres des généraux Caffarelli et Sanson ; a été aide de camp de ce dernier. Action d'éclat : « A contribué à la prise d'assaut du village retranché de Guemelieb et a, dans cette occasion, tué deux ennemis de son sabre. » — Mort à Posen en i8i3.
Le général Berthier a suffisamment fait connaître, dans son histoire de l'expédition, ce que l'armée
eut à souffrir, soit de la fatigue des marches, soit de celles inséparables du combat naval de Ghébreisse, de la bataille des Pyramides, et les actions de tous les jours et de tous les instants avec cette nuée d'Arabes qui voltigeait autour de l'armée comme des vautours, mais il y eut des faits particuliers relatifs à notre objet.
Quelques hommes se portèrent au dernier désespoir, et d'autres, s'étant abandonnés à des excès de fureur, se trouvèrent subitement saisis d'un affaissement qui les arrêta dans leur marche. L'exemple de tous les chefs bravant les mêmes fatigues et les mêmes privations, soutint la patience de l'armée.
L'excès avec lequel plusieurs hommes avaient bu les incommoda. Mais ils furent plus affectés par l'intempérance avec laquelle ils se gorgèrent de pastèques, qui ont au reste nourri et sauvé l'armée. Les hommes attaqués de ces indigestions étaient saisis de sueurs excessives à la suite desquelles ils semblaient presque asphyxiés ; leur pouls était faible, lent et presque imperceptible, leur bouche était écumeuse, et leur prodigeux affaissement n'était interrompu que par des tremblements tels que ceux qui se manifestent dans les accès d'épilepsie; souvent il y avait un léger vomissement. Les cordiaux agirent avec succès.
R. Desgenettes, médecin en chef de l'armée d'Orient, Histoire médicale de t armée d'Orient. (Paris, Firmin Didot,
Le Vice-amiral Nelson à V Amiral comte de Saint- Vincent^ commandant les forces navales de Sa Majesté britannique dans la Méditerranée,
A bord du vaisseau Vanguard, en rade d'Aboukir.
Monsieur,
Le Dieu tout-puissant a béni les armes de Sa Majesté dans la dernière bataille par une grande victoire remportée sur la flotte ennemie que j*ai attaquée le i*"^ août, au coucher du soleil, près l'embouchure du Nil.
L'ennemi s'était rangé en ligne de bataille très forte pour défendre l'entrée de la baye. Elle était flanquée par quatre grosses frégates et plusieurs chaloupes canonnières, ainsi que par une batterie de canons et de mortiers placée sur une île qui était à la tète de la ligne. Mais rien n'a pu résister à l'escadre dont vous ave2 daigné me donner le commandement. Sa discipline vous est bien connue.
La valeur des capitaines, des officiers et en général de tous les hommes qui la composent est insurmontable.
Si ma plume était suffisante pour rendre un plus grand hommage aux capitaines, je le ferais avec plaisir, mais cela est impossible.
Je regrette la perte du capitaine Westcott, du vaisseau le Majestic^ qui a été tué dans le commencement de Faction. Ce vaisseau s'est si vaillamment battu sous le commandement du premier lieutenant M. Gulhbert que je lui ai donné Tordre de le commander jusqu'à ce que vous en ayez autrement ordonné.
Les vaisseaux de l'ennemi, excepté deux de l'arrière-garde, sont presque entièrement démâtés. Ces deux derniers, ainsi que deux frégates, ont pris la fuite malgré mes efibrts pour les en empêcher. Le capitaine Hood leur donna la chasse, mais, n'ayant aucun autre navire en état de mettre à la voile pour seconder le Zealous, je me trouvai contraint de le rappeler.
Je ne puis vous exprimer suffisamment l'aide et l'assistance que j'ai reçus du capitaine Berry. J'étais blessé à la tête et on m'a porté hors du gaillard. Le service n'en a point soufiert par cet accident. Le capitaine Berry était entièrement égal à moi dans celte importante circonstance. Je vous prie de prendre de lui tous Jes renseignements relatifs à cette grande victoire.
Il y a eu i6 officiers tués, ainsi que i56 marins
et 46 soldats. Le nombre des blessés est de 87 officiers, 562 marins et 78 soldats.
Ligne de bataille française :
Pris. — Le Guerrier ^ lé ConquéraAt, le Spartiate f FAqui^ lojit le Souverain f le Franhlin, le Tonnant, F Heureux, le Mercure,
Brulbs. — L* Orient f le Timoléon, VArtémiêe^
Coulée bas. — La Sérieuse,
Ont pris la fuite. — Le Guillaume^Tell^ le Généreux, la Diane, la Justice,
Nelson.
{Archives de la Guerre.)
Procès^verhal du combat du 14 thermidor soutenu par le {^aisseau le Franklin, faisant partie de l'armée aux ordres de Vamiral Brueys mouillée dans la rade d'Ahoukir,
A trois heures de l'après-midi, Tamiral signala Tarmée ennemie composée de quatorze vaisseaux ; quelque temps après il fit le signal que son intention était que l'armée combattît à l'ancre.
L'armée française, composée des treize vaisseaux ci-après :