‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 103 sur 622 · Bonaparte à Carnot, de Carcare, 16 avril 1796 (Arch. G · texte numérisé non relu

Bonaparte à Carnot, de Carcare, 16 avril 1796 (Arch. G

Ses talents n'étaient pas, au surplus, unanimement appréciés et renconiraicnt des détracteurs, même parmi les siens. Déjà, lorsqu'il fut chargé, en août 1794, de se concerter avec York pour reprendre les Pays-Bas, Condé, Valcncicnnes et la Flandre, et qu'il succéda au prince de Waldeck comme quartier-maître général de l'armée, on entendit à son sujet plusieurs avis discordants n'émanant pas desmoindres personnages. Le colonel Dietriclisteln, l'élève, l'ami deThugut, se faisait remarquer parmi les dissidents qui jugeaient peu favorablement Beaulieu; il ne craignait pas d'écrire à son chef : « Beaulieu, qui serait excellent en ligne, ou avec un corps séparé, outre sa décrépitude, est absolument nul dans son emploi de quartier-maître général dont il ne peut pas faire les fonctions... c'est pis qu'une troisième roue, c'est réellement un bâton à la roue * ».

C'étaient là, on en conviendra, de bien fâcheux présages pour la conduite de l'armée autrichienne en Italie, et les événements no devaient pas tarder à les justifier.

Beaulieu d'ailleurs, il faut le dire, était assez mal secondé. Le Conseil Aulique à Vienne lui imposait des plans, et l'on en ébauchait d'autres dans son propre entourage. « Des états-majors, instruits et graves, délibèrent minutieusement et élaborent, dans les tâtonnements des conseils, des plans compliqués qu'ils exécutent avec circonspection -. » Cela fait, ils se croyaient en règle avec leur conscience et quittes envers leur pays, « attendant d'eflbrts médiocres des résultats médiocres » et fort décidés à s'en contenter.

Au premier rang de ces importants et importuns personnages, s'agitait Argenteau, lieutenant aussi peu capable que peu discipliné. Favori de la coui- de Vienne, Benjamin du grave Conseil Aulique, « l'insouciant Argenteau, plus homme de cour qu'homme de guerre ^ », tête légère, préférait obéir à ses instructions secrètes qu'à celles du généralissime, dont il supportait difflcilement, et non sans quelque nuance de dédain, la suprématie. Bien que l'échec de la bataille de Loano fût dû, pour une grande part, à son incurie, il avait su en rejeter la responsabilité sur le baron Dewins qui, traduit en conseil de guerre, riposta en l'incriminant à son tour. Argenteau comparut devant un conseil habilement composé, qui l'acquitta. Revenu, avec le grade de Feldzeugmeister, prendre sa place sur la ligne de l'Apennin, où il combattait depuis

1. Dietrichstein àlhugut, 30 avril 1793 (Vivenot: Thur/uf, Clerfayt und Wunnser, p. 121, voir également aux p. 2 et 17, les passages relatifs à la nomination de Beaulieu à Varmée des Pays-Bas).

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