G-iPinelli, t. I<", p
3. « Vccchio e m;ilaticcio >> dit Cesare Ca.ntu: Storla der/li Italiani, t. XIII, p. 23. Il avait été grièvement blessé devant Belgrade d'une balle à la poitrine.
posaient un visage excessivement remarquable. Il joignait à cela beaucoup d'esprit naturel et une grande finesse '. »
Malgré ses incontestables qualités, il était prédestiné à succomber avec le vieil empire vermoulu et rétrograde qu'il tentait de soulenir de son épée. Ce ne lut pas un de ses moindres malheurs que d'être opposé à Bonaparte.
Aussi résultait-il chez lui de cette déveine persistante une fatigue d'esprit, an découragement qui, sans se traduire, dans un cdHir de cette trempe, par de l'inertie et de lindiirérence, le rendait moins vigoureux, surtout moins entreprenant que par le passé. Le rejet sans façon des plans que Colli avait savamment mûris, contribua quelque peu à accroître cette fâcheuse disposition. Mal soutenu par la cour de Turin, qui s'abandonnait ellemême ; talonné par son jeune adversaire, il fut une fois de plus vaincu. La malchance le poursuivit du reste jusqu'à la fin de sa carrière, puisqu'un an après, appelé à commander l'armée pontificale, il se lit battre avec elle au combat du Senio.
Le chef d'état-major de Colli, le colonel Costa, officier savoisien, de grand mérite, d'une noble élévation de pensée, n'étaitpas moins ébranlé que son général par cette guerre où il avait eu le malheur de perdre un fils aîné, dune rare précocité. Mais il puisait dans son cœur, dans son caractère, dans ses principes, une constance qui, sans qu'il s'aveuglât sur l'issue fatale d'une telle cntrepiise, ne se rebutait devant aucun échec; une sérénité que l'ien n'atteignait; un amour profond du devoir qui lui fit accepter avec une fière résignation la douloureuse mission de débattre avec le vainqueur les conditions de l'armistice de Cherasco. Il appartenait à cette vieille, austère et probe noblesse savoyarde qui estime qu' « un trou vaut mieux qu'une tache » et où l'esprit de sacrifice et d'abnégation est porté au plus haut degré.
Sous les ordres de Colli, le corps auxihaire autrichien avait pour chef le vieux marquis de Provera, un autre héros de la guerre contre les Turcs avec le maréchal Laudon, feld-maréchallieutenant au service de l'Empereur, mis à la disposition du roi de Sardaigne. Ce brave officier pouvait, à juste titre, espérer un autre couronnement pour sa longue carrière que cette campagne de 1796 où il devait capituler deux fois, à Cosseria, puis à Mantoue, et déposer aux pieds du vainqueur des armes qu'il avait si vaillamment portées. Mais si c'était un brillant soldat, ce n'était, lui aussi, qu'un soldat, que rien ne préparait à lutter contre un capitaine tel que Bonaparte.