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OU de leur parcours, chacune de ces rivières constitue une ligne de défense nalurolle qui permet de faire front à toute invasion, qu'elle surgisse des cimes des Alpes ou des gorges du ïyrol, et d'opposer à ses progrès une succession continue de barrières impossibles à tourner en majeure partie. Le génie militaire peut développer à l'aise toutes les combinaisons stratégiques et tactiques dans cette vaste plaine que sillonnent à l'infini tant d'obstacles '.
Çà et là, de grandes villes, pleines d"attraits. Milan, Turin, Alexandrie, Brescia, Plaisance, Mantoue, s'élèveiit à point nommé pour devenir soit pivots d'opérations, soit lieux de concentration ou centres d'approvisionnement. En ce pays, les chaînes de montagnes, les collines, les torrents, les cours d'eau, la végétation même, se portent un mutuel appui, se prêtent a toutes les opéi-ations guerrières, selon qu'on les tourne ou qu'on les franchit, offrant à l'esprit le plus fécond en ressources l'occasion d'imaginer, de faire germer tour à tour, sur un même terrain, les plans de campagne les plus divers ; où, battu sur un point, un chef peut rebondir avec prestesse et se retourner à rimj)roviste sur quelque autre point ; où tout enfin se trouve assemblé pour aiguiser et aiguillonner le génie, pour multiplier et entraver à la fois ses efforts et rendre ainsi son succès plus éblouissant et plus grandiose.
Aussi, comme tous les grands manieurs d'hommes ont aimé << ce beau théâtre d'Italie * », où leur pensée s'est complue à guider les armées ; où leur apparaissait, triomphal, le laurier aux verts rameaux que leur bras étendu pouvait si aisément cueillir, tant ses bouquets roses y ombragent à foison les chemins! Le cadre qu'il donne à la victoire est si beau qu'elle en paraît plus séduisante. En Italie, l'histoire, même sous sa forme la plus austère, a tout le charme allachant du plus palpitant des romans.
Posée en outre au point de jonction de la race germaniqu(; et de la race latine, ritalic septcnliionale paraît fatalement désignée pour que, dans leurs confiits, les deux races viennent s'y heurter, s'y choquer dans l'incomparable champ de bataille qu'elle lotu* ])réscnte, des bords de l'Adige à ceux du Tanaro.
Et puis n'est-ellc pas, dans sa beaulé suave, cette terre d'Italie, l'objet constant des désirs passionnés de ses voisins moins favorisés? Pour les pays déshérités qui l'environnent, pour
1. « C'est une ellipse d'enviion l'JO lieues de lotifç sur GO do larfre: le l-A, dans son cours inCôiicur a parfois une larircur de 1,000 mètres et roule une masse d'eau considérable. » iC Vial, t. II. p. ■2'3.]