‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 115 sur 622 · Kroesto Masi : Vinceuzo Monti ; La Vita Itallana, p · texte numérisé non relu

Kroesto Masi : Vinceuzo Monti ; La Vita Itallana, p

fois terni d'autres générations écarteront aussi du pied pour entreprendre, vil)rantes d'amour, l'ascension vers les sommets, vers des formes plus parfaites encore, que l'iiumanité rêve toujours et qu'elle n'atteint jamais!

Les hommes ne sont que des moyens ou des obstacles plus ou moins conscients dont Dieu se sert pour lœuvre commune, et si Bonaparte fut un des plus puissants moyens et l'un des plus conscients de sa force, de son génie, de son rôle providentiel, peut-être aussi fut-il l'obstacle inconscient, nécessaire pour barrer subitement le cours trop rapide de son œuvre et permettre à celle-ci de pousser de plus profondes racines, de s'élaborer patiemment, lentement, mûrement, pour ne pas s'élancer trop tôt et s'exposer trop frêle aux souffles meurtriers des aquilons.

Au surplus, si tout n'a pas été heureux dans l'œuvre de Bonaparte en Italie, c'est que « les services de l'étranger ne sont jamais gratuits » ; c'est que « le despotisme gâte même ses bienfaits' », même lorsqu'ils sont dictés par un réel amour pour le pays affranchi. « Tout ce qui est né de la violence est disparu pour toujours; tout ce qui fut édifié avec l'assentiment universel, par une sorte d'évolution naturelle, reste et demeure patrimoine de la civilisation; tout fruit cueilli avant maturité, toute création précoce sont détruits-. » C'est ce que Melzi confirmait en disant qu'on ne fait rien de bon avec la violence qu'il appelle « un système de serre chaude^ » donnant des fruits hâtifs, sans saveur et voués à une rapide décomposilion.

« Ne jugeonspoint d'ailleurs Napoléon d'après ses œuvresmortes; jugeons-le d'après ses œuvres vivantes »; car, si des semences qu'il a jetées au vent, « quelques-unes ont germé, d'autres ont pourri sur place ' ». La postérité doit les ignorer et ne les connaît pas. Ce qui est bien vivant aujourd'hui et bien à lui, c'est cette expansion rayonnante de l'unité italienne dont la vieille terre latine recelait le germe, germe qu'il a su découvrir dont il a favorisé la fermentation. C'est à lui qu'est dû ce printemps trop précoce de la régénération italienne, et il a vu fleurir sur les jeunes pousses les premières fleurs, mûrir les premiers fruits!

Tel fut le rêve grandiose de Bonaparte, après Dante, Machiavel et Alfieri ; rêve que poursuivront imperturbablement Giobertl, Monti, Ugo Foscolo, Romagnosi, Guerrazzi, Manzoni, Confalonieri et aussi Mazzini'. II l'ébaucha seulement sans doute, mais de

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