‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 117 sur 622 · J. Zeller, p. 4, 5 et · texte numérisé non relu

J. Zeller, p. 4, 5 et

Se servant habilement des haines intestines comme des guerres étrangères, appelant ou repoussant alternativement l'Empire ou la France au gré de ses besoins, imposant à tous le joug de son autorité sacrée que personne alors, si audacieux fùt-il, n'osait contester, la papauté, au milieu de l'asservissement général et de la commune faiblesse, était ainsi parvenue à se maintenir seule intacte, intangible et souveraine maîtresse des corps et des âmes. Toute la ipolitique pontificale est là, peu soucieuse des étiquettes des choses et ne s'occupant que du fond, faite d'astuce, de feinte soumission, mêlée à un orgueil intraitable ', qui sait s'humiliera propos en apparence, pour se redresser ensuite plusjalousementinflexible et dominatrice.

Telle elle s'était montrée aux heures lourdes du Moyen Age, telle on la retrouve aux temps tragiques de la fin du xviii« siècle, où l'efi'ervescence de la philosophie et de la pensée semble l'avoir prise pour premier but de ses attaques. Domestiquant à son bénéfice les monarques italiens, comme les plus altières puissances de l'Europe, elle avait été l'instigatrice cachée de la coalition européenne contre la Révolution française dont les principes émancipateurs l'atteignaient directement. Son influence politique s'était surtout exercée sur les grands et petits souverains d'Italie qu'elle entraînait dans son orbite. C'est son action, plus que toute autre considération dynastique, qui avait contribué à jeter dans la croisade contre la France le fils docile et soumis qu'était pour le souverain pontife le dévot roi de Sardaigne.

Certes, Victor-Amédée III puisait dans ses seuls liens de famille assez de raisons pressantes pour lui faire détester la Révolution. Beau-père du comte de Provence et du comte d'Artois, ces frères de Louis XVI si terriblement compromettants pour les leurs, il avait en outre marié son fils, Charles-Emmanuel, à la propre sœur de Louis XVI et de ses deux gendres^. Son autre fils, le duc d'Aoste, avait épousé une nièce de Marie-Antoinette, une princesse de la Maison d'Autriche, de la branche d'Esté. Doublement apparenté ainsi à la Maison royale de France ; choqué comme chrétien,

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