Cobta de Beauregard, p
dans le but d'ouvrir aux Français les portes de la capitale, était découverte àTurin. Cent dix séditieux étaient jugés pour ces faits, et deux des conjurés, Chantel et Junod, mouraient courageusement le 22 juillet '.
Un mois auparavant, le 20 avril, à Cagliari, un soulèvement victorieux avait éclaté ; le vice-roi, la garnison avaient été brutalement chassés et renvoyés à Oneille *. La révolte ne s'en était pas tenue là, et, les préparatifs militaires ne faisant qu'accroître le nombre et l'irritation des mécontents ', une sédition, plus terrible que la première, éclatait de nouveau dans l'île et causait la morl, à Cagliari, du général La Planargia que les insurgés fusillèrent implacablement*.
Il s'était formé, du reste, à la cour même, dès avril 1795, un parti de la paix à la tôte duquel se trouvaient le duc d'Aoste et le ministre de l'intérieur, Graneri, jurisconsulte des plus distingués. Ce dernier môme n'avait pas craint de proposer ouvertement de faire la paix, et cela, le 16 juillet 1794, alléguant, dès cette époque, que le Piémont n'avait « rien à espérer et tout à craindre de l'Autriche^ ». Les récents événements, tant intérieurs qu'extérieurs, en ne lui donnant que trop raison, ne pouvaient que consolider son influence ".
Quoiqu'il en soit, le vieux roi ne resta plus obstinément sourd aux propositions de paix qui lui parvinrent de divers côtés ; on peut même dire qu'il en provoqua parfois l'ouverture.
Dès avril 1793, l'agent Chépy, retour de Belgique, avait été envoyé par Lebrun et Danton à Genève et en Savoie avec la mission de nourrir des intelligences en Piémont en vue de négociations qui auraient pour base un accroissement territorial, en échange de Mce et de la Savoie '.
Mais l'heure était prématurée, et il ne sortit rien de ces tentatives.
Un sujet du roi, Tex-marquis Gorani, partisan résolu de l'influence française, lui exposait les occasions de s'agrandir, que la maison de Savoie avait à quatre reprises laissé échapper, le mauvais emploi qu'il faisait des ressources de l'État. Il critiquait les constructions inutiles, l'armée pitoyable, les ambassadeurs fastueux, les grandes charges prodiguées, et il concluait en montrant
\. Cai'Io Tivaioiii, t. I"", p. 18. — Il y avait en outre 12 condamnés à mort coiiuiiiiacfs.
■>. (;•' Pinelli. p. CÛ2 ; Carlo Tivaroni, p. 18. —Henri Marmonicr, p. 27.
a. X -B. Saintine, p. 133.