‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 124 sur 622 · Albert Sorel, t. HI. p. 3'Jl · texte numérisé non relu

Albert Sorel, t. HI. p. 3'Jl

à Victor-Amédée quel rôle il aurait pu jouer en attirant chez lui tous les mécontents de l'Europe et en tendant ses bras aux Milanais qui s'y seraient immanquablement jetés. Il fallait donc, à son sens, rompre au plus tôt avec l'Autriche, rester neutre vis-àvis de la France et guetter une occasion nouvelle de s'arrondir sans combattre '.

A la fin de 1794, le ministre sarde en Suisse, le baron Vignot des Etoies, avait fait des avances à Barthélémy, ministre de France à Bâle, et si Merlin de Douai et Cambacérùs, au nom du Comité de Salut Public, n'avaient pas exigé l'envoi préalable de délégués sardes à Paris pour y conférer, humiliation que Victor- Amédée ne put se résigner à subir, il est vraisemblable que les pourparlers eussent alors abouti, tant était vif le désir de Barthélémy de signer la paix avant que le Piémont fût trop affaibli, convaincu que sa perte ne pourrait tourner qu'à l'avantage et au profit de la cour de Vienne *; tant aussi la révolution, au dire du perspicace Vénitien San Fermo, paraissait «prête à éclater dans le nord de l'Italie' ».

Le Comité de Salut public s'en tenait pourtant toujours aux mêmes bases de négociations: abandon définitif par le Piémont des territoires de Nice et de la Savoie, en échange desquels il recevrait la Lombardie *.

C'était l'essence même d'un plan de pacification remontant au mois de mai 1793. On prévoyait dans ce projet le partage des États du pape en faveur du Piémont, qui aurait reçu Parme, Plaisance et Guastalla de l'infant de Panne auquel on aurait donné Rome en compensation. Venise, Naples, la Toscane se seraient partagé le reste. Quant au pape, il aurait été maintenu simple évêque de Rome, avec de gros appointements, toujours avec le litre de chef de l'IOglise ^

La Suisse, à la vérité, protestait bien contre l'annexion de la Savoie à la France qui lui semblait ainsi la serrer de trop prés, l'enserrer ''; mais en somme l'olfre était fort acceptable dansl'élat de misère et d'effroi où vivait la cour de Turin. Il est regrettable qu'unesimple question d'étiquette eûtcoupé court aux pourpaiiers avant qu'ils fussent nés.

Assurément, on pouvait amorcer de nouvelles négociations,

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