‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 125 sur 622 · Albert t^oiel, t. IV, p · texte numérisé non relu

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Bon. • n

certain que l'on était maintenant de ne plus se heurter à une opiniâtre résistance. Si Victor-Amédée ne prêta qu'une oreille distraite aux ouvertures que lui fit, soi-disant au nom du Comité de Salut Public, le chef des Vaudois,le colonel Marauda ', il accorda plus d'attention et de crédit à celles qui lui parvinrent en juillet 1793, par l'intermédiaire de Hardenberg, ambassadeur de Prusse à Bâle et de RoccoSanFcrmo,le résident vénitien. Parlantaunom de Barthélémy, ces deux diplomates purent formuler des propositions raisonnables, et d'autant plus sérieuses que Villars, l'agent de la République française à Gênes, les appuyait et déclarait de son côté qu'il avait pleins pouvoirs pour traiter avec toutes les puissances de l'Italie*. Hauteville et d'Albarey eurent mission d écouter et d'examiner ces propositions séduisantes qui, à en croire San Fermo, auraient épargné l'invasion au Piémont ^

Les représentants aux armées, Peyre, Maisse et Ritter, qui avaient, en novembre 4793, succédé à Albitte et à Saliccti, nouaient aussi des négociations secrètes avec le comte d'Hauteville*. Ces négociations échouèrent néanmoins, soit par quelque scrupule bigot qui empêcha le roi de se séparer d'un allié dont cependant il ressentait si peu l'appui et qui lui fit considérer comme une dette d'honneur vis-à-vis de l'Auti-iche, l'union mal assortie qu'il avait contractée avec elle, soit simplement en raison de sa répugnance persistante pour les Jacobins.

Peut-être aussi, en feignant d'écouter ces propositions, n'avait-il d'autre but que de contraindre indirectement l'Autriche, effrayée de la menace de sa défection possible, à exécuter enfin dans leur teneur intégrale des promesses tant de fois renouvelées. Le plus probable cependant c'est que « Sa Majesté sarde s'amusait un peu à nos dépens » et que plus la Convention ou le Directoire témoignaient de leur vif désir de détacher le roi de l'alliance autrichienne, plus ce malheureux prince s'y enfonçaitavec obstination, gardant tenace l'espoir de chasser de l'Italie d'odieux étrangers. Non content de rejeter toutes les ouvertures, même les plus acceptables, il en faisait des gorges chaudes; «il en faisait part à ses aUiés et en riait avec eux => », s'efl'orçant d'exciter ainsi leur amour-propre et d'accroître leur confiance. En ce cas, la ma-, nœuvre, si peu loyale qu'elle fût à l'égard de la France, ne réussit pas et l'Autriche persista à faire la sourde oreille.

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