M-i Victor, t. I-^, p
n. M«i Vjctor, p. 3i3 et 3GG.
Le roi sembla vouloir la recommencer, au lendemain de l'échec des armes autrichiennes à Loano, dont les conséquences parurent positivement l'affoler. De deux côtés à la fois, par Gènes et paf Saint-Maurice, dans le Valais, de nouvelles tentatives furent faites auprès de lui. Le Directoii-e, en effet, ne se lassait pas, stylé qu'il était par Barthélémy, son ministre en Suisse, qui, fier d'avoir réussi à conclure la paix avec la Prusse et avec l'Espagne, aspirait à l'honneur de faire poser les armes à toute l'Europe devant la Révolution française. Comme tout régime à son aurore, il eût fermement désiré inaugurer par un traité de paix son gouvernement ; aussi élabora-t-il de nouvelles propositions. Ses ouvertures parvinrent au roi de Sardaigne dans les premiers joui's de 1790, pressantes et parfaitement admissibles. Le 16 janvier, Villars faisait savoir à Nomas de Cossilla, l'ambassadeur de Sardaigne à Gênes, qu'il avait mission d'offrir au roi, en échange de Nice et de la Savoie, tout le Milanais avec le titre de roi de LoHil)ardie '. Trois jours après, le 19, de Saint-Maurice en Valais, BarLliélemy proposait également au roi de consentir à la cession définitive de Nice, d'Oneille et de la Savoie et aussi de la Sardaigne, en lui ofi'rant de larges compensations en Lombardie. C'était une dernière faveur que ménageait au vieux roi la fortune, s'il en avait su profiter. Peut-être, personnellement, eùt-il été enclin à accueillir ces alléchantes propositions. Mais, par une sorte de fatalité, à l'heure où elles lui parvinrent, il n'était plus le maître de les examiner. Avant qu'elles fussent formulées en effet, le conseil royal de Turin, réuni le !«■■ janvier, eu avait proclamé l'inanité, en décidant que même en admettant la possibilité de traiter sur ces bases, il était tout d'abord nécessaire de rendre à la Sardaigne, Nice et la Savoie -. Tous pourparlers, tous débats sur un tel terrain étaient dès lors superflus, et les négociations se rompirent d'elles-mêmes, tant à Gènes qu'à Saint-Maurice. Le roi avait une fois de plus laissé échapper l'occasion d'épargner à son trône la défaite suprême et, devant son attitude, Villars faisait savoir, le 2o janvier, que c'était désormais le général Schércr qui aurait seul qualité pour renouer et suivre de semblables projets. Le choix même du négociateur indiquait suffisamment que les tergiversations et les exigences de Victor-Amédée avaient fini par lasser, sinon par exaspérer, le Directoire et que la France était résolue à s'en remettre de nouveau au sort des armes qui se chargerait de faire prévaloir ou d'anéantir ses vues.
Néanmoins, par une dernière marque de condescendance,