‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 127 sur 622 · G"i Pinelli ; Henri Marmonier, p. 3o · texte numérisé non relu

G"i Pinelli ; Henri Marmonier, p. 3o

Scliérer, qui n'était point dupe de ces malices, crut devoir faire connaître les conditions sur lesquelles il consentirait à entamer de , nouveaux pourparlers. Ses conclusions, à vraidircdilTéraientpeu de celles précédemment soumises au roi : elles les aggravaient même quelque peu. On ne réclamait plus là cession de la Sardaigne, clause en effet fort peu défcndaJjle, mais par contre, et sans doute à l'instigation de Bonaparte, on exigeait la remise aux Français, des forteresses de Coni, Alexandrie, Ceva et Suse, jusqu'à la fin de la guerre que le Piémont aurait à enti-eprendrc contre l'Autriche, de concert avec la France '. Le Piémont devait en outre s'engager à fournir pour une armée de 30,000 h. des vivres, des fourrages, des chariots et des médicaments. Cela ressemhlait fort à une sommation. La pilule était amère, et Victor- Amédée recula, soit qu'il jugeât ces nouvelles prétentions, qu'il ne devait cependant qu'à ses refus antérieurs, comme incompatihles avecsadignité; soit qu'il cédât aux conseils secrets du Saint- Siège ; soit enfin qu'il se berçât encore du vain espoir d'amener l'Autriche à faire honneur à sa parole. Ce qui ferait pencher pour celte dernière hypothèse, c'est qu'au lieu de se hoiner à rejeter purement et simplement des prétentions qu'il jugeait attentatoires à sa dignité, il fit décider, par un avis du conseil royal en date du 2o janvier, que le texte des dernières propositions françaises serait porté à la connaissance de la chancellerie de Vienne, en indiquant sournoisement que le roi attendait de savoir quelle réponse il convenait d'y faire-. C'était la répétition aggravée de la petite fourberie qu'il avait esquissée, lors des récentes ouvertures de Villars et de Barthélémy ; elle ne devait pas avoir un meilleur sort que la précédente.

Par l'ordre du roi, son ambassadeur à Vienne, le comte de Castelalfero, s'empressa de montrer la dépêche au chancelier, le comte de ïhugut. Celui-ci entrevit d'un coup d'œil le danger que créerait l'acceptation de la paix par le Piémont, les embarras de tout ordre qui en résulteraient pour l'Autriche, et il résolut de l'empêcher, sans cependant renoncer au système d'abstention fructueuse si obstinément suivi jusqu'ici dans les affaires d'Italie. Il ne laissa rien paraître, et ne promit donc rien, mais afin sans doute de se munir d'une arme auprès du Directoire, en lui prouvant qu'il n'ignorait rien de ses intrigues auprès de Viclor-Amédée, il pria Castelalfero de lui laisser copie de l'ultimatum de Scherer. Thugut, au reste, se méfiait; il savait que la cour de Turin était

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