‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 128 sur 622 · Hcnii Murnionier,p. 3G · texte numérisé non relu

Hcnii Murnionier,p. 3G

« remplie de pclitcs rases, de petites déloyautés, de petites jalousies', » et sans rien connaître positivement, il pressentait bien qu'il n'y avait pas encore d'entente arrêtée, ni à la veille de l'èli-e, entre la France et le roi de Sardaigne.

Collorcdo, sur qui Castelalfero s'était rabattu au sortir de cbez Tluigut, dont la froide contenance l'avait dérouté, CoUoredo se borna à lui réitérer de vagues assurances de secours prochain, entourées d'un savant verbiage. Mais l'antienne était connue et ne convainquit plus.

Déconcerté par le peu de succès de sa démarche, craignant d'avoir par elle indisposé l'Autriche, Victor-Amédée chargea Caslelallcro de rassurer l'Empereur sur ses intentions et de lui affirmer qu'il n'était nullement disposé à changer d'attitude et qu'il n'avait jamais pensé à un armistice. Les négociations, d'après lui, n'auraient eu d'autre but que de gagner du temps, afin de résoudre quelques difficultés temporaires.

Cette affirmation était faite pour réconforter Thugut, qui, quoiqu'il en voulût paraître, avait été fortement impressionné par la communication de Castelalfero, fort alarmé à la pensée de la défection imminente de la Sardaigne. Il demeura convaincu qu'il n'y avait dans les révélations de Castelalfero qu'une innocente malice du vieux monarque et qu'elle ne masquait en rien des projets en voie d'exécution tels qu'il eût pu les redouter.

Toutefois, pour parer au plus pressé et retenir plus fermement la Sardaigne sur la pente où elle courait risque de glisser, Tbugut fit répondre à Victor-Amédée, le 31:2 février, qu'il serait aidé << bientôt et efficacement - » ; réponse d'ailleurs aussi dilatoire que toutes les autres et qui ne dut pas rencontrer plus de créance à la cour de Turin, où l'on était payé pour être sceptique sur ce point.

A ce moment survenait à Vienne un nouveau plénipotentiaire sarde, le général Sallier de La Tour, qui, parti depuis le 20 janvier pour Milan avec le capitaine de Carail, s'y était attardé près d'un mois dans d'inutiles entretiens avec l'archiduc Ferdinand. Enfin, las de parlotes sans issues, il s'était décidé, le 19 février, à aller traiter directement à Vienne avec le Conseil Aulique ^

Thugut, préoccupé avant tout de raffermir les dispositions chancelantes du Piémont et de le détourner des velléités pacifiques qu'il pouvait avoir, fit au général de La Tour, en le recevant, le G mars, un accueil des plus chaleureux, s'avançant même jus-

1. H. de Sybcl, t. IV, p. 148; leUre de Thugut à Cobeiizl, du 4 mars 1796.

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