‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 129 sur 622 · Henri Maiiuoiiicr, j). 36. li. Henri Marmonier, p · texte numérisé non relu

Henri Maiiuoiiicr, j). 36. li. Henri Marmonier, p

qu'à le prier de préparer d'accord avec lui uu nouveau plan de campagne. De La Tour et Carail furent « gorgés de promesses ' ».

Il n'en fallait pas tant pour enthousiasmer le vieux soldat qui, sans deviner l'astucieux calcul de Thugut, sans vouloir écouter les avis de Castelalfero et du lieutenant-colonel de cavalerie di San-Marzano -, qui cherchaient à le mettre sur ses gardes, donna en plein dans le piège qui lui était tendu et poursuivit avec entrain des conférences dont il augurait si bien.

Peu de jours suffirent cependant pour lui dessiller les yeux et, dès le 10 mars, il se repentit de sa trop naïve confiance, lorsqu'il entendit Thugut, dans un nouvel entretien, revenir et insister sur l'alternative posée dans le traité de Valenciennes ^. Le général de La Tour aperçut enfin le piège et eut le bon. esprit d'avertir aussitôt Castelalfero. Aux revendications de Thugut, il décida de répliquer par la demande formelle d'un renfort réel qui porterait à 43,000 h. le corps auxiliaire autrichien età 9,000 h. le corps de soutien réuni à l'armée sarde *. Le roi confierait aux Autrichiens la garde du terrain, de Ceva auTanaro, se réservant pour lui et l'armée sarde la défense du reste du pays.

Cette mise en demeure des plénipotentiaires sardes arrivait trop tard. Le temps avait marché pendant ces prolégomènes et le moment était passé où le roi de Sardaigne aurait pu utilement conclure avec la France un traité de désarmement ou d'alliance. C'est tout ce qu'avait cherché Thugut en traînant les choses en longueur.

Aussi, le chancelier, si doux, si conciliant, tant qu'il avait pu craindre l'éventualité d'un arrangement du Piémont avec la France, hors dinquiétude désormais, leva le masque et riposta à la proposition du général de La Tour par la prétention pour les Autrichiens de défendre seuls tout le Piémont, tandis que l'armée sarde s'emploierait uniquement à la tâche singulièrement ingrate de reconquérir la Savoie. Le but était trop évident pour que le plénipotentiaire le moins avisé pût s'y méprendre. Le général de La Tour, désillusionné, laissa tomber les négociations, jusqu'au jour où Thugut, brusquement, le renvoya à Beaulieu qui venait d'être appelé à remplacer Dewinsàla tète de l'armée autrichienne

i. Costa de Beaurec-ard.p. 311.

2. Le comte Asiiiari di San Marzano, ou de Saint-Marsan (Anfoinc-Marie-Pliilippe), détaché au service des Aflaircs Eti'ang., était dt-légué à Vienne depuis le début des hostilités, pour s'y concerter sur le plan de campagne contre la France. On le retrouvera plus tard. Bonaparte lui trouvait « des talents distingués, un air prévenant qui lui captive l'estime de ceux qui ont aflaire à lui ». Bonaparte au g»' b"" de La Tour, de Tortone, 4 mai 1796.

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