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iZ BONAPARTE EN ITALIE
n'étaient d'ailleurs que de simples mercenaires soudoyés par Girola ', ministre d'Autriclie à Gènes, qui leur faisait passer poudre, argent et renforts ; ce qui explique la longue impunité assurée à leurs brigandages.
On les avait soupçonnés, à tort paraît-il, de l'assassinat du général Fontbonne, mais ce qui est certain, c'est que ce sont eux qui assassinèrent le général Dujard, commandant en chef l'artillerie de l'armée, et cela en juillet 1790, alors que l'armée conquérante avait dépassé, victorieuse, les riches plaines de la Lombardie et bordait l'Adige.
Si du moins cette armée, petite par le nombre, grande par le cœur, sétait présentée sous l'aspect d'une troupe disciplinée, équipée, nourrie ! Loin de là, elle otTrait le spectacle du plus lamentable délabrement. C'était « toute la ladrerie de Provence et de Languedoc », a dit le poète Alfieri, conduite par « un capitaine gueux ».
Parqués dans les camps, sans autre abri que des trous creusés en terre et recouverts de branches d'arbres en guise de toiture, parfois de thym et de gazon * ; couchés sur la dure, sans même une botte de paille, les soldats souffraient des intempéries, sans pouvoir s'en préserver. Généraux et officiers n'étaient pas mieux partagés. Presqu'aucun d'eux n'était monté ; leurs épaulettes étaient en laine comme celles des soldats. Ils souffraient autant. On riait de voir Augereau « maigre comme un hareng, faute de viande », uliliser les cnlottes des volontaires ^. Plus semblables aux « grandes bandes de Dugucsclin * » qu'à une armée, les soldats, sans pain depuis longtemps, sans habits, sans souliers, souvent sans armes, déguenillés, faméliques, repoussants et terribles avec leurs yeux caves, leurs joues amaigries et leur longue baibe, « coi'ps couverts de haillons mais riches de jeunesse * », stylés par la misère qui aiguillonne le courage, s'adonnaient par nécessité au pillage. Ils avaient organisé la maraude, descendant par bandes dans les campagnes du Piémont d'où ils rapportaient leur butin pour le dévorer. C'était aux yeux des gens du pays une