‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 140 sur 622 · Miot de Mclito : Mémoires, t. I", p · texte numérisé non relu

Miot de Mclito : Mémoires, t. I", p

2. Ugo Foscolo l'appelait ainsi, d'autres l'ap|)elaient rAIlofirogc ; il était Piémontais, étant né à Asti, le 14 janv. 1749 ; il mourut le 1 octobre 1803.

.'i. Icrnohle gueux.

4. La comtesse d'Albany était née le 27 septeml)re 17.j1; comtesse Marie-Carclinc- Héloise ou Aloisia, ou Louise de StulIveiLT-dedern et veuve du dernier dcscendiirit légitime des Sluarts, Cliarles-Edouard, vieillard ivroi<nc et brutal, pi'lit-fils de Jaci|ues 11. Elle mourut a soixante-douze ans, (juatre mois et neuf jours, à Floroiicc, '1&29 janv. 1824. Sa liaison avec AUieri était ailichée publiquement ])ar la présence dominante et absorbante de celui-ci dans la petite académie qui se réunissait dans sou palais, académie peu vivante et peu brillante, si curieusement décrite par Ufjo Foscolo dans ses lettres intimes.

Les deux amants tinrent même à se faire peindre, en 1794, par le même artiste, F'rançois-X'avier Fabre (de Montpellier, 17661837), ([ui devint le troisième " mari " de la comtesse. Leurs deux portraits, fort bien d'ailleni's, ligurent acluellemonl l'un prés de l'autre dans la galerie des Uflizi à Florence ; elle, avec ses clieveux gris, jadis jjlonds, que relie un ruban bleu ; s-s yeux noirs, un cliàle jaune sur les ép.iules, et une jupe rayée; un peu hommasse, malgré ses belles mains, l'ensemble du visage dur, en dépit du regard plutôt doux ; lui, avec son abondante chevelure frisée, aux

qui ouvrait ses salons du Lnng'Arno ' à une société choisie. On l'y avait baptisée « la reine des cœurs », et les membres l'ont vantée à l'envi, exaltant en elle une sorte de dixième muse.

Cette Allemande, plus que quadragénaire, « veuve d'un roi sans couronne et compagne d'un génie sans patrie », nature exclusive, épaisse, plutôt mesquine, mais aimante et d'une «extrême bonté » pour ses amis, d'un esprit vif et sagace, cultivé, mais mordant, passionné sans conviction, affichait alors pour la France et pour la Révolution des sentiments pleins d'aversion, qu'elle s'efforçait de faire partager par les habitués du cénacle plutôt sombre et déclamatoire qu'elle présidait *.

La cour toscane et la noble société florentine semblaient d'ailleurs se modeler sur la duchesse d'Albany, car loin de témoigner à l'envoyé de France le même empressement flatteur dont avait fait montre la classe savante, elle se tint sur la réserve, à de rares exceptions près. On ne remarqua guère, parmi les nobles qui fréquentèrent Miot, que le comte Carletti, frère de l'ambassadeur en France, « brouillon de second rang qui se posait en ardent républicain' ». Le seul véritable ami de la France était Rastrelli, le rédacteur en chef de la Gazette de Florence om Gazette Universelle, qui secondait de son mieux les agents français dans leur œuvre de propagande*.

tons l'oux, son reil bleu clair, vif et saillant, dans une posture théitrale, avec un manteau doulilé de rouge.

Us voulurent être réunis même après la mort, et l'on peut voir dans la grande nef de l'église Santa-Croce, à Florence, entre Machiavel et Michel-Ange, le tombeau en marbre blanc d'Alfieri par Ganova, qui, ainsi que le constate l'inscriptioi), lui l'ut élevé par les soins de son " amie ". Elle repose à quelques pas plus loin, dans une chajielle du transei)t de droite. Il faut lire sur le salon de M"" d'Albany, la fort belle et piquante contVronce faite à ilome, en 18'J6, par Ferdinando Martini, « Donne, salotti e costumi » sur les salons italiens d'autrefois, et la brochure d'Alberto Lumbroso : Deux lettres historiques, Allieri à Louis XVI.

Pour étudier plus à fond la piquante ligure de la comtesse d'Albany et de son groupe, on lira avec intérêt l'ouvrage de Saint-René Taillandier : La comtesse d'Aïhanij et Lettres inédiles de Sismondi, Bonstelten, etc., publiées par le même auteur. L'ouvrage allemand de Reumont est de premiei' ordre et des plus documentés. Voir également Sainte-Beuve : Nouveaux Lundis, t. V ; Cuvillier-Fleury : Etudes et portraits, deuxième série, et aussi Paul-Louis Courier, sans compter Chateaubriand et Lamartine qui l'ont connue à son déclin, et ont dénigré ou admiré son arrièresaison.

1. Dans une petite mais jolie maison, près du ponte délia Trinita (voir souvenirs d'Arsène Thièbaud de Berneaud, cités par Alberto Lumbroso : Deux lettres historic/ues, p. 12).

2. Afin d'être édifié sur les raisons, après tout sérieuses, de la haine d'Alfieri contre la France qui l'avait ollensé, il faut lire la très-intéressante brochure d'Alberto Lumbroso, Deux lettres historiques, qui abonde en détails précieux sur Allieri et la comtesse d'Albany, ainsi que sur la société florentine à cette époque, notamment sur Giovanni Fabbroni (no2-1822), et sa femme, née Teresa Pelli-Giamagnini (1163-1811).

On lira également avec un vif intérêt l'étude qu'un jcime écrivain, M. Calligaris, a consacrée, d'après des documents inédits, à la d'Albany.

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