‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 142 sur 622 · Miot, t. I", p · texte numérisé non relu

Miot, t. I", p

plus tard, le passage sur le territoire toscau des troupes napolitaines en route pour renlorcer l'armée de Bcaulieu. Cette soumission fut d'aillant plus méi'itoire dans l'espèce que la grande-duchesse de Toscane, il ne faut point l'oublier, était la propre fille de la reine de Naples.

Mais si Miot avait obtenu gain de cause sur ce point, il n'avait pas réussi à faire prononcer, comme il le demandait, le renvoi des émigrés qui ne lurent enfin éloignés de Livourne,où ils s'agitaient si bi'iiyammcnt, qu'après les premières victoires de Bonaparte. Ces divers incidents, bien qu'aplanis, n'avaient pas été sans mêler quelque ombre aux relations réciproques. C'était facile à constater, surtout depuis qu'il y avait eu, après Loano, un temps d'arrêt dans les opi-ralions militaires ; soit que l'éloignement du danger eût rendu moins vif le besoin de vivre sur un pied amical avec la France, soit plutôt que linûuence du nouveau ministre Francesco Serrati, « ennemi déclaré de la France ' », qui venait de renverser Manfredini, eût suffi à contre-balancer le désir du grand-duc de vivre en paix.

Ce Serrati, auparavant gouverneur de Livourne, y avait favorisé les émigrés et n'avait cessé de conspirer contre le gouvernement du grand-duc par de continuels manquements à ses instructions les plus expresses. Aussi, le parti rétrograde avait-il jeté les, yeux sur lui pour l'opposer au premier ministre Manfredini, sourdemont battu en brèche depuis longtemps. Quand le com[)lot eut réussi, et que Manfredini fut renversé, Serrati lui fut naturellement substitué, et son avènement marqua le commencement d'une ère de réaction où la France fut tout d'abord visée.

Bref, à la veille de l'entrée en campagne de Bonaparle, la Toscane, soudain refroidie, n'employait plus à notre égard qu'un « ton de protection », et « ajournait avec dédain ses réponses ù nos justes griefs - ». Aussi « les succès ne pouvaient venir plus à propos pour dompter le despotisme anglais et l'ignorante aristocratie italienne ^ ».

La palme de la violence revenait incontestablement à l'ardente, à l'insensée reine de Nai)les, Marie-Caroline que sa qualité de sœur de Marie-Antoinette avait enflammée jusqu'à tarage d'une

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