Miot à Bertliicr, Florence, 20 avril 1790 (Arcli. G
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haine insatiable, incxlinguihle contre la Révolution. Détraquée d'ailleurs. — on dirait aujouid'hui névrosée, — sous le climat énervant de Naples, son tempérament surexcité jusqu'au paroxysme l'avait Jetée dans toutes les extravagances publiques etprivées. Déhauclic et cruauté semblaient sa devise. Malgré ses quarante ans bien sonnés, vicieuse et roUo. digne sœur de la grandeduchesse Marie-Amélie de Parme, elle avait conservé toute la fougue de la vingtième année et elle se ruait sans frein aux intrigues politiques aussi bien qu'aux plaisirs. Elle dominait complètement son faible mari, le roi lazzarone Ferdinand IV, un époux nominal, que les Napolitains appelaient plaisamment Ferdinand zéro', tant le ridiculisait la conduite dissolue de sa femme. Roi à huit ans, après plus de trente ans de régne, il n'avait pas su être un seul instant le maître. Le vrai souverain, c'étaitle favori de la reine, le premier ministre Acton.et son intime amie, ladyHamilton, indigne femme de l'ambassadeur d'Angleterre, célèbre en outre par sa liaison avec Nelson. A eux deux ils gouvernaient la reine, et par elle le royaume. Ce trio furibond et dévergondé s'appliquait à entretenir le peuple napolitain dans un état permanent de fureur fébrile contre les Français, et il n'y réussissait que trop bien. Ce peuple nonchalant, bien que témoin des plus scandaleux déportements, n'en subissait pas moins avec une apathique docilité la désolante impulsion de ce couple avili. Ce n'était, il est vrai, que la lie du peuple. La noblesse, la bourgeoisie, une partie même du vrai peuple désapprouvaient en secret une telle attitude et éprouvaient de réelles sympathies pour les principes de la Révolution. On le vit bien lorsde la Révolution de 1799. A Naplesplus qu'ailleurs, les martyrs de l'indépendance italienne, même les femmes, surent mourir avecune grandeur tragique, un stoïcisme qui force l'admiration -. La cour était piie que le peuple, timide et violente; « c'était une cour terroriste ; la peur y menait tout, lâchement dans la défaite, avec férocité dans le succès ' ». « La populace était féroce ; le clergé fanatique », et la cour qui
1. Vittorio Fiorini : / Francesi in Italia, conférence faite à Florence en 189G, recueillie dans La Vita Italiana durante la Rivoluzione fravcese e l'hnpero, p. 150, et Guide Pompilj : La Repubblica partenopea, même recueil, p. 224. Ayant été successivement Ferdinand IV, puis Ferdinand III, puis Ferdinand I<"', le i)eu])le trouvait plus simple et plus juste de l'appeler Ferdinand zéro. On lira dans la conférence de .M. Pompilj des détails extrêmement curieux sur le passé de lady Haniilton, son rôle et sur les agissements de la reine Marie-Caroline. Au sujet de cette reine, il faut lire les fragments de sa volumineuse correspondance publiée çà et là, par M. Casanova dans le 4» fascicule des Miscellanea Napoleonica de M. Lumbroso ; par M. Boulay de ia Meurtlie, etc. Lire également la remarquable étude de M. Oscar Browning : Queen Caroline of Naples, publiée dans le numéro de juil. 1887, de VEnglish Ilislurical Review.