Napoléon: Campcu/nes d'Italie
5. Bigotto campaaaro (V. Fiorini, dans La Vita Italiana, p. 158),
Sa ferveur religieuse n'alla point cependant jusqu'à prendre fait et cause, les armes à la main, pour défendre et venger celte religion qu'il vént-rait et qu'on foulait si indignement aux pieds. Pourvu qu'on ne fondit pas ses chères cloches pour en faire des canons, il était content. Qu'eût-il pu rôver d'accomplir d'ailleurs avec les 3,000 soldats parmesans, plus ou moins sérieux, pompeusement baptisés du nom d'armée * ?
Quant au vieux duc de Modène, Hercule III, dernier rejeton dégénéré de la célèbre maison d'Esté, bien qu'il fût «tout autrichien*», cétait un vieillard assez débonnaire, bon homme et bienfaisant *, fort insignifiant, mais « méprisé de ses sujets * » pour sa rare cupidité. Il était en elfet d'une avarice sordide; « son unique plaisir était d'entasser l'or » ; et il veillait avec un soin trop jaloux sur ses énormes trésors pour penser à guerroyer. Sa sœur, Fortunée d'Esté, avait cependant épousé le prince deBourbon-Conti,run des principaux meneurs de l'émigration, mais soit sagesse, soit dédain, ou plutôt dans la crainte de faire brèche à ses sacs d'écus, il préféra se tenir à l'écart. L'appoint qu'il eût apporté à la coalition avec ses 4,000 soldats de parade, eût, au surplus, été bien anodin. Il s'empressa d'ailleurs, aussitôt qu'il le put, de faire solliciter de Bonaparte, en le flagornant, une suspension d'armes, par son frère bâtard, Frédéric d'Esté. Cet armistice lui coûta quand même 10 millions, sans compter les tableaux, les chevaux et les vivres, mais il put du moins courir, nouvel Harpagon, à Venise y mettre à l'abri son trésor, sur lequel, il mourut peu de mois après.
Les motifs qui avaient dicté la neutralité à la minuscule République de Lucques n'étaient point du môme ordre. Sans être plus enthousiaste de la Révolution française que les souverains des