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Napoléon: Campagnes d'Italie

autres États de l'Italie, elle n'éprouvait pour elle qu'une aversion relative. Enclavée dans le grand-duché de Toscane, Lucqucs ne pouvait guère agir par elle-même, et elle avait calqué prudemment sa conduite sur celle de ses grandes sœurs, les Républiques de Venise et de Gènes. Plus avisée qu'elles, Lucques n'avait donné aucune prise à la critique, et le Directoire dut le reconnaître plus tard, lorsque, obligé d'emprunter le territoire de Lucques pour marcher sur Livourne, il déclara que la France n'avait « aucune intention hostile à son égard" ». Ce territoire était si petit que Bonaparte pouvait se donner le luxe de le respecter '^

En dehors du Piémont, et subsidiairement de Rome et de Naples, il n'y avait donc dans l'Italie, en ITOG, en guerre réelle avec la France que la Lombardie et encore était-ce à litre de vassale, de satellite de l'Autriche plutôt qu'à titre personnel qu'elle prenait à la lutte une part d'ailleurs fort platonique. Elle ne fournissait en effet aucun contingent à l'armée autrichienne, rachetée qu'elle était des obligations et servitudes militaires par l'acquittement d'un lourd impôt ^. L'Autriche y recrutait à peine un régiment, et encore par voie d'engagement volontaire. Mais la libre pratique de son territoire ; l'appui de ses places fortes. Milan et Mantoue en première ligne ; l'entière disposition de ses richesses constituaient pour l'Autriche un concours plus précieux que ne l'eussent été les bras de quelques milliers d'hommes.

Le Milanais était d'ailleurs plus gangrené que toute autre région de l'Italie par la propagande française. Diverses sociétés secrètes, les loges maçonniques de Milan et de Crémone, des personnages influents, nobles ou même ecclésiastiques, s'étaient faits les ardents propagateurs des principes de la Révolution. En 1794, des clubs s'étaient ouverts à Milan et à Varese, sous l'impulsion du prèti-e Lattuada, du comte Porro, de Carlo Salvador et de plusieurs membres du clergé. Leur but se définissait nettement par ce seul fait qu'ils déléguèrent l'un des leurs, Varrini, auprès de Tilly, le résident de Fi-ance à Gènes, qui se tenait en correspondance avec les révolutionnaires des divers points de l'Italie et gardait en sa main tous les fils des diverses intrigues qu'il avait nouées au profit de la France. Ils avaient même rcïçii des encouragements et des subventions du Comité de Salut Public*.

1. Lettre du Directoire à Bonaparte, signée Carnet, de Paris, 7 mai 1790, 18 florOal, an IV (Jomini, t. VllI, p. 369).

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