G'i Uoguet, 1. 1". !.. 147, 208, 4o0 à
7. Mémoires de Beboul, de Gènes, 23 fèv. 1796 (Arch. nat., série AFIII, carton 18j, pièce 84S).
Bon. 2
a BONAPARTE EN ITALIE
rages » et nos soldats « réduits au quart de pain dans les montagnes et bien souvent à Sou 6 onces de châtaignes • ».
Les officiers eux-mêmes n'étaient exempts ni des souffrances, ni de cette fièvre cupide et souvent on les vit profiter des trouvailles qu'ils toléraient chez leurs soldats. Vêtus comme eux de haillons « ils étaient les uns et les autres dans l'état de la plus hideuse misère * ». La privation du tabac les faisait souffrir peut-être plus que celle des objets essentiels. « J'ai vu de braves capitaines se faire donner des souliers et les vendre aux Génois pour avoir de quoi acheter du tabac *. » On ne peut guère s'étonner de les voir couvrir tout au moins ces larcins d'une large indulgence, impuissants peut-être ou ne voulant pas user de la répression contre un abus qu'ils jugeaient inévitable. Ils n'étaient d'ailleurs, on l'a vu, pas plus heureux que leurs hommes. Sans solde aussi, ils vivaient misérablement avec des uniformes rapiécés, parfois sans chaussures, les pieds recouverts seulement de paille tressée, trop heureux quand ils pouvaient se procurer du pain et de la viande*. Les officiers supérieurs eux-mêmes marchaient, à pied, le sac au dos, comme les officiers des compagnies et ks soldats ". La plupart des généraux n'étaient pas montés.
On devine quelle proie offraient à la maladie des organismes ainsi débilités. Aussi les liûpitaux — et quels hôpitaux ! — regorgeaient. La 21" demi-brigade avait perdu à Savone en janvier 1796, 600 morts en vingt jours, à la suite d'une épidémie causée par les privations «. Installés dans de simples baraques, « entassés sur quelque peu de mauvaise paille », les mallieureux malades « ne recevaient aucun secours » et ne pouvaient être évacués sur Nice, faute de moyens de transport. Ils succombaient en quantité, dans ces bouges, décorés pompeusement du nom d'ambulance, qu'on avait établis à Vado, àLoauo et àFinale ^ Les ambulances étaient en effet fort mal outillées ; la plupart sans les instruments de chirurgie les plus indispensables, sans linge, ni médicaments s.
i. Daubermesnil à Carnot, du 30 mars 1796 (Arch. nat., sûrie AF III, carton ISjj.