‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 164 sur 622 · Miot au g»' Rcrthier, 3 mai 1796 (Aich. G · texte numérisé non relu

Miot au g»' Rcrthier, 3 mai 1796 (Aich. G

4. Mémoire do Miot, 14 juin 1796 (Arcli. Ait'. Etrang:. voL XII, pièce 59).

2. Mémoire de Miot, de Uome, 27 juil. 1796 (Aich."A(l'. Etrang., vol. XII, pièce 66). 6. Fourcade au Directoire, de Livourne, 26 mai 1196 [Arcli. AU'. Elranj,'.).

assez graves pour inquiéter le roi, mais peu de nature à faciliter dans le pays l'introduction d'un pouvoir étranger.

Quant à Rome, ajoute Fourcade, « malgré tous nos griefs, il est dangereux de tenter une entreprise contre Rome; cela compromettrait nos succès, exciterait une commotion terrible en Italie et même en Espagne'».

Miot, qui conseillait si résolument d'abolir le pouvoir temporel de la papauté, n'était pas plus confiant dans le degré de maturité des popidalions italiennes. Même après nos victoires, on l'a vu, il ne s'égare pas dans de vains espoirs, car, à ses yeux, la masse du peuple, « même ceux qui se prétendent républicains - », ne se prêle nullement à républicaniser l'Italie.

Le consul do France à Gênes, Lachèse, aperçoit les mêmes obstacles à rétablissement d'un régime de liberté en Italie, car, « dans les États du pape, on fait encore pleurer les Saintes- Vierges », et on peut constater le même fait à Gênes. D'ailleurs, « donner au peuple génois la démocratie, ce serait lui donner le signal du pillage des riches et exciter la guerre hoiTible des stilets ^sic] ^ ». Il lui semble qu'il vaudrait mieux constituer le Milanais en République; « ce sera un boulevard contre l'Autriche », par lequel nous tiendrons la clé de ces contrées, et « on amènera ainsi insensiblement, sans secousses, la fin de l'empire des prêtres* »>.

L'appréciation de Bonaparte concorde entièrement avec celle des plus perspicaces, des plus vigilants de nos diplomates. Pour lui comme pour eux, il n'y a rien à espérer présentement de l'Italie. Il l'écrit nettement au Directoire: «Vous ne devez pas compter sur une révolution en Piémont, cela viendra, mais il s'en faut que l'esprit de co peuple soit mûr à cet effet =. »

Rien ne reflète mieux le désarroi qui régnait dans les esprits au sujet des destins futurs de l'Italie que la diversité de ces opinions. Aussi s'explique-t-on les perplexités du Directoire qui ne se décidait qu'en juillet suivant à délibérer sur le système à suivre envers le peuple d'Italie. Même alors il ne parvenait à formuler timidement que cet avis qui ne comportait aucune solution, à savoir qu'il cou venait en principe, mais « pour renseignements et direction seulement » de ne pas créer de République en Italie, même dans le Milanais qui serait donné au duc de Parme et moins encore à Rome où l'on ne voulait pas dépouiller le pape de ses États. Quant

1. Fourcilde au Directoire, 26 mai 1796 (Arch. Aff. Etrang.).

2. M.imoire de Miot, de llomc, 27 juil. 1790 (Arch. Alf. Etraii;?., vol. XII, pièce 66).

3. Lacliesc au Directoire, 6 août 1796 (Arcli. Atf. Etrang., vol. XII, pièce 67j.

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