‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 174 sur 622 · G»i l'inelli, p · texte numérisé non relu

G»i l'inelli, p

3. Capit"" J.-C. : Journal des Sciences Militai)-es, Im-dison damai 1897, p. 226 à2j8.

i% BONAPARTE EN ITALIE

saisit le joint où il faut frapper son adversaire, où celui-ci s'offre le plus vulnérable et où le succès, si on l'obtient, doit produire les résultats les plus féconds. Môme à ses débuts, il est déjà en pleine possession de ses moyens comme il le sera dans tout l'éclat de sa gloire. « Il tire de la situation politique et géographique des raisonnemerïts simples et puissants qui font ressortir l'objetfinal.» Il menace toujours les capitales, sépare ses ennemis pour les battre isolément, cherche le point de soudure en évitant les attaques de front; il déborde les ailes, menace la ligne d'opérations, et la bataille n'est pour lui « qu'une partie de très vastes combinaisons ' ». « C'est l'art mis en action dans ce qu'il a de plus sublime. Avec des moyens médiocres, d'immenses résultats ont été obtenus. . . Ces campagnes réunissent toute l'exactitude dans les calculs, la correction dans les mouvements, une connaissance profonde des hommes et des choses *. »

Un tel plan, où tout est prévu, où tout est réglé jusqu'aux détails, où l'imagination complète si bien les données les plus positives de la science militaire et les déductions psychologiques les plus heureuses, un tel plan n'eût pas germé spontanément dans le cerveau du général. Il ne lui est pas apparu, échafaudé de toutes pièces, comme par une sorte de révélation divine. On a vu par quelle série de tâtonnements et de perfectionnements successifs sa propre pensée a passé avant de s'en tenir à la résolution définitive qu'il va exécuter point par pointa l'aide de l'instrument qu'il vient de se créer. Depuis trois années, il a médité longuement, courbé sur ses cartes, parcourant en tous sens le terrain, chevauchant par-dessus les croupes montagneuses, à travers les replis des vallées, lisant et relisant, sur les lieux mêmes, le récit des opérations antérieures des armées qui, à tant de reprises, ont marqué leur empreinte sanglante sur ce sol prédestiné aux rencontres guerrières. Il a étudié assidûment tout ce qui fut écrit sur le pays, son passé, son histoire, ses ressources; il a réfléchi mûrement, posément, juxtaposant et comparant, pesant et jugeant. Ses devanciers surtout ont fait l'objet attentif de ses

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