Capil" J.-C, p
avec Gênes un emprunt pour les besoins de l'armée, un propos du sénareur Catalcone qui cacliait peut-être un piège ', a motivé une marche qui donne trop tôt l'éveil au généralissime autrichien. Le mouvement de la brigade Pijon sur Voltri, prescrit par Saliceti *, consenti par Schérer, en un de ses derniers ordres, malgré l'opposition de La Harpe et de Masséna, faillit compromettre l'œuvre de Bonaparte, s'il n'avait pas été homme à retourner instantanément ses plans et àutiliser jusqu'aux fautes pour les faire concourir au résultat final.
Beaulieu apprenant l'occupation de Voltri par la 75'= demi brigade (alors 70") y voit le prélude d'un coup de main contre Gênes; c'est l'attaque que l'esprit cntrepi'cnant de son jeune rival et les instances de plus en plus pressantes de Saliceti près du Sénat de Gênes lui faisaient prévoir depuis quelque temps. Sortant de ses cantonnements, il se prépare à devancer l'attaque française ou du moins à la repousser et il se dirige avec la majeure partie de ses troupes, contre la petite avant-garde postée à Voltri qui ne pourra lui opposer qu'une faible et courte résistance, livrant ainsi aux Autrichiens le flanc droit de Bonaparte, et le secret de notre marche par Cadibona.
Par une heui-euse fatalité, la faute stratégique commise àl'insu de Bonaparte et avant son arrivée, n'aura pas les conséquences fâcheuses qu'elle laissait prévoir. Elle donne l'éveil à Beaulieu, il est vrai; elle met son armée en action trop tôt pour que les Français puissent terminer leurs préparatifs ; mais aussi elle trompe, elle aveugle Beaulieu. Cette marche irréfléchie sur Voltri, loin de lui démasquer nos plans, l'abuse sur le but réel de nos attaques. Il croit y lire que Gênes est notre seul objectif, que là, et là seulement, il aura à faire front aux assauts acharnés de son jeune adversaire, ce giovinastro, qu'il dédaigne du haut de sa fatuité de septuagénaire. Il entasse sur la bordure étroite de la Rivicra la majeure partie de ses forces, dégarnissant inconsidérément son centre où commande l'inepte Argenteau, ce centre contre lequel, demain, Bonaparte va porter résolument