Voir ci-dessus, chap. III, p
2. «Les difficultés de conclure uu emprunt ;iv(!c Gènes, déjà signalées par Cacault, et sur les assurances de Spinola, commissaire g»' de San Rerao, j'ai prescrit un mouvement sur San-Pier d'Arena pour contraindre Gènes, mais suri annonce de l'ariivée de Bonaparte, je suspends les opérations. » Saliceti au Directoire, de Savone, 26 mars 1196 (6 germinal IV).
« Saliceti veut l'argent des Génois, et il est parti pour Gènes. On a fait une expédition sur Gavi, un sénateur génois ayant garanti à Saliceti qu'eu se présentant devant cette place elle se rendrait, et qu'une fois en notre pouvoir, Gènes ferait ce qu'on lui demande. Le plan de Saliceti est hardi, mais la position de l'armée est si triste qu'il faut l'adopter. On attend Bonaparte aujourd'hui ou demain ; il trouvera l'alfaire en bon (rain.» (Kaipoult au Directoire, de Nice, 22 mars 1796, 2 germinal IV; Arch. Nation. Série AF III, carton 185, liasses 849 à 8a3.)
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son principal elTort. Tcnnps heureux, tôt disparus, où les erreurs mêmes profitaient à Bonaparte, où son destin faisait concourir ù son triomphe aussi hicn les fautes que les plus savantes prévisions !
Ce mouvement maladroit qui risquait de dévoiler nos plans a l'ennemi et de nous faire surprendre en llagrant délit de formation, n'en suscita pas moins chez Bonaparte un vif et légitime mécon- Icnlement, tant il est vrai qu'il ne fut nullement, comme on la parfois avancé ', l'instigateur de cette mesure malencontreuse ordonnée sans le consulter, sans l'attendre ! Il s'en plaignit amèrement. « Le mouvement que j'ai trouvé commencé contre Gênes a tiré l'ennemi de ses quartiers d'hiver... J'ai été très fâché et extrêmement mécontent de ce mouvement, d'autant plus déplacé qu'il a ohligé cette République à prendre une figure hostile et a réveillé l'ennemi que j'aurais surpris tranquille. Ce sont des hommes de plus qu'il nous en coûtera -. »
1. Cailo Boita (t. I", p. 303), dit (jne Bonaparte a ordonné l'occupation de Vol tri : c'est aussi la version du ci Plcbaiii (|). 2!)) et d'X.-B. Saintinc, p. 344) ; Abel Hu'.'O (t. II, p. "8), croit à une ruse de gueire de Bonaparte (pii auraitporté ses avant-postes à Voltri et cliarjïé Villars de prévenir les Génois pour tromper Beaulieu Lad' g"' Valeri (Cinrjue lellere publiées par A. Lunibroso, p. 16), croit également que le mouvement sur Voltri lut prescrit |iar Bonaparte. L'auteur de Victoires et conquêtes, ne se prononce pas. Mais Masséna, bien placé pour savoir ce qui s'est passé, dit formellement (Mémoires, t. II, p. Il), que Scliérer doima le 29 mars l'ordre à Masséna de jHiiter sur Voltri la brigade Pijon et il ajoute (p. 12) que Bonaparte désapprouva cette cxjiéditiou. Le m"' Victor, p. 212, en accuse Saliceti. Marmont [Mémoires, t. h', p. 14U;, constate aussi que Bonaparte improuva ce mouvement « imprudent et innlile » et donnant de la jalousie à l'ennemi ; seul des témoins oculaires, le g"'Uoguet [Mémoires, t. I", p. 219 et 220), dit que c'est Bonaparte qui lança la colonne sur Voltri, mais il indique, comme date, le 4 avril ; il confond l'envoi du renfort à cette date prescrit en ett'et par Bonaparte, avec le mouvement initial de la brigade Pijon exécuté quelques jours auparavant. Barras (jl/râzoH'es, t. II, p. 89), convient d'ailleurs (pie le Directoire a ordonné le mouvement pour s'approcher de Gènes. Jomini (t. VIII, p. .j8], met la mesure sur le compte de Saliceti. De Sybel (t. IV. p. 16T) mentionne l'irritation de Bonai)arte en appienant le mouvement ordonné par Saliceti sur Voltri, et Ludovic Sciout Le Directoire {t. I", p. 031) dit bien (lUC Bonaparte condamna ce mouvement. D après le Ciqiit"» d'artillerie J.-G. dans le Journal des Sciences Militaires, de mars et avril 1897 (article Montenotle et Clierasco), l'envoi de la colonne Pijon sur Voltri serait dii à une proposition antérieure de Bonaparte mal interprétée ou plutôt intempestivement adoptée, alors qu'elle « ne rimait plus à rien ».
Quant au l'-c' d'artillerie A. -G. dans sa brochure, citée plus haut Réponse au j7"' Pierron,i\ écrit (p. 8), que Bonaparte dirigea «une partie de sa dr-oite de Savone sur Voltri, pour diviser l'attention de l'ennemi et le laisser dans l'incertitude sur le véi'itablc point d'attariue » ; mais ceci a surtout pour but de prouver sa théorie, que << les manœuvres de 1743, n'ont i)u servir de modèle aux oi)érations de 1790 ». Le débat nous parait ti-ancbé parla lettre de Saliceti (voir ci-dessus) où il reviiidique la resiionsabilité du mouvement sur Voltri, et par la lettre de Faipoult. Plus tard, Saliceti, dans une lettre au Directoire du 12 avril (Arch. G.), datée de Carcare, persistait à croire que Bonaparte avait approuvé son plan sur Vultri, pour mieux masquer le sien. Il avait l'illusion tenace.
2. Bonaparte au Directoire, d'Albcnga, 6 avril 1790 (Ai'ch G.).
Il élaif, à son avis, Irop tard pour revenir sur la mesure, si inconsidérée qu'elle fût. Schérer, sous la pression de Saliceti, soufflé par Cacault, se pliant docilement à leurs vues, s'était même prêté à un mouvement plus aventureux encore. A la date du 18 mars, il avait proposé au Directoire et à Saliceli de faire enlever par surprise la forteresse de Gavi, eteans attendre l'approbation, il avait déjà donné des instructions dans ce but au général Masséna', pour diriger de ce côté 6,000 b. sous la conduite de La Harpe. Céda-t-il aux objections que ne put n anque.' de lui faire celui-ci? Saliceti reconnut-il l'extravagance de ce projet? Ou Scbérer y renonça-t-il volontairement après réflexion? On ne sait ; ce qu'il y a de certain, c'est que, tout en persistant en principe dans ce projet sur Gavi que Faipoult qualifiait de « bardi ", mais qu'il jugeait nécessaire d'adopter, en raison de la position » si triste » de l'armée, il le modifiait ou plutôt il n'en exécutait que la préface en se portant seulement sur Vol tri *. Bonaparte arrivait alors à Toulon; il eût été plus sage de le consulter, mais on n'attendit pas, et on marcha. Le 25 mars', en effet, la brigade Pijon ("o" demi-brigade et 2« et 3" bataillons de la 51", alors numérotées 70" et 99") * occupait Voltri et les positions environnantes, où déjà 700 h. gardaient les moulins de l'armée; le 30, le général l'ijon, tombé malade, cédait le commandement à Gervoni. Les troupes avaient poussé leurs avant-postes, sur leur droite jusqu'à Pegli, sur leur gauche jusqu'à la Cima deH'Inferno; leur ligne s'étendait ainsi, couvrant les abords de Voltri, depuis Caslclluccio jusqu'à Borgo-Germasso, en passant par Mêle ; la réservese tenait à Arenzano, sur le rivage de la mer ^ Saliceti, en annonçant
1. Arch. G., à la date du 18 m.nrs 1796, voir c' Krebs, t. II, p. 3CG.
2. Faipoult au Diicctoiie, de Mec, 22 mars 1796 (Arch. Nation., série AF I!I, carton 18o).
y. Et uon pas le 29 comme le disent Masséna (t. II. p. 11) et le p»' Pinelli (t. I"", p. 611) Pijon partit de Savone le 24, arriva le 26 à Voltri ; dès le 2'), Gènes s'émeut (c' Krebs, p. 3C3, note 3).
4. Ces deux demi-biigades, formées depuis quelques jours seulement par le nouvel amalgame, portaient encore les n°' 70 et 99; elles ne les échangèrent qu'au mois de mai suivant contre les n°« 75 et 51, que leur attribua le tirage au sort et qu'elles conservèrent définitivement. Nous les désignerons dès maintenant, pour plus de suite et de clarté dans le récit, sous leur futur numéro qu'elles illustrèrent dans tant de combats jusqu'en 1815. La 75» formée le 10 mars avec l'ancienne 70», les 117» et 152», comptait 3.181 h. (Etats de situation du 9 avril 1796, Areli. G.). La 51* formée avec les 99», 105», 199" et 13» provisoire, avait un elicctif de 3,100 h. (Arch, G.).