‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 183 sur 622 · O Piiislow, p. il · texte numérisé non relu

O Piiislow, p. il

Bon. 14

Le premier de ses projets, celui qui devait lui sourire le plus, était tout offensif. L'armée sarde devait se porter de Ceva par la vallée de la Bormida occidentale (dite laBormida di Millésime) et le Monte Calvo sur Loano, pendant que l'armée de Beaulieu, opérerait sur Finale par la vallée de la Bormida orientale (dite la Bormida di Spigno), et par celle de FErro. On coupait ainsi en deux tronçons l'armée française trop allongée, et on nourrissait quelque espoir d'écraser ou de capturer en entier son aile droite aventurée vers Voltri.

Le second plan, uniquement défensif, disposait les deux armées en équerre, Beaulieu vers Acqui, CoUi vers Ceva. Elles devaient attendre dans cette position l'irruption des Français, et tandis que ceux-ci viendraient se heurter au front inébranlable que leur opposerait Beaulieu, CoUi tomberait sur leur flanc gauche ou sur leurs derrières. Inversement, Farmée de Beaulieu se jetterait sur le flanc droit et en queue des colonnes françaises, dans le cas où leur effort se prononcerait contre Colli.

On disposait de 32,000 h. environ, pour Fexécution de ces plans *, soit les deux tiers de l'effectif total de 50,000 hommes.

Tous deux étaient bien entendus, bien conçus et offraient des chances sérieuses de réussite. Comme tous les plans cependant, ils présentaient, à dose presque égale, des avantages et des inconvénients. Le premier, « concetto luminoso * », était habilement combiné en ce sens que, frappant sur l'aile droite française dispersée de Voltri à Finale sur une longueur de 6 milles, il était présumable qu'on en battrait isolément chaque division. Mais il eût fallu pour Faccomplir fructueusement, une décision, une promptitude, une rapidité d'exécution, peu en rapport avec les habitudes de lenteur de Farmée autrichienne. Il fallait aussi supposer que les Françaisattendraient patiemment ce tassant dans une entière inaction. C'était aussi peu à présumer chez Bonaparte que n'était probable la mobilité autrichienne. D'ailleurs, la concentration prescrite par Bonaparte autour de Savone diminuait déjà les chances de succès de ce plan, puisque, grâce à celle marche, on rencontrerait un groupe sérieux de forces, au lieu de l'éparpillement qui régnait du temps de Schérer.

Un autre point faible de ce plan résidait dans ce fait que le point de jonction des deux armées alliées était placé sur la cime de FApennin, à Fendroit même où les Français avaient élevé de nombreux retranchements, où ils pouvaient par conséquent

Page 1