‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 184 sur 622 · Cl Plebani, p. 29. Conception lumineuse · texte numérisé non relu

Cl Plebani, p. 29. Conception lumineuse

mettre à profit tous les accidents du terrain et y déployer une vigoureuse résistance'. Circonstance aggravante enfin, mais à l'insu de Colli, il est vrai, c'était précisément là le point fixé par Bonaparte pour y effectuer son propre passage !

Ce n'était pas le seul vice de ce plan. En entassant sur la Riviera la majeure partie des forces alliées, on s'exposait à voir les Français se porter par un hardi mouvement tournant au delà des Apennins, couper ainsi aux assaillants leurs propres communications. A la vérité, c'était une considération secondaire, car les alliés conservaient la faculté, dans ce cas, de battre l'aile gauche française, delà rejeterau delà du Var, puis de revenir sur l'aile droite désormais abandonnée. Au surplus, le terrain choisi était bien peu adapté à la tactique autrichienne qui s'y était déjà essayée vainement à Loano, en 1795. Sur cette étroite bande de terre, si strictement circonscrite, et hérissée d'ondulations du sol, les masses alliées ne pouvaient se développer à l'aise, perdant ainsi leur principal avantage, celui de la supériorité du nombre. Les Français au contraire, avec leurs faibles colonnes, alertes, mobiles, formées d'une élite aguerrie, auraient peu de peine à faire face sur tous les points et à compenser leur petit nombre par la rapidité de leurs mouvements et par le choix heureux des positions.

L'autre plan, non moins sagement établi, comportait, lui aussi, de graves inconvénients. Basé exclusivement sur la défensive, il se prêtait mieux au tempérament autrichien, et ce n'est pas sans raison qu'on l'a comparé au plan adopté en 1815 par Wellington clparBliicher dansla campagne de Waterloo '.Peut-être péchait-il plutôt parexcesdeprudence.il ne compromettait pas, il est vrai, la sécurité des communications, point à considérer avec une armée habituée, comme celle de Beaulieu, à ne vivre que sur les magasins de l'arrière, et à traîner avec elle de lourds et nombreux convois. La perte de sa ligne d'opérations eût été d'une extrême gravité, d'autant moins possible à racheter que le sol de la Biviera, épuisé parle passage incessant des armées, se refusait à fournir la pitance nécessaire à tant de milliers d'hommes.

C'était au contraire la misérable armée française qu'on obligeait, par l'adoption de ce plan, à se morfondre dans une immobilité déprimante et dans un extrême besoin, sur un « étroit précipice 3 », sur cette Biviera désolée qui ne pouvait plus nourrir. Ou bien si l'armée tentait de sortir à tout prix de cette contrée

i. Cl Riistow, p. 52.

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