G"' Pinelli, t. I", p
2. Le sergent Masséua était peut-être parent de sou illustre homonyme contre lequel il combattait. Rien ne démontre mieux ie caractère de véritable guerre civile que prennent les luttes entre peuples de race latine, peuples si bien faits pour s'entendre, se soutenir et s'aimer.
et capturé le chef de bataillon Barthélémy, de la 69* (alors 19") ', le même qui, quelques jours auparavant, s'était emparé de l'émigré Moulin.
Le 8 avril, Rusca avait poussé des patrouilles de la 6« légère vers Carale-.
Sur un autre point, à Morere ', aux alentours de Ceva, le major Perrone, de la légion légère piémontaise, avait été tué *. Le 9 avril, près de San-Giovanni di Maramazzo, les Sardes occupaient une redoute et échangeaient dos coups de feu avec les avant-postes français de Rusca, postés avec du canon a la Spinarda et au château de Bardinetto ^. Partout on rencontrait les Français aux aguets et ces divers combats, à fleur de peau, pour ainsi dire, confirmaient de plus en plus Colli dans sa pensée que ce n'était pas vers Gènes, mais vers Altare que Bonaparte méditait de faire irruption.
C'est au cours de ces échauffourées que les Français s'emparèrent d'un émigré français, un nommé Moulin, qui servait dans l'armée sarde et que Colli avait envoyé en parlementaire. Soupçonné d'entretenir des trames royalistes dans l'armée, envoyé peut-être dans le camp français pour les suivre de plus près, Moulin fut retenu à Ormea par ordre de Sérurier, qui l'envoya à Nice, au quartier général"'.
Bonaparte, qui savait trop à quoi s'en tenir sur les menées royalistes dans son armée et les avait déjà signalées au Directoire, convaincu qu'il se trouvait en présence d'un des artisans de ces complots, voulait appliquera Moulin les lois de l'époque contre les émigrés. En vain Colli protestait contre l'arrestation de son parle-
1. PinolH {page 614) l'appelle improprement •• un général français » ; Colli et d'autres disent chef de brigade, il n'était que chef de bataillon.
2. Le tr»' Rusca avait avec lui le 3» bataillon de la 6» légère (788 h.), les i' et 18» légéie; (Tîl h. et 790 h.) et deux pièces à dos de mulet, avec neuf canonniers (lettre au g»' Sanson, 13 août 1805 ; Arch. guerre). Le nom de la localité est peu lisible dans la lettre de Rusca ; il faut peut-être lire Carpe.